Culture

L’Artorium ou l’histoire de l’art à portée de main

Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5184 Le 08/01/2018 | Partager
Un espace d’art de la Fondation TGCC
Une collection privée retraçant les différents courants plastiques au Maroc
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La collection du fondateur et PDG de l’entreprise de construction TGCC, Mohammed Bouzoubaa, passionné d’art, réunit un ensemble d’œuvres retraçant les différents courants qui ont traversé la création marocaine (Ph. Fadwa Alnasser)

C’est un véritable cours sur l’histoire de l’art marocain que propose l’espace d’art Artorium de la Fondation TGCC. Le lieu nouvellement créé abrite la collection du fondateur et PDG de l’entreprise de construction éponyme. Mohammed Bouzoubaa, passionné d’art, a réuni un ensemble d’œuvres retraçant les différents courants qui ont traversé la création marocaine.

Des pionniers tels que Mohamed ben Ali Rbati, considéré comme l’artiste ayant signé l’acte de naissance de la peinture marocaine, en passant par les créateurs de l’art moderne, Jilali Gharbaoui et Ahmed Cherkaoui, tout autant que les artistes engagés du mouvement de Casablanca: Farid Belkahia, Mohamed Chebaa et Mohamed Melihi, entre autres. D’autres artistes emblématiques de la scène plastique marocaine trouvent une place de choix dans la collection.

Abbas Saladi et son monde fantasmagorique au lyrisme inimitable, Chaïbia et son art brut adoubé par les grands du mouvement Cobra, Louardiri et ses closeries luxuriantes rappelant l’éden perdu ou encore les fameux chevaux, mais surtout les natures mortes, beaucoup moins connues du public, d’un certain Hassan El Glaoui. Un clin d’œil particulier à l’œuvre de Abdellah Sadouk complète la section Art moderne de la collection.

Toute une partie de l’espace d’art lui est dédiée avec plus d’une trentaine d’œuvres de différents formats, allant des fameux paysages cubistes à l’influence architecturale aux portraits ou encore aux dessins préparatoires, en passant par les compositions calligraphiques.

Mahi Binebine, Saad Hassani, Miloud Labied, Meriem Mezian, Ahmed Ben Yessef, Mohamed Drissi, Saad Bencheffaj, Fouad Bellamine… et bien d’autres artistes, entre figuration classique et abstraction lyrique, complètent la collection. Sur le côté, une section «Arts traditionnels» donne à voir les fabuleux trésors racontant une histoire du Maroc, plurielle, généreuse et créatrice. Fibules d’argent, lourdes chevillères, ceintures de brocards, étoffes brodées à la main… côtoient des khabias en poteries de Fès du 19e siècle ou encore des poignards en argents finement ciselés.

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La galerie abrite également une section «Arts traditionnels» qui donne à voir les fabuleux trésors racontant une histoire du Maroc, plurielle, généreuse et créatrice (Ph. Fadwa Alnasser)

Des trésors du passé qui font face à un ensemble de toiles orientalistes de grande facture: paysages naturels et citadins, espaces publics (souks, fondouks, jardins…), espaces intérieurs, portraits, scènes de genre et métiers. Tout un parcours qui permet de découvrir un Maroc vu par les plus grands peintres voyageurs, dont plusieurs d’entre eux ont séjourné longtemps au Maroc notamment Henry Pontoy, Jaques Majorelle et Eddy Legrand.

L’exposition finit par un parcours de sculpture de l’artiste Armand qui, même s’il n’est pas catalogué parmi les orientalistes, a été fasciné par les instruments de musique arabe qu’il a réinterprétés à sa façon particulière faite d’accumulation et dont certains beaux spécimens clôturent l’exposition, intitulée «Passions privées».

L’espace d’art Artorium, situé au rez-de chaussée du siège de TGCC, se veut un lieu de partage. Partage de la fabuleuse collection du maître des lieux, mais également partage de l’espace, du savoir, des expériences… C’est ainsi que la galerie accueillera de jeunes élèves de différents établissements scolaires afin qu’ils reçoivent des cours de peinture et d’art.

Les lieux ont également reçu plusieurs manifestations, dont la conférence de lancement du festivale Andaloussyates 2018 ainsi qu’une expo-vente orchestrée par l’artiste peintre Mahi Binebine pour financer le nouveau centre culturel qu’il a monté en collaboration avec le réalisateur Nabil Ayouch: les Etoiles du détroit dans la ville de Tanger.

 

 

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