Competences & rh

Maroc/Chine: De la recherche scientifique pour le secteur touristique

Par Sabrina BELHOUARI | Edition N°:5391 Le 13/11/2018 | Partager
L’Université de Canton propose aux étudiants marocains des bourses d’études du cycle doctoral
Une initiative qui va s’élargir au secteur agricole et des énergies propres

Comment le Maroc peut-il profiter de l’avancée fulgurante de la Chine dans le domaine de la recherche scientifique? C’est à travers les bourses d’études du cycle doctoral offertes par les universités chinoises pour les doctorants marocains.

L’opportunité est doublement intéressante, puisqu’elle permet aux chercheurs marocains de «benchmarker» l’approche chinoise dans le développement des secteurs économiques stratégiques, mais aussi de renforcer le développement de partenariats Maroc- Chine dans ces secteurs clefs.

C’est dans cette perspective que l’Institut de Tourisme de l’Université de Canton vient de lancer 10 bourses d’études du cycle doctoral en «Gestion d’Entreprise - Orientation Gestion Touristique» au profit des étudiants marocains, spécialisés dans le marketing/gestion, les sciences humaines, les services et même la logistique. Cette action est le fruit d’une rencontre organisée le mois d’octobre entre les professionnels d’hôtellerie marocains et chinois autour de la thématique de la valorisation du patrimoine culturel dans l’industrie hôtelière. Une collaboration préparée et proposée par l’Association de Coopération Afrique-Chine pour le Développement (ACCAD) basée à Rabat et l’Université de Canton.

La bourse couvre les frais d’études, le logement, une allocation mensuelle de 5.000 DH/mois, ainsi que la possibilité de postuler pour la bourse du gouvernement local de la ville de Canton à partir de la 2e année estimée à quelque 40.500 DH. Les cours sont dispensés en français, anglais et chinois. La durée des études est de 3 ans avec la possibilité d’extension jusqu’à 6 ans.

«Le but de cette collaboration est d’encourager les chercheurs marocains à profiter des moyens matériels et humains importants déployés par les universités chinoises pour le développement de notre tourisme national. On a choisi le tourisme pour commencer, et on passera aux secteurs de l’agriculture et l’énergie propre», explique Nasser Bouchiba, président de l’Association de Coopération Afrique-Chine pour le Développement (ACCAD).

L’objectif de cette initiative est de profiter de l’avancement de la Chine dans le domaine de la recherche scientifique pour faire bénéficier le tourisme national marocain. Les sujets proposés seront ainsi relatifs au patrimoine culturel et son rôle dans le développement touristique, la promotion en ligne, les salons et foires, la formation professionnelle et les différences entre la culture alimentaire chinoise et marocaine. Les candidats présélectionnés seront accompagnés par l’ACCAD et participeront à un séminaire d’orientation fin décembre 2018 à Rabat. Les doctorants seront sélectionnés sur la base du plan de recherches que chacun aura établi, avec l’impératif que le sujet de doctorat soit en relation avec le partenariat Maroc-Chine.

Pour rappel, lors du 7e Forum sur la coopération sino-africaine (Focac) à Pékin, le président Chinois XI Jin Ping a déclaré que la Chine allait offrir 50.000 bourses d’études aux étudiants africains. A signaler que chaque année, 500.000 étudiants étrangers choisissent de continuer leurs études en Chine avec une augmentation annuelle de 12%.

Dépenses en R&D en progression 

Selon les résultats de l’étude biannuelle réalisée par la National Science Foundation (NSF) aux USA, et basée sur les publications des articles parus dans les revues scientifiques à l’échelle internationale, la Chine talonne de très près les Etats-Unis dans le domaine de la recherche scientifique. En 2016, 426.000 études publiées sont issues des organismes de recherche chinois contre 409.000 des américains. Selon les estimations les plus récentes, les États-Unis ont attribué le plus grand nombre de diplômes de doctorat Science and Ingénierie S&E (40.000) de tous les pays, suivis de près par la Chine avec 34.000. Pour ce qui est des montants consacrés par chaque pays à la recherche fondamentale et appliquée, bien que les États-Unis soient les premiers avec un budget de 400 milliards d’euros, la Chine se positionne, elle, en deuxième place avec 330 milliards d’euros, dépassant ainsi l’Europe qui a dépensé 299 milliards d’euros en 2015. En outre, les dépenses de la Chine dans la R&D augmentent de 18 % par an depuis 2000 contre 4 % pour les États-Unis et l’Europe.

S. B.

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