Economie

En faillite, les CRI contraints à se réinventer

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5167 Le 13/12/2017 | Partager
Le gouvernement a deux mois pour rendre la copie
Compétences et accompagnement des PME, les axes

La Cour des comptes vient de dire tout haut ce qui était un secret de Polichinelle: après 15 ans d’existence, les Centres régionaux d’investissement (CRI) ont complètement échoué dans leur mission. Au lieu d’accompagner les investisseurs et d’être des leviers de promotion économique du pays, ces structures se sont transformées en centres d’archivage des dossiers d’investissement.

Il a fallu que la Cour des comptes audite les projets en retard ou non exécutés dans le nord du pays pour que ces failles sortent au grand jour. Le Souverain a fixé deux mois z une Commission (de haut niveau) pour lui soumettre des propositions d’une réforme ambitieuse des CRI.

Une des pistes tient au profil des ressources humaines. Leur formation et leur qualification doivent obéir à des standards qui soient en phase avec les exigences de la mission de ces organismes. Il va falloir aussi mieux identifier les moyens budgétaires et les marges de manœuvre par rapport aux autres administrations.

Au nombre de 16, les CRI ont été créés par lettre royale du 9 janvier 2002 et placés sous la responsabilité des walis. Ils ont pour  missions principales, l’assistance à la création d’entreprises et la promotion de l’investissement.  Or s’ils ont pu réaliser des résultats en termes de création (documentaire) d’entreprises, «ils ont été moins performants sur l’accompagnement et l’aide aux investisseurs», constate le premier président de la Cour des comptes, Driss Jettou.

Il est relevé, tout  particulièrement,  l'absence de suivi postcréation, la non-assistance aux petites et moyennes entreprises. Sans oublier le déficit de données actualisées ou d'études détaillées sur l'investissement et sur le potentiel économique des régions.

Aussi, est-il recommandé à ces centres de «se défaire de l’approche purement bureaucratique qui caractérise leur action pour se pencher sur le traitement des dossiers qui leur sont soumis au niveau local au lieu de les renvoyer, de manière non justifiée, aux services centraux».
Malgré leur faillite, les CRI ont paradoxalement servi de tremplin à plusieurs anciens directeurs d’accéder à de hauts niveaux de responsabilités dans l’administration territoriale.

Toujours au crochet de l’Etat

Les ressources budgétaires des CRI proviennent, exclusivement, du budget général de l’Etat sous forme de subventions aussi bien pour le fonctionnement que l’investissement. Ces ressources ne subissent pas de changement significatif d’une année à l’autre.
 Les Centres régionaux d’investissement ont le statut de  «Service de l’Etat géré de manière autonome-Segma». L’article 2 du décret n°2.03.728 instituant une rémunération des services rendus par les CRI avait prévu que «la liste des services rendus par chacun d’entre eux et leurs tarifs soient fixés par arrêté conjoint des ministres de  l'Intérieur et des Finances». Faute de publication  de cet arrêté, les CRI continuent de dépendre du budget de l’Etat.

 

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