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Algérie/Bouteflika: Le 5e mandat contesté!

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5456 Le 19/02/2019 | Partager
La colère monte, des manifestants investissent la rue
Des répercussions sur le plan social et économique
Ce que prédit Coface

Avec l’officialisation de la candidature d'Abdelaziz Bouteflika à la présidentielle: «les jeux sont faits», estiment les médias algériens. Après des mois de spéculations autour de ses intentions, Bouteflika (voir aussi l’Edito publié dans l’édition N° 5453 du 14/02/2019) a annoncé sa candidature à un cinquième mandat.

Dans un message diffusé par la presse algérienne, il a tenu à rappeler le bilan de ses quatre mandats écoulés et a annoncé une Conférence nationale destinée à lancer des réformes institutionnelles, économiques et sociales. Mais sur le terrain, plusieurs manifestations ont eu lieu ces derniers jours contre ce cinquième mandat.

«La campagne en préparation des élections présidentielles d’avril 2019 semble avoir déjà commencé en 2018 sans pour autant remettre en question le statu quo politique…», indique Coface dans son appréciation du risque (février 2019). Bouteflika restera soutenu par une large partie de la classe politique.

Pour le moment, «il ne semble pas avoir d’opposition, mais la période de faible croissance que traverse l’Algérie a commencé à avoir des répercussions sur le plan social. En dépit d’une politique distributive au détriment de la consolidation budgétaire, les manifestations tendent à se multiplier…», ajoute le spécialiste mondial de l’assurance-crédit. S’agissant des perspectives pour l’Algérie, les experts prédisent le maintien d’une croissance modérée (2,3% en 2019 contre 2,5% en 2018).

L’augmentation du cours du pétrole a permis à l‘économie algérienne de reprendre de l’allant en 2018. Les recettes d’exportations d’hydrocarbures, qui représentent 93% des volumes exportés, se sont accrues allégeant la pression sur les recettes budgétaires. Ce qui a permis à l’Etat de poursuivre sa politique de soutien à l’activité.

A contrario, les volumes exportés ont baissé au cours de l’année, à cause du recul de la production. Cette dernière reste pénalisée par le manque d’investissement et l’arrivée à maturité des champs. Afin de répondre à ces enjeux, le gouvernement algérien devrait mettre en place une nouvelle loi pétrolière qui serait effective en 2019. Elle aurait pour objectif d’attirer les investissements étrangers.

La seconde piste envisagée serait la diversification des sources et modes de production avec le développement de l’offshore et l'exploitation des hydrocarbures non conventionnels. La Sonatrach, une entreprise publique algérienne avec pour objectif principal le développement des ressources hydrocarbures du pays, a en effet annoncé que les premiers forages de gaz de schiste devraient débuter courant 2019. Ce qui devrait permettre au secteur de retrouver un nouveau souffle.

En dépit d’un marché pétrolier qui devrait rester favorable aux exportateurs d’hydrocarbures, l’activité algérienne devrait légèrement ralentir en 2019. L’Etat devrait bénéficier de marges de manœuvre budgétaire supplémentaires, mais à la veille des élections présidentielles de 2019, ces dernières seraient axées sur des mesures sociales.

Les transferts sociaux devraient en effet augmenter, ce qui soutiendrait la consommation des ménages, mais les dépenses d’investissements publics devraient marquer le pas. Le ralentissement de l’économie hors hydrocarbures notamment des secteurs fortement dépendants de la dépense publique et un climat des affaires peu favorable devraient continuer à pénaliser l’investissement privé.

L’inflation devrait se stabiliser, mais à un niveau élevé. La politique de financement non conventionnel (recours à la création monétaire) mis en place en septembre 2017 se poursuivrait pour répondre au besoin de financement de l’Etat.

Recettes publiques, IDE…

En dépit de la politique budgétaire expansionniste du gouvernement, l’amélioration de la conjoncture pétrolière a favorisé une légère diminution du déficit public en 2018, qui devrait se poursuivre en 2019. Il n’en demeure pas moins conséquent. La loi de finances qui se base sur une prévision du prix du pétrole relativement prudente de 50 dollars, anticipe une légère hausse des recettes publiques. Elles devraient également bénéficier de la dépréciation du dinar algérien... Le gouvernement ne prévoit pas la mise en place de nouvelles taxes et impôts et le budget alloué aux subventions qui représente 8% du PIB devrait rester inchangé. Les IDE en direction de l’Algérie devraient néanmoins s’accroître, notamment grâce la nouvelle loi d’investissement dans le secteur pétrolier, prédit Coface.

F. Z. T.

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