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Climat: Il fera plus chaud que prévu d’ici 2022

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5337 Le 27/08/2018 | Partager
Une équipe de scientifiques lance encore l’alerte
La planète a déjà gagné 1 °C depuis l'ère pré-industrielle
Le Maroc ne sera pas épargné
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Le Maroc n'a pas échappé aux records de chaleur qui se sont multipliés depuis le mois de juin partout dans le monde

L'Agence américaine d'observation océanique et atmosphérique (NOAA), l'Organisation météorologique mondiale (OMM), le Programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue), le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), la Banque mondiale… Plusieurs institutions ont déjà sonné le tocsin.

Si aucune mesure d’urgence n’est prise pour contenir le réchauffement climatique, la hausse de la température sévira, avec toutes les conséquences que cela implique. Une récente étude publiée dans Nature Communications (https://www.nature.com/articles/s41467-018-05442-8) mentionne que les années 2018 à 2022 devraient être encore plus chaudes.

Pour affiner ces prédictions, une équipe de scientifiques a inventé un nouveau système de prévisions baptisé ProCast (Probabilistic forecast), basé sur une méthode statistique et des modèles climatiques existants. Il confirme qu’il fera finalement bien plus chaud que prévu, ce qui renforcera le réchauffement climatique. Les variations de la température moyenne annuelle dépendent du changement climatique provoqué par les activités humaines, mais aussi de la variabilité intrinsèque du climat.

Une situation qui rend les prévisions d'une année sur l'autre d'autant plus difficiles. En raison du changement climatique, la planète a déjà gagné 1 °C depuis l'ère pré-industrielle. Ce qui correspond en moyenne à +0,01 °C par an. Mais cette hausse peut être, selon les années, contrebalancée ou au contraire renforcée par la variabilité naturelle du climat.

Selon l'étude, les risques d'épisodes de températures anormalement élevées de la surface de la mer seront également plus importants, situation propice aux ouragans. Le nouveau système ne prévoit pour l'instant que la température moyenne annuelle de la planète. Mais les chercheurs espèrent pouvoir développer des prévisions régionales et aussi des tendances de précipitations ou de sécheresse.

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Les trois dernières années ont déjà été les plus chaudes jamais enregistrées. Et malgré les engagements des Etats signataires de l'accord de Paris de 2015 à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, la planète se dirige vers un monde à +3 °C par rapport à l'ère pré-industrielle. Ceci avec son lot annoncé de sécheresses, ouragans ou territoires submergés par les eaux.

«2018 s'annonce comme l'une des années les plus chaudes jamais enregistrées, avec des températures record dans de nombreux pays. Ce n'est pas une surprise», a indiqué la secrétaire générale adjointe de l'Organisation météorologique mondiale (OMM), Elena Manaenkova. Ces canicules sont «cohérentes avec les effets attendus du changement climatique causé par les émissions de gaz à effet de serre. Ce n'est pas un scénario futur. Ça se produit maintenant», a-t-elle insisté.

Selon le rapport annuel publié par l'Agence méricaine d'observation et atmosphérique (NOAA) et la Société américaine des météorologistes, tout un ensemble d'indicateurs montre que le réchauffement de la planète s'est accéléré sous l'effet de la combustion d'énergies fossiles, qui a augmenté la concentration des gaz à effet de serre dans l'atmosphère en 2017. C’est l’année durant laquelle Donald Trump a annoncé le retrait des Etats-Unis de l'accord international de Paris sur le climat.

Ce rapport de 300 pages a été compilé par plus de 450 scientifiques originaires d'une soixantaine de pays. Il emploie le mot «anormal» plus d'une douzaine de fois pour décrire les tempêtes, les sécheresses, les températures élevées ou encore la fonte record de la glace dans l'Arctique en 2017.

                                                                                              

Jusqu’à 45 °C dans certaines villes marocaines

Une partie de l'Europe continue de suffoquer sous les effets de la canicule. Le Maroc n’est pas épargné. Un temps très chaud (chergui) sévit dans plusieurs villes avec des températures variant entre 39 et 45 °C. Un maximum national a été enregistré le 3 juillet 2018 à Bouarfa, avec 43,4 °C, selon l'OMM. Il faudrait s’attendre à une température élevée à l’horizon 2100, de +1 °C selon les régions à +6 °C par rapport à la période de référence 1960-1990, avait relevé l’Institut royal des études stratégiques (IRES) dans ses projections (Rapport stratégique 2017, panorama du Maroc dans le monde, les enjeux planétaires de la biosphère, cf. notre édition N° 4906 du 28/11/2016). D’après l'Organisation météorologique mondiale, l'Algérie a enregistré 51,3°C le 5 juillet à Ouargla. Selon Météo-France, il s'agit en fait du record «pour l'ensemble du continent (...) depuis qu'on dispose de relevés fiables». Mais si l'OMM reconnaît que la fiabilité des relevés en Afrique pendant la période coloniale a été remise en question, elle considère toujours les 55 °C enregistrés en 1931 à Kébili, en Tunisie, comme le record africain.

 

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