Régions

Fès-Meknès-Investissements: La CCIS veut repositionner la région sur l’échiquier

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5305 Le 02/07/2018 | Partager
Plus de 600 opérateurs réunis au 2e forum économique
El Othmani n’a pas de solution miracle pour la région
Boussaïd rappelle les encouragements fiscaux…
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L’Indonésie est le pays à l’honneur lors du 2e forum économique de la CCIS Fès-Meknès. Pas moins de 63 entreprises de Jakarta ont fait le déplacement, en vue de créer un pont Asie-Afrique (Ph. YSA)

«Je viendrai chaque fois que vous allez m’inviter». C’est la «principale» promesse du Chef du gouvernement, à l’occasion du 2e forum économique de la CCIS Fès-Meknès, tenu du 27 au 30 juin. Un forum, considéré comme l’événement phare du business au niveau régional, et qui réunit des décideurs régionaux et nationaux, diplomates, opérateurs, partenaires étrangers, institutions internationales et bailleurs de fonds (plus de 600 participants). L’Economiste revient sur les principaux points de la première journée de cette nouvelle version.
 
■ Positionner la région et la mettre sur les radars
Bien qu’il n’a pas donné le bilan de la première édition du Economic Forum, Badr Tahiri, président de la CCIS Fès-Meknès, s’est engagé pour réussir la nouvelle version. «Notre principal objectif est de marketer la région, la positionner et la remettre sur les radars de l’investissement», explique-t-il. A travers notre forum, nous créons un espace d’échange et de réseautage propice au débat des stratégies nationales de développement et leurs déclinaisons régionales», ajoute Tahiri. Ce dernier ambitionne de positionner son institution comme acteur incontournable dans le développement économique régional. Il rappelle à juste titre que l’Indonésie est le pays à l’honneur cette année (en plus d’une vingtaine de délégations étrangères). «Pays qui offre l’opportunité d’exporter vers un marché de 260 millions de consommateurs», insiste le ministre indonésien de l’Economie, présent aux côtés d’une soixantaine de chefs d’entreprises.  
 
■ Un chef de l’exécutif «peu convaincant»
Les opérateurs de la région Fès-Meknès qui espéraient des «annonces sérieuses» de la part de Saâdeddine El Othmani, devront encore attendre. «Sortir la région du marasme économique, social et politique n’est pas sa priorité», disent certains d’entre eux.  Notons qu’aucune action n’a abouti suite au déplacement du Chef de l’exécutif et ses ministres lors de leur tournée régionale. «La commission de suivi qui devait être instaurée, en janvier dernier, suite à l’escale de Fès ne s’est jamais réunie», confie un haut responsable de la région. Pour ce qui est de ce 2e forum de la CCIS, tenu sous le thème «Modèles de développement innovants dans les mondes en mutation», l’intervention d’El Othmani était «très évasive». Avant d’entamer son allocution, il fera remarquer à l’assistance «qu’il est très difficile de parler en dernier». «Pourtant, c’est lui qui avait demandé d’intervenir en dernier», rétorque un élu de la CCIS. S’agissant du contenu, El Othmani a rappelé «les bienfaits de la régionalisation avancée», le processus de renouvellement des CRI, l’amélioration du climat d’investissement, parmi tant de mesures. Mais encore, faudrait-il que celles-ci soient mises en œuvre sur le terrain. En attendant, El Othmani promet d’améliorer le classement du Maroc dans le «Doing business». «Nous devons passer du 67e rang actuellement au 50e, soit le top 50, à l’horizon 2021», indique-t-il. «Pas très convaincant», commente-t-on.  
 
■ L’investissement privé  seul moyen pour endiguer  le chômage
Le climat de morosité ressenti par la classe économique est palpable. Il en est de même pour les investisseurs potentiels qui, au risque de perdre de l’argent, s’abstiennent ou investissent ailleurs. «Nous encourageons les entreprises à venir s’installer au Maroc, mais il faut que tous les responsables de la région s’impliquent», alerte Mohamed Boussaïd, ministre de l’Economie et des finances. Et d’ajouter: «les investisseurs ne montent pas des sociétés de bienfaisance. Ils sont là pour réaliser des bénéfices et nous les accompagnons pour résorber le chômage et créer de l’emploi pour les jeunes».

Pour y arriver, il va falloir réinstaurer la confiance et améliorer le climat des affaires. A ce titre, Boussaïd interpelle l’Administration territoriale pour catalyser et encourager l’investissement. De son côté, le gouvernement doit orienter les opérateurs vers les secteurs dynamiques (agriculture, industrie, tourisme…). Signalons que l’investissement public représente plus de 32% du budget de l’Etat. Mais, il est peu générateur d’emploi en comparaison avec le privé.

A ce dernier, le ministre des Finances rappelle les mesures fiscales «encourageantes» décrétées par la loi de Finances (LF 2018). «Il y a des fonds pour l’accélération industrielle dans toutes les régions, l’IS progressif pour les sociétés, et nombre d’exonérations fiscales (10 premiers emplois sur 2 ans)», dit-il.

Particulièrement pour Fès, l’Etat prend en charge le transport des marchandises destinées à l’export et appuie la création d’emploi et la formation qualifiante. Pour Boussaïd, cette région doit se positionner sur l’innovation, l’offshoring, et la création de startup.

En ce sens, la LF 2018 a consacré un budget de 500 millions de DH à l’entrepreneuriat des jeunes. Un montant qui devrait bénéficier aux porteurs de projets notamment à Fès qui dispose d’une plateforme d’accueil aménagée par MedZ, en l’occurrence Fès-Shore. Signalons enfin que les travaux de construction de la deuxième tranche de ce projet devraient être lancés incessamment.

De notre correspondant permanent, Youness SAAD ALAMI     

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