Politique

Al Hoceïma: Les projets seront livrés dans les délais

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5041 Le 08/06/2017 | Partager
Abdelouafi Laftit a promis que le programme de développement sera finalisé en 2019
Il s’est interrogé sur les raisons de la poursuite des manifestations
Pas de compromis dans l’application de la loi, selon Mohamed Aujjar
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Pour plusieurs députés, le Parlement est l’espace où doivent s’exprimer les doléances des citoyens, notamment ceux d’Al Hoceïma. Abdelouafi Laftit et Mohamed Aujjar ont été interpellés sur la gestion de ce dossier par le gouvernement, critiqué par les groupes, même au sein de la majorité, dont certains ont appelé à la libération de tous les détenus. Le groupe de l’Istiqlal a appelé à la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire pour se pencher sur ce dossier (Ph. Bziouat)

Après une réunion avec les élus locaux de la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, lundi dernier, les membres du gouvernement étaient attendus de pied ferme, mardi, au Parlement. Abdelouafi Laftit, ministre de l’Intérieur, et Mohamed Aujjar, ministre de la Justice, ont été interpellés sur l’évolution de la situation dans cette ville.

Majorité et opposition ont critiqué la gestion de ce dossier par le gouvernement. Les groupes parlementaires ont reproché «l’adoption d’une approche sécuritaire». La plupart d’entre eux, particulièrement ceux de l’Istiqlal et du PJD, ont appelé à «la libération de tous les détenus dans cette affaire, afin de favoriser la relance du dialogue».

Une position qui a «surpris» le ministre de la Justice. Celui-ci a précisé que «les manifestants n’ont pas été incarcérés. Durant plus de 6 mois, le gouvernement a opté pour une politique pénale flexible», a-t-il expliqué. Pour lui, «les personnes poursuivies sont impliquées dans des «actes criminels». Il n’y aura pas de compromis dans l’application de la loi».

Ces actes se sont soldés par la blessure de 205 éléments des forces de l’ordre, la destruction de 42 véhicules relevant des services de sûreté en plus de l’incendie qui a ravagé un logement de fonction à Imzzouren, comme l’a indiqué Laftit.
Durant les 6 derniers mois, la ville a connu plus de 843 manifestations, selon le ministre de l’Intérieur. Quelques dérapages ont été enregistrés, «suite à l’incitation de certains éléments aux visées suspectes», a expliqué de son côté le ministre de la Justice. Ce sont ces personnes qui font, selon lui, l’objet de poursuites judiciaires (voir encadré).

L’ouverture d’un débat au Parlement autour des événements d’Al Hoceïma devra certainement favoriser un apaisement de la situation, de l’avis des différents groupes parlementaires. Surtout que députés et gouvernement s’accordent sur «la légitimité des revendications sociales et économiques des populations de cette région». Le ministre de l’Intérieur a expliqué que c’est dans cette logique que s’inscrit la mobilisation du gouvernement.

L’idée est de faire le point sur l’état d’avancement du programme de développement d’Al Hoceïma. «Ces projets étaient prévus avant le début des manifestations», a-t-il rappelé. Doté d’un budget de 6,5 milliards de DH, ce programme «sera achevé dans les délais, fin 2019, en dépit du retard qu’avait connu le démarrage des travaux», a promis Laftit. Lors de la réunion tenue lundi avec les élus locaux et les autres responsables des établissements publics impliqués dans ce programme, Saâdeddine El Othmani a annoncé que le niveau d’exécution pourrait atteindre 65% à la fin de cette année.

Face à cette situation, le ministre de l’Intérieur s’est interrogé sur «la pertinence de la poursuite des protestations au moment où le gouvernement a interagi positivement avec les revendications des citoyens». Le retour au calme est nécessaire, selon certains groupes parlementaires, afin de favoriser l’exécution de ces projets.

Poursuites

Abdelouafi Laftit et Mohamed Aujjar sont unanimes: l’Etat doit assumer son rôle dans la protection des citoyens et de leurs biens. D’où «la poursuite de certaines personnes impliquées dans des actes criminels devant la justice». Aujjar a présenté aux députés les différentes affaires actuellement en cours. A commencer par celle liée à l’incendie ayant ravagé un logement de fonction à Imzzouren en mars dernier. 17 personnes, dont un mineur, ont été arrêtées dans ce dossier. Pour les actes de violence suite à la suspension du sermon du vendredi dans une mosquée d’Al Hoceïma, par Nasser Zafzafi, 49 personnes ont été arrêtées. La plupart d’entre elles sont poursuivies en état de détention, au moment où l’affaire a été classée pour 10 personnes.

 

 

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