International

Les négociations sur le climat reprennent à Bonn

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5018 Le 08/05/2017 | Partager
Une réunion prévue cette semaine sur l’accord de Paris
L’incertitude américaine sur la COP21 reste entière
negociation_climat_bonn_018.jpg

Hausse des températures, de la concentration en CO2, montée des eaux, recul des glaces… Les indicateurs clés du réchauffement planétaire sont plus alarmants que jamais, alors qu’une réunion de l’ONU est prévue du 8 au 18 mai à Bonn en Allemagne sur l’accord de Paris sur le climat. Les 196 pays signataires de cet accord se retrouvent pour négocier la mise en œuvre de ce pacte.

Pour qu’il puisse être pleinement appliqué à partir de 2020, plusieurs dispositions doivent être approfondies. Il est question de clarifier des points clés comme les informations que les pays doivent publier sur leur politique climatique ou encore les projets qui entrent dans la comptabilisation des financements climat.

L’événement se tient au moment où l’administration américaine fait souffler le chaud et le froid sur un retrait de l’accord de Paris. L’équipe Trump devrait préciser ses intentions fin mai. En plus de sa volonté de soutenir l’exploitation des énergies fossiles, le président américain prévoit de ne plus «contribuer ni au Fonds vert pour le climat, ni au financement de la Convention climat de l’ONU (qui encadre les négociations), ni au Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec)».

Les îles Fidji, qui organiseront en novembre la 23e Conférence de l’ONU sur le climat (COP23), ont exhorté Donald Trump à ne pas renoncer à l’accord de Paris contre le réchauffement climatique. L’archipel du Pacifique, qui est particulièrement menacé par la montée des eaux et les dérèglements du climat, organisera à la fin de l’année cette réunion internationale.

Pour des raisons logistiques, elle ne se tiendra cependant pas aux Fidji mais à Bonn, en Allemagne. C’est là où se trouve le siège de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), sous l’égide de laquelle se déroulent les négociations internationales entre plusieurs pays.

Fin 2015 à Paris, 195 pays et l’Union européenne sont parvenus à sceller un accord pour lutter contre le changement climatique, qui implique notamment une transition énergétique radicale aux dépens des énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz). La Palestine a depuis rejoint le convention climat de l’ONU.

A Marrakech, lors de la COP22 en novembre, les négociateurs avaient été surpris par l’élection du climatosceptique Trump aux Etats-Unis, mais avaient affiché solidarité et détermination à poursuivre leurs efforts. A noter que Salaheddine Mezouar et Hakima El Haité continueront à assumer leurs fonctions respectives de président de la COP22 et de championne de haut niveau pour le climat.

Les engagements de la COP22

Adopté en 2015, entré en vigueur dès 2016 et à ce jour ratifié par 144 pays, l’accord de Paris impose un cadre à la lutte contre le réchauffement climatique. Sans toutefois fixer d’objectif contraignant décliné par pays (chacun s’est fixé ses objectifs, à ce stade pour 2025 ou 2030). Comment vérifier les engagements? L’accord de Paris prévoit que les pays rendent compte de leurs actions et résultats. Une certaine flexibilité est prévue pour les pays les plus pauvres. La transparence doit en principe concerner l’aide financière des pays riches aux pays en voie de développement.
Selon certains climatologues, le nombre de sécheresses, incendies de forêts, inondations, et autres ouragans liés au dérèglement, a doublé depuis 1990. En 2016, la planète a battu son 3e record annuel consécutif de chaleur, avec une température supérieure d’environ 1,1 °C à la moyenne de l’ère pré-industrielle. Le 21e siècle compte déjà 16 des 17 années les plus chaudes depuis le début des mesures en 1880. En Arctique, l’étendue de la banquise estivale a été l’année dernière la 2e plus réduite jamais enregistrée (4,14 millions de km2, après celle de 2012).
Les concentrations des trois principaux gaz à effet de serre (GES), dioxyde de carbone (CO2), méthane et protoxyde d’azote, ont atteint de nouveaux sommets en 2016. Des études font référence aussi au niveau des océans qui continue à monter. Selon la Banque mondiale, les pertes liées aux cataclysmes naturels atteignent 520 milliards de dollars par an et font basculer chaque année 26 millions de personnes dans la pauvreté.

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc