Entreprises

Accor Hotels temporise sur le rachat d’Air France

Par Omar KETTANI | Edition N°:5291 Le 11/06/2018 | Partager
Une annonce qui vient contrecarrer les spéculations
Un montant de plus de 400 millions d’euros
La ministre française des Transports Elisabeth Borne réagit
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Face au boucan provoqué par l’annonce du rachat de la compagnie aérienne française, le PDG du groupe hôtelier Accor, Sébastien Bazin, nuance: «Il n’est pas nécessaire d’être investisseur pour nouer des partenariats» (Ph. AFP)

Le rachat du groupe hôtelier français Accor des parts de l’Etat dans la compagnie aérienne Air France KLM connaît un rebondissement. S’il a été annoncé récemment que le géant tricolore français comptait  conquérir les airs en rachetant pour un montant d’environ 400 millions d’euros les 14,3% étatiques du capital d’Air France, Accor a calmé les ardeurs. Selon Sébastien Bazin, patron de la chaine hôtelière: «Il n’est pas nécessaire d’être investisseur pour nouer des partenariats».

Le PDG confirme néanmoins l’ambition du géant hôtelier de renforcer le partenariat conclu avec Air France. «L’unique raison pour laquelle les discussions se poursuivent, est la volonté d’Accor de renforcer la collaboration des deux entités dans les secteurs du numérique, des programmes de fidélisation et du marketing en ligne».

Dans la foulée, Elisabeth Borne, ministre française des Transports, a réagi en annonçant la volonté de l’Etat de permettre à Air France de retrouver sa stabilité d’antan. «L’enjeu est qu’il puisse y avoir un nouveau PDG à la rentrée qui pourra élaborer une nouvelle stratégie à l’entreprise».

Pour rappel, suite à l’annonce de la volonté de racheter les parts de l’Etat, le titre Accor a chuté de 7% sur le marché boursier avant de renouer avec une hausse de 2,60% la semaine dernière. Aussi, suite à la première annonce, les avis des experts du domaine restaient partagés à ce sujet.

Pour James Rowland Clark, analyste chez Barclays: «Tout accord porterait préjudice aux objectifs d’Accor qui visent à utiliser les liquidités pour de nouvelles acquisitions hôtelières qui consolident son positionnement sur les marchés porteurs». D’autres en revanche se sentaient rassurés par la dernière déclaration du numéro 1 mondial de l’hôtellerie.

A titre indicatif, une experte du domaine considère que cette affaire «va à l’encontre de la stratégie qu’opère Accor depuis quelques années, et qui consiste à investir dans l’hôtellerie traditionnelle». Elle ajoute également que «ce n’est pas en devenant un acteur franco-français que la concurrence avec les titans Expédia, Easyjet, Ryanair ou encore Booking sera effective».

A l’heure actuelle, la compagnie aérienne est dirigée par Anne Marie Couderc, présidente par intérim suite à la démission de Jean-Marc Janaillac, ex-patron d’Air France KLM.  Notons que cette offre de rachat, qui s’élève à 400 millions d’euros et qui puise son origine dans les premiers échanges opérés par les deux géants du tourisme, aurait, selon le Crédit suisse, permis à Air France KLM de s’inscrire dans une nouvelle dynamique axée sur l’intégration verticale.

Ce qui se définit comme un contrôle placé sous la supervision d’une seule autorité. Autrement dit, si Accor rachète Air France KLM à l’Etat, le groupe hôtelier pourra s’assurer de la renommée du catalogue de la compagnie aérienne.

 

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