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    Discrimination des femmes en entreprise: Eduquer pour changer la donne

    Par Karim Agoumi | Edition N°:5461 Le 26/02/2019 | Partager
    Une conférence-débat organisée par Toulouse Business School sur la question
    Salaires, accès aux postes à haute responsabilité… Des disparités inquiétantes
    Sensibilisation des entreprises, mentoring… Les clés pour inverser la tendance
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    L’égalité homme/femme est encore loin d’être atteinte dans les entreprises marocaines et aurait même tendance à régresser sévèrement. C’est pour présenter au public et aux acteurs de la société les solutions actuellement mises en application et en proposer de nouvelles que l’école Toulouse Business School (TBS) vient d’organiser une conférence-débat intéressante qui a donné tour à tour la parole à des personnalités de renom et à des spécialistes de la question.

    L’occasion de faire le point sur un sujet quasi tabou dont les freins sont avant tout culturels… Le rôle et la part des femmes en entreprise enregistrent ainsi depuis plusieurs années un sérieux recul. La gent féminine ne représenterait en effet que 2 actifs sur 10 selon le HCP, contre 3 en 1999.

    «Des chiffres inquiétants, d’autant plus qu’ils concernent pas moins de 50% de la population du pays», souligne l’ex-vice-présidente et membre active de l’Association des femmes entrepreneurs au Maroc (AFEM) et dirigeante du cabinet de conseil Bil Consulting, Wassila Kara Ibrahimi.

    Autre chiffre des plus significatifs, seules 24% des femmes sont considérées comme actives dans la région Mena, d’après un rapport de l’Organisation internationale du travail datant de 2016. Un taux quasi handicapant qui entraîne de sérieuses pertes pour l’économie. «Le coût de cette forme de discrimination pour la région Mena frôle les 575 milliards de dollars, ce qui n’est pas rien!», nous apprend dans ce sens Nouzha Skalli, ancienne ministre du Développement social et de la Famille.

    Les inégalités entre les sexes se retrouvent tout d’abord au niveau des salaires. «Les femmes gagnent en effet sous nos cieux en moyenne 25 à 30% moins que les hommes», précise ainsi Wassila Ibrahimi en se basant sur le récent benchmark opéré par son cabinet. Mais pas seulement. L’accès aux postes à hautes responsabilités demeure encore à ce jour l’apanage de la gent masculine.

    Une étude de McKinsey a dévoilé l’année dernière que la proportion de femmes dirigeantes au sein des 48 plus grandes sociétés marocaines ne dépassait pas les 2%. Des disparités flagrantes qui s’expliquent notamment par le caractère patriarcal de la société marocaine. «Nous vivons dans une société sexiste dominée par les hommes et qui distribue les rôles en fonctions du sexe», insiste Nabila Mounib, seule femme à la tête d’un parti politique (le Parti socialiste unifié) dans le pays.

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    La participation des femmes dans le monde du travail a régressé depuis plusieurs années sous nos cieux, selon le Haut-Commissariat au plan (HCP). Le taux d’activité de la gent féminine marocaine est passé de 17,6% en 2004 à 14,7% en 2014. Son taux de chômage a quant à lui sensiblement augmenté, passant de 25,5% en 2004 à 28,3% en 2014

    Mais le frein trouve également ses racines dans la culture marocaine, au sein de laquelle les tâches ménagères constituent le rôle premier de la femme. Autre postulat essentiel à mettre en évidence pour expliquer cet écart, la prise de risque beaucoup plus présente chez la gent masculine.

    «Les hommes sont plus audacieux que les femmes sur le marché du travail. Plus confiants et motivés, ils changent plus souvent de poste et réclament davantage d’augmentations de salaires», explique Wassila Ibrahimi. Enfin, le «plafond de mère», relié notamment à la maternité, ralentit aussi lourdement toute évolution de carrière.

    Pour inverser la tendance, il faut dans un premier temps changer les mentalités en brisant le schéma de l’homme dominant et en réformant l’enseignement. Concrètement, cela doit passer par la garantie d’un corps professoral de qualité, par la création de manuels scolaires plus adaptés mais aussi par une révision totale du mode d’évaluation des établissements», tient à préciser Mounib.

    «Une femme passée par les bancs de l’école sera davantage apte à réclamer ses droits», renchérit Ibrahimi. Les étudiantes peuvent également être accompagnées par les associations et les établissements scolaires.

    Objectif: aider ces dernières à prétendre aux mêmes postes et aux mêmes salaires que leurs camarades masculins face à un recruteur. TBS lancera dans ce sens, dès l’année prochaine, un programme de mentoring similaire. «Baptisé «Equal.id», notre projet de recherche vise avant tout à redonner confiance à ces jeunes manageuses afin de négocier comme il se doit leur premier salaire», nous explique ainsi  Isabelle Assassi, responsable de ce programme.

    Une démarche que réalise également l’Afem, parvenue en l’espace de dix ans à incuber pas moins de 200 jeunes femmes. Autre solution à généraliser à l’échelle du Royaume, sensibiliser les entreprises en profondeur. Une action régulièrement entreprise par le Club des femmes DRH pour responsabiliser les ressources humaines des sociétés marocaines sur la question.

    Un travail sur soi essentiel à opérer

    La discrimination des femmes au Maroc continuera tant que les femmes ne réaliseront pas un travail sur elles-mêmes. «Des efforts qui doivent absolument passer par la lecture, une prise de confiance en elles ainsi qu’une conscientisation de leurs droits», révèle Nabila Mounib, secrétaire générale du Parti socialiste unifié (PSU).

    Karim AGOUMI

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