International

PSA/Renault quittent l’Iran?

Par Omar KETTANI | Edition N°:5291 Le 11/06/2018 | Partager
Une décision qui vient suite à l’annonce du rétablissement des sanctions
La firme sochalienne tente de maintenir le dialogue avec les Etats-Unis
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Les deux constructeurs français PSA et Renault roulent en terrain miné sur le sol iranien. Après avoir investi des sommes colossales pour s’implanter en Iran suite à la fin des sanctions en 2015, l’espoir de développer des sites s’avère de courte durée.

En cause, la reprise des sanctions à l’encontre de l’Iran annoncée par le président américain Donald Trump en mai dernier. Cette annonce pour le moins inattendue, place les deux constructeurs tricolores dans l’embarras.

A ce titre, la firme sochalienne Peugeot détient une position de premier ordre sur le marché iranien. Elle a écoulé plus de 444.600 véhicules montés essentiellement par Iran Khodro, partenaire de PSA implanté sur le sol iranien, soit 17% de ses ventes à l’international.

Son activité iranienne se positionnait au premier rang des marchés de la firme française à l’échelle mondiale. Elle précédait le marché chinois et ses 382.800 unités, le Royaume-Uni avec 279.000 véhicules, l’Italie et l’Allemagne avec respectivement 265.200 et 257.800 voitures produites.

Plus récemment, le groupe français a annoncé son retrait du territoire iranien. Cette décision vient contrecarrer les enjeux fixés par Carlos Tavares, PDG de PSA, qui prévoyait d’écouler plus de 4 millions de véhicules après avoir racheté la marque allemande Opel/Vauxhall l’été dernier. 

Pour remédier à cette crise qui touche le secteur automobile français en Iran, après le secteur pétrolier, PSA tente de maintenir le dialogue avec les autorités américaines. Elle affirme «être en contact avec les instances américaines pour obtenir une dérogation afin de poursuivre son activité».

Rappelons qu’en 2016, PSA a monté des coentreprises avec deux entreprises iraniennes dont Iran Khodro pour la marque au lion et Saipa pour la marque aux chevrons. Total des investissements: 700 millions d’euros. Aussi, depuis leurs débuts, des milliers de véhicules Peugeot produits sur place ont été vendus.

Quant aux modèles Citroën ils seront commercialisés à compter de cette année. Notons que le groupe PSA avait, pour l’année 2016, fixé pour ses deux filiales iraniennes des objectifs de taille prévoyant sur place des ventes à hauteur de 200.000 véhicules Peugeot et 150.000 autres Citroën.

Quant au groupe Renault, il a écoulé plus de 162.000 unités en Iran l’année dernière. Pour renforcer son positionnement sur le marché, Renault a opté également pour la création d’une coentreprise l’été dernier avec la firme iranienne publique Idro. Objectif: Produire plus de 300.000 véhicules par an. Reste à voir comment le groupe de Boulogne Billancourt négociera ce virage dans la région.

Rappelons que Renault Tanger est opérationnelle depuis 2012. Le site table sur la production de  400.000 unités cette année. Quant à PSA, elle est en train de construire son usine à Kénitra et projette de vendre quelque 90.000 voitures dès 2019 dont les premières unités sont attendues pour fin 2018.

Tout porte à croire que la décision des constructeurs français de renoncer à leurs sites iraniens pourrait se traduire par des montées en capacités, voire des extensions des sites de production basés au Maroc, notamment à Tanger et Kénitra.

 

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