Politique

Bilan du gouvernement: Sortie timide d’El Othmani!

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5386 Le 05/11/2018 | Partager
En dépit des tiraillements internes, il a insisté sur l’homogénéité de son équipe
Les réformes nécessitent du temps et ne peuvent avoir un effet immédiat
el_othmani_bilan_086.jpg

Interpellé sur la grogne sociale qui continue de monter, poussant plusieurs citoyens à envisager d’émigrer vers d’autres pays, Saâdeddine El Othmani a botté en touche. Il a assuré que 72% des cadres marocains ont déclaré vouloir rester dans leur pays, selon une étude dont il n’a pas précisé la source (Ph. Bziouat)

La dernière sortie du chef du gouvernement lors d’une émission spéciale diffusée sur les chaînes publiques n’a pas réussi à dissiper les craintes des citoyens. Interpellé sur une série de dossiers urgents, sur fond de contestations sociales, Saâdeddine El Othmani s’est contenté d’esquiver certaines questions, restant sur les généralités. Sur plusieurs thèmes, le chef du gouvernement s’est montré peu rassurant.

A commencer par le cafouillage lié au maintien de l’horaire GMT+1. Il a minimisé les réactions négatives des citoyens, avançant que le gouvernement continuera à évaluer les effets de cette opération (voir article sur les mesures d’accompagnement).

Au niveau de l’homogénéité du gouvernement, El Othmani a nié que son équipe évolue à différentes vitesses. «Les déclarations de certains ministres dans un contexte partisan n’ont aucune relation avec le gouvernement», a-t-il dit. Pour lui, «il est important de faire la distinction entre la majorité et le gouvernement». Au sein de l’exécutif, c’est lui le patron, a-t-il assuré. «J’interviens chaque jour pour faire des arbitrages dans des dossiers impliquant plusieurs ministres», a-t-il indiqué.

El Othmani a dit «s’accrocher aux autres composantes de l’alliance gouvernementale». Il n’a pas hésité à critiquer le comportement d’autres partis, qu’il a refusé de citer. Ces derniers sont accusés par le chef du gouvernement de tentatives d’obstruction de l’action de l’exécutif. Il a donné l’exemple du comportement des élus d’un parti de l’opposition (PAM Ndrl), qu’il a qualifié de «baltaja». Sur le plan social, El Othmani a refusé de qualifier le blocage du dialogue avec les syndicats comme un échec.

«Nous n’avons pas encore abouti à un accord. Nous avons amélioré l’offre du gouvernement deux fois. Et nous allons présenter une nouvelle proposition lors de la réunion prévue ce vendredi». Interpellé sur la multiplication des protestations sociales, il a avancé que «les réformes lancées ne peuvent avoir un effet immédiats, à l’instar de celle de l’enseignement ou de la santé». Mais certaines mesures ont déjà un impact sur la vie des citoyens, a-t-il dit.

Il a cité notamment les transferts au profit des veuves, les bourses pour les stagiaires de la formation professionnelle, Tayssir… Au niveau de la promotion de l’emploi, il a assuré que c’est l’une des priorités du projet de loi de finances, actuellement en examen au Parlement. Au-delà des mesures prévues par la stratégie nationale pour la promotion de l’emploi, El Othmani mise sur les résultats de la prochaine rencontre nationale sur l’adéquation de la formation avec les besoins du marché du travail.

 

Retrouvez dans la même rubrique

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc