Entreprises

Terrains de proximité: Le privé multiplie les projets

Par Jean Modeste KOUAME | Edition N°:5384 Le 01/11/2018 | Partager
La firme française Laquet introduit de nouveaux concepts
Services annexes: environ 20% du chiffre d’affaires

La multiplication des projets de clubs et terrains de proximité donne des idées aux entreprises. Toute une économie se développe autour de ces projets sur lesquels il y a peu de visibilité. Importé d’Europe, le concept vient combler un vide. Ces concepts, en majorité «out-door», ciblent généralement des sportifs relativement aisés et viennent répondre à des besoins précis dans les grandes villes, qui ne disposent pas de suffisamment d’espaces pour la pratique du sport.

A elle seule, Casablanca compte une douzaine de clubs et centres de loisirs proposant la location d’espaces de jeu sur gazon synthétique pour la pratique du football (5, 7 ou 11 joueurs). L’offre est en train de s’enrichir avec de nouveaux entrants. Parmi eux, Atlantique football Club (10 terrains de mini-foot construits en bord de mer), Casa Soccer Foot, Mini foot Arena Soccer à Aïn Sebaâ ou encore Ginga foot Academia…

En moyenne, la construction d’un terrain standard doté d’une pelouse synthétique coûte entre 500 et 650 DH HT le m2. S’y ajoutent les installations annexes, entre 1.000 et 1.200 DH le m2. Les dimensions de terrain les plus courantes varient entre 500 et 800 m2, pour 7 joueurs. Les centres de loisirs sont généralement développés sur des zones non constructibles (en bordure de mer, remblai…).

Avec la rareté du foncier, les petits terrains sont privilégiés pour rentabiliser au maximum l’investissement. Ils sont généralement installés dans des zones urbaines et périurbaines. En l’absence de règles, les projets sont dimensionnés selon les surfaces disponibles. En attendant que le marché de l’immobilier reparte à la hausse ou soit plus florissant, des développeurs rentabilisent leur terrain avec des projets sportifs. Le retour sur investissement est de 2 ans en moyenne. Pour rentabiliser l’investissement, les espaces font également office de support publicitaire.

Ouverts jusqu’à tard dans la nuit, ces centres de loisirs réalisent l’essentiel de leur chiffre d’affaires le soir et les week-ends avec une ruée de salariés «afterworkers» et un pic de demandes enregistrées entre 18 et 22 h. Plusieurs offrent des packs entreprises pour des séances conviviales entre collaborateurs (team building). L’intérêt est de décompresser ou encore participer à des tournois interentreprises pour évacuer le stress.

Les tournois ont souvent lieu le soir en semaine pour 60 minutes de jeu. Le modèle économique repose sur des abonnements, l’organisation de séances d’entraînement d’académies de foot pour enfants et adolescents dans la matinée. La valeur ajoutée consiste à apporter des services annexes. D’ailleurs, les prestations annexes (café, buvette, restauration..) représentent environ 20% du chiffre d’affaires.

La plupart des projets sont développés par des investisseurs privés, promoteurs immobiliers ou encore des MRE, qui les exploitent à la livraison. Pour l’heure, aucune entreprise n’émerge sur le marché de la location-gérance ou même la gestion de projets sportifs à l’instar de l’hôtellerie.

«Ce créneau recèle de nombreuses opportunités puisqu’il peut être exploité par des franchises de sport, des clubs de fitness ou encore des professionnels de la gestion de projets sportifs», précise Edouard Mur, gérant de Laquet Maroc. A l’opposé, le segment des clubs de fitness est plus structuré, avec des entreprises qui développent des franchises dans plusieurs villes.

Au total, 5 entreprises sont positionnées sur le marché de la construction pour le compte d’investisseurs. Parmi elles, figure le français Laquet. La filiale marocaine est spécialisée dans la construction de tous types de sols sportifs. Créée en 2007 sous l’impulsion de la société française Laquet SAS, l’entreprise a réalisé plus de 25 millions de DH de chiffre d’affaires en 2017, dont 80% réalisés sur des marchés publics (contre 20% dans le privé), avec une vingtaine de projets cette année.

L’entreprise compte plusieurs références. Parmi elles, figurent Al Omrane, le ministère des Sports, Alliance, PSG Academy Renault, North Africa Tobacco Company (NATC)… Le développeur a fait le choix d’importer la totalité des équipements qu’il installe par souci de qualité sauf les drainages: gazon de Belgique ou Hollande, les structures métalliques…

«Nous ne sommes pas architectes. Tout ce qui relève de la maçonnerie (douches, accueil, vestiaires et structures annexes) est un lot à part qui ne fait pas partie de notre cœur de métier. Après, c’est au client de décider d’en faire ou pas», précise Edouard Mur.

Standards

Les standards d’un modèle type de terrain de mini-foot sont du 500-600 m2 avec des filets pare-ballons de 5 mètres, des filets de toit pour éviter les ruptures de jeu. La surface de jeu est clôturée de haut et sur les côtés. En termes d’éclairage, la tendance est au LED, pour économiser l’énergie ainsi que pour la longévité. 4 projecteurs de 200 ou 300 Watts suffisent. Trois standards de pelouses peuvent être installés: un gazon court de 25 mm, sablé avec une sous-couche, du gazon de 40 mm avec une sous-couche ou encore du 50 mm sans sous-couche. Les écarts de prix sont de 40% plus chers entre la pelouse de 25 et 50 mm. La pelouse la plus recommandée est celle de 40 mm avec une sous-couche pour un meilleur confort de jeu.

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M.Ko.

 

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