Analyse

«Rien ne changera tant que l’ambiguïté persiste en Algérie»

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5406 Le 06/12/2018 | Partager
Les luttes pour le pouvoir ne favorisent pas l’évolution de la position algérienne
Aucune réponse face à la main tendue de Rabat
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Pour Mohamed Amrani Boukhobza, professeur des relations internationales à l’Université Abdelmalek Saâdi, il faut éviter de noyer les discussions dans des généralités liées à l’intégration régionale, et se concentrer sur les aspects liés au dossier du Sahara (Ph. L’Economiste)

- L’Economiste: La rencontre tenue à Genève permettra-t-elle de «briser la glace» entre les parties prenantes?

- Mohamed Amrani Boukhobza: Il ne faut pas s’attendre à de grandes décisions ou à l’aboutissement à des compromis lors de cette rencontre. L’enjeu le plus important est de dépasser le statu quo installé depuis 2012. Les membres de la délégation marocaine en sont conscients.

- Quelles sont les conditions nécessaires pour dépasser ce blocage?
- Cela est lié aux autres parties. Le Maroc est le plus flexible. Rabat a présenté une série de propositions, au moment où les autres parties prenantes restent attachées à des thèses classiques. D’où l’importance de cette rencontre pour recadrer les discussions. Pour l’instant, le Maroc n’a pas eu de réponse ni concernant la proposition d’autonomie, de la part du Polisario, ni sur la main tendue à l’Algérie. C’est pour cela que nous ne pouvons pas être optimistes quant à l’issue de cette réunion.

- Quel est l’impact de la situation interne en Algérie sur sa position vis-à-vis du dossier du Sahara?
- L’ambiguïté de la situation politique interne en Algérie a un impact direct sur l’évolution du dossier du Sahara. Aujourd’hui, il est difficile de s’attendre à un changement dans la position d’Alger. Actuellement, les responsables n’ont pas la capacité de prendre de grandes décisions, surtout avec la lutte pour le pouvoir. Tant que les choses ne sont pas encore claires au niveau interne, il ne faut pas s’attendre à une évolution de la position algérienne. D’autant que l’institution militaire, très influente, est déterminante du positionnement d’Alger sur plusieurs dossiers, pas uniquement celui du Sahara.

- Quelle sera la valeur ajoutée de l’inscription de la question de l’intégration régionale à l’ordre du jour de cette rencontre?
- Le Maroc a régulièrement appelé au renforcement de l’intégration de la région du Maghreb, sur la base d’une véritable vision. Actuellement, des experts avancent que le coût du non-Maghreb est plus important que celui de la guerre. Il est vrai que la présence des 3 pays pourrait favoriser les discussions autour de l’intégration de la zone UMA. Mais il faudra se concentrer sur les aspects liés à l’affaire du Sahara, et éviter de noyer les discussions dans des généralités. D’autant que le blocage de l’intégration régionale est lié aux différends entre Rabat et Alger, qui peuvent être traités dans le cadre de rencontres bilatérales, sans la présence d’autres parties.

Propos recueillis par Mohamed Ali MRABI

 

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