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L'Edito

Grands films

Par Nadia SALAH| Edition N°:5680 Le 21/01/2020 | Partager
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De Grèce, le meilleur ennemi de la Turquie, le ministre marocain des Affaires étrangères s’est fortement indigné de ne pas avoir reçu son invitation pour Berlin. Même traitement pour Athènes (qui s’inquiète des manœuvres turques pour son plateau continental). Tunis s’est indigné d’avoir été invité en retard et a décidé de bouder.

On aurait pourtant pu considérer le Maroc comme un initiateur moral des accords de Skhirat, il y a 4 ans et un mois, accords patronnés par l’ONU mais immédiatement contestés par le maréchal Haftar. Rabat aurait dû être invité de droit…

Sauf qu’Alger a eu son carton dès le début et ne se prive pas de faire l’éloge de sa diplomatie, affirmant que «Tebboune a donné une claque à l’Elysée» (sic!). Plus sérieusement et pour l’instant, Alger porte haut son principe de non-intervention, tout en reprenant sa place d’intervenant. Même si son gouvernement est encore contesté.

Notre voisin a grand intérêt à monter au créneau: qui dit qu’il ne sera pas la prochaine cible de ses voisins de l’Est ou de ceux qui fuient ses voisins de l’Est? Comment parier sur l’avenir dans ce chaos absolu, où des alliés au Proche-Orient, Moscou et Ankara, sont des adversaires au Maghreb?

Quoi qu’il en soit, on ne peut féliciter les Affaires étrangères marocaines de leur sens de l’à-propos, Affaires dont le gouvernement El Othmani affirme être le maître d’œuvre. Où sont passées les compétences qui avaient pensé Skhirat? Pourquoi la communication internationale n’a-t-elle pas valorisé l’action, alors que le multilatéralisme avait encore quelqu’audience?

Pour tous les grands acteurs, faut-il rappeler que seuls deux d’entre eux, Nicolas Sarkozy et David Cameron, sont responsables de ce chaos politique et humanitaire? Et puis aujourd’hui, quelle idée de confier à Berlin un dossier, dont il a perdu la compétence depuis que ces grands films, «Un taxi pour Tobrouk» ou «Le Renard du désert», ne sont plus à la mode?

 

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