Régions

Tanger: Le sabot continue d’alimenter la polémique

Par Ali ABJIOU | Edition N°:5332 Le 09/08/2018 | Partager
L’immobilisation des véhicules suscite l’indignation d’une partie de la ville
L’un des contestataires poursuivi pour le vol de ces outils d’immobilisation
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La pose du sabot et l’immobilisation des véhicules sont à l’origine d’une crise larvée au sein de la ville de Tanger (Ph. AJ)

Le sabot continue d’alimenter la polémique à Tanger. La crise qui s’était installée sur le bord des trottoirs de la ville quand les premiers sabots ont commencé à être posés, il y a quelques mois, s’est déplacée sur les bancs du tribunal.

La société en charge de la gestion des parkings, la Somagec Parkings, a récemment assigné en justice un des partisans du mouvement «anti-sabot» (qui dispose d’un groupe sur Facebook avec près de 34.000 membres). Elle lui reproche le vol des sabots, une accusation qualifiée de fantaisiste par ses partisans.

En effet, si le web regorge de vidéos où des victimes d’immobilisation par le sabot ont recours à la manière brute pour enlever les sabots (scie et pinces, entre autres), il est difficile d’imaginer qu’une seule personne ait pu le faire. L’accusé qui devait comparaître devant le juge le 2 août devra patienter un peu, la séance ayant été reportée au 16 de ce mois.

Cet épisode intervient alors que les anti-sabot ont pu enregistrer une première victoire. En juillet dernier, le tribunal administratif de Rabat avait statué en faveur de l’un des plaignants qui dénonçait l’immobilisation de son véhicule par un sabot. Le tribunal avait demandé la libération immédiate de son véhicule, un jugement qui avait défrayé la chronique, l’intéressé ayant lui-même filmé l’enlèvement du sabot.

A noter que dans plusieurs villes, l’affaire du sabot avait été mal appréciée par les riverains et les sociétés en charge du service de gestion des parkings ont été obligées de revoir leurs copies, c’est le cas dernièrement à Marrakech où la mairie avait mis fin à cette pratique.

Le projet de parkings souterrains avait été lancé en 2014. L’objectif était de doter la ville de parkings en sous-sol pour faire face à la problématique du stationnement au centre-ville. La Somagec Parkings s’est vu attribuer le contrat de la gestion déléguée de ce service en 2015.

Le document porte sur la construction et l’exploitation de ce service ainsi que l’installation de zones de parking réglementées et d’horodateurs dans les environs de ces parkings pour encourager leur utilisation.

L’investissement est de 600 millions de DH pour la construction de près de 3.000 places de stationnement réparties sur plusieurs parkings souterrains à la corniche et au centre-ville dont 420 millions de DH en fonds propres et un retour sur investissement sur 30 ans. Mais c’est l’utilisation des sabots pour immobiliser les véhicules en contravention qui a grippé la machine.

De notre correspondant permanent, Ali ABJIOU

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