Société

Décès de Pierrette M’jid: L’enquête préliminaire prolongée

Par Aziza EL AFFAS | Edition N°:5332 Le 09/08/2018 | Partager
Des analyses sanguines en cours pour le jeune conducteur
Objectif: déterminer s’il était sous influence au moment de l’accident
La famille envisage de poursuivre la commune en justice
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Les autorités locales n’ont visiblement pas pensé aux promeneurs et aux piétons. Les travaux menés sur la corniche ne prévoient pas de passages, ni de couloirs dédiés, d’autant plus qu’en cette saison estivale la côte de Casablanca est particulièrement prisée (Ph. Bziouat)

Le procureur du Roi a prolongé de 24 heures la durée de l’enquête préliminaire relative à l’accident qui a causé, lundi 6 août, le décès de Pierrette M’jid, veuve de Mohamed M’jid, l’ex-président de la Fédération royale marocaine de tennis (FRMT).

«Ce n’est que ce jeudi 9 août que l’on aura plus de détails sur l’affaire», a affirmé hier mercredi 8 août Me Mohamed Aghnaj, avocat de la famille M’jid.

Depuis l’accident survenu lundi 6 août à 7 h du matin, le prévenu est toujours en garde à vue en attendant les résultats de l’examen sanguin afin de déterminer s’il était sous influence au moment des faits. Le jeune conducteur (âgé de 18 ans à peine), qui vient d’obtenir son bac, s’apprêtait à aller poursuivre ses études à l’étranger dans quelques semaines.

Aujourd’hui, il doit faire face à ses responsabilités après avoir renversé, lundi dernier, Pierrette M’jid (87 ans) qui s’adonnait à son sport favori (la marche) sur la corniche d’Aïn Diab. L’accident s’est produit non loin (à côté du café Nzaha). La défunte, qui marchait le long de la clôture des travaux, a été percutée de plein fouet, ce qui a occasionné une amputation totale de sa jambe droite.

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Entre-temps, le prévenu, qui a pris la fuite, a heurté un autre véhicule un peu plus loin (au niveau du parc de jeux Sindibad). La victime a finalement succombé à ses blessures au CHU Ibn Rochd de Casablanca. Les deux accidents sont enregistrés par des caméras publiques saisies par la justice.  Selon des sources proches du dossier, la famille envisagerait aussi de porter plainte contre la commune urbaine de Casablanca.

En effet, les travaux sur la corniche occupent tout l’espace piétons et les trottoirs, obligeant les passants à marcher sur la chaussée. Il s’agit d’un réel danger pour la vie des estivants (enfants, personnes âgées, handicapés…). Entamés avant la saison estivale, ces travaux devraient encore se poursuivre jusqu’à la fin de l’année.

Au programme: «des aménagements tout le long d’une séquence de 3,5 km avec 3 pôles (festif, balnéaire et naturel), offrant aux urbains des espaces de détente, des lieux de promenade, des pratiques sportives en plein air ou encore l’accès direct à la plage, ainsi qu’un magnifique panorama», selon le site Casa-Aménagement, maître d’ouvrage délégué pour le compte de la Commune urbaine de Casablanca.

Un budget global de 300 millions de DH est dédié à l’aménagement de ce tronçon ainsi que celui de la promenade de la mosquée Hassan II.

                                                                              

Hommage

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Voici un extrait de l’hommage à Pierrette M’jid, selon le témoignage de son fils Soufiane M’jid : «Le Maroc a perdu une grande dame. La Fondation M’jid a perdu sa 2e moitié. Les plus démunis de ce pays ont perdu une protectrice invétérée.  Si le bénévolat existe encore c’est à travers des personnes comme Pierrette M’jid, veuve de Si Mohamed M’jid ...  En 67 ans d’existence au Maroc, Pierrette a toujours soutenu son mari. Leurs deux personnes n’en faisaient qu’une pour se battre pour les nobles causes et pas des moindres...

Dresser le parcours de Mohamed M’jid, sans citer la compagne de sa vie est une chose impossible. Présente dans ses moindres faits et gestes, elle a su reprendre le flambeau après le décès de son homme. Pierrette, la femme franche, brillante et volontaire mettait un point d’honneur à aider son prochain! Elle avait bel et bien besoin de ça pour vivre. Ceci la rendait heureuse.

C’est à l’âge de 20 ans que cette jeune infirmière- anesthésiste est arrivée à Safi.  Et c’est un certain 7 septembre 1963 qu’elle s’est vue décerner le brevet de femme aviatrice dans la même ville. Sa vie, elle la confia à son mari. Ses convictions étaient siennes, ses combats aussi.

Pierrette a toujours su comment soutenir Mohamed M’jid qu’il s’agisse de ses incarcérations en tant que résistant ou après dans sa vie de tous les jours entre les actions caritatives et les débats culturels. Pour rappel, l’homme a été à la tête de différentes institutions pour ne citer que la Fédération du Tennis, la Royale Automobile Club et le Haut Commissariat des Réfugiés (HCR) -en tant que commissaire des Nations Unies pendant plus de 25 ans.

Pierrette, elle était dans le social, dans le partage.  Peu importe l’âge et l’épreuve du temps, Pierrette allait toujours de l’avant. Sa dernière action date d’à peine quelques mois où lors d’un voyage en compagnie de quelques membres de la Fondation M’jid à  Erfoud,  Pierrette M’jid a pu sauver la vie d’un père et de ses trois enfants handicapés en leur assurant un logement à Errachidia avec tous les aménagements nécessaires au lieu de la grotte qui leur servait de toit.

Une aide mensuelle a été mise à leur disposition. Cette action a été rendue possible bien sûr avec l’aide de l’équipe de bénévoles de la fondation M’jid. Une équipe soudée, motivée qu’elle a su fédérer tout au long des années d’une main de fer».

 

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