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L'Edito

Ascenseur

Par L'Economiste| Edition N°:1660 Le 11/12/2003 | Partager

L’éducation des enfants est le domaine sur lequel pèse le plus d’investissements émotionnels, donc le plus d’enjeux politiques. C’est aussi, en raison de cet investissement, le domaine sur lequel il est le plus difficile d’intervenir.Certes, l’Education nationale n’est plus cette vaste masse de manoeuvre avec laquelle se conduisaient les combats politiciens; des combats qui ne concernaient en rien les enfants, les parents et les professeurs. Mais une trentaine d’années ont été perdues dans ces manoeuvres et les modes de raisonnement s’y sont trouvés largement pervertis.Dans le même temps, et sans qu’on y prenne vraiment garde, l’Education nationale a perdu ce magnifique rôle d’ascenseur social qui avait été le sien. Evidemment, on rencontre encore des jeunes adultes qui commencent une carrière brillante alors que leur famille est pauvre, que leur père ne sait plus vraiment lire et que leur mère ne l’a jamais su. Mais nous sommes loin de ce phénomène massif que l’on voyait dans les années 70 et 80 où le nom de famille de la majorité des hauts fonctionnaires et des cadres soulignait la réussite de l’enseignement public.L’ascenseur social, qui démarre dans cette petite classe d’école primaire d’un douar perdu, n’emporte plus aussi facilement qu’autrefois les enfants vers une vie radicalement différente de celle de leurs parents. Il tombe en panne à l’étage du collège ou du lycée, il se bloque dans un chômage de longue durée à la sortie de l’université… Plus pernicieux, depuis quinze ans, les boutons de commande ne sont indiqués qu’en arabe, mais la machinerie, derrière, préfère le français.Tout cela nourrit amertume et démobilisation. Plus préoccupant, cela fige et crispe les couches sociales. Cela les coince dans des refus raides du changement, refus dictés par la peur de perdre le peu qui a été obtenu. Tout cela constitue le plus efficace des freins à la croissance et justifie que, de plus en plus tôt, des jeunes encore couverts d’acné tentent l’aventure des pateras.Nadia SALAH

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