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Le textile turc dans le collimateur

Par Aziza EL AFFAS | Edition N°:5183 Le 05/01/2018 | Partager
Des mesures de sauvegarde contre certaines catégories de produits
Progression des importations de 175% entre 2013 et 2017
L'Amith se félicite de la mesure
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En sus de leur prix plus faible comparativement à d’autres fournisseurs, les produits made in Turkey  bénéficient d’un accès préférentiel sur le marché marocain en vertu de l’Accord de libre-échange (ALE) liant le Maroc à la Turquie

Une mauvaise nouvelle qui tombe mal à la saison des soldes. Les adeptes des marques d’habillement (LC Waikiki, Koton , Defacto …)  et autres tissus d’ameublement originaires de Turquie devront dorénavant débourser plus. Le ministère de l’Industrie et du Commerce vient d’instaurer des mesures d’ajustement transitoires (prévues par les articles 17 et 22 de l’ALE) sur certaines catégories de produits textiles.

Le droit d’importation est rétabli à hauteur de 90% du taux fixé dans le cadre du droit commun sur les produits figurant sur une liste rendue publique par le ministère. Il s’agit des filaments synthétiques ou artificiels, fibres synthétiques ou artificielles discontinues, tapis et autres revêtements de sol en matières textiles, tissus spéciaux, surfaces textiles touffetées, dentelles, tapisseries, passementeries, broderies, étoffes de bonneterie, vêtements et accessoires du vêtement en bonneterie, vêtements et accessoires du vêtement, autres qu'en bonneterie ou encore les autres articles textiles confectionnés, assortiments, friperies et chiffons.

Selon le ministère de tutelle, cette mesure vient en réaction à des «perturbations conséquentes» du marché domestique dues à l’accroissement des importations à prix compétitif originaires de Turquie. En sus de leur prix plus faible comparativement à d’autres fournisseurs, les produits made in Turkey bénéficient d’un accès préférentiel sur le marché marocain en vertu de l’Accord de libre-échange (ALE) liant le Maroc et la Turquie.

Ce qui a favorisé une très forte croissance des exportations turques vers le Maroc des produits finis de textile et habillement, enregistrant ainsi une progression de 175% sur 4 ans (2013-2017). «Ce qui a fragilisé plusieurs unités industrielles orientées vers le marché domestique et a été à l’origine de pertes d’emplois importantes».

La mesure de sauvegarde a été favorablement accueillie par les professionnels. «En pleine restructuration, le secteur textile marocain a besoin de cette bouffée d’oxygène», se félicite Mohamed Tazi, DG de l’Amith (Association marocaine des industries du textile et de l’habillement).

Il s’agit là d’une mesure transitoire, valable pour un an, intervenue à la demande des professionnels, lésés par le “dumping” des produits textiles finis en provenance de Turquie (habillement, tissus d’ameublement, linge de maison …).
Selon Tazi, cette décision est de nature à revitaliser le secteur qui a perdu près de 20.000 postes d’emploi/an, sur les 5 dernières années. Sur la période 2013 à 2017, la part des produits turcs est passée de 16 à 40% dans l’ensemble des importations textiles.

 

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