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Industries créatives et culturelles: Des mesures d'urgence pour sauver les emplois

Par L'Economiste| Le 30/05/2020 - 09:10 | Partager
Industries créatives et culturelles: Des mesures d

La Fédération des industries créatives et culturelles (FICC) vient d'émettre des propositions urgentes pour sauver 100.000 emplois menacés par la crise du Covid-19. Pour rappel, depuis le déclenchement de cette crise, le secteur des industries culturelles, créatives (ICC) et événementielles est à l’arrêt.

"Toutes les filières sont concernées: cinéma, édition, arts visuels, audiovisuel, spectacles vivants, concerts, théâtre, tournées, galeries, festivals, événementiel. Partout dans le pays, salles de cinémas, théâtres, galeries et espaces culturels et événementiels sont restés fermés depuis le 14 mars 2020", lit-on dans un communiqué de la FICC. Des centaines d’événements, de tournages et de festivals ont été annulés. Résultat : 100.000 emplois ont été directement impactés par cette crise sans précédent.

Environ 1.100 entreprises ont accusé 70% de baisse de leur chiffre d’affaires en moyenne. Des associations culturelles structurantes ont du cesser leur activité. Plusieurs milliers de professionnels indépendants, d’artistes et de techniciens qui constituent l’écosystème de la création et de la production culturelle au Maroc, se sont retrouvés sans travail. Même avec une carte professionnelle, l’artiste est considéré comme « un travailleur de l’informel » dans le cadre du découpage retenu pour la distribution des aides monétaires directes, décidées pour lutter contre les effets économiques et sociaux du Coronavirus. "La FICC relevant de la CGEM estime l’impact économique de cette crise sur le secteur à 2 milliards de DH", ajoute le communiqué, notant que ces industries sont essentielles pour la reprise d’une vie sociale « normale » et pour la relance de secteurs stratégiques comme le tourisme, à travers l’animation des villes et des régions.

Rappelons à ce titre l'annulation d'événements d'envergure tels le SIAM, le FICAM, ainsi que les festivals des musiques sacrées de Fès, Mawazine rythmes du monde, Timitar, et bien d'autres activités culturelles, sportives et d'animation. Pour éviter la perte de milliers d'emplois, plusieurs pays dans le monde ont déjà annoncé la mise en place de fonds d’aide, dotés de plusieurs millions d’euros, pour la relance du secteur des ICC. Au Maroc, la FICC considère que la crise du Covid est une opportunité pour accélérer la réforme du secteur. Ceci, à travers l’adoption de deux axes stratégiques, complémentaires et plus bénéfiques à l'avenir. D'abord, un axe basé sur une approche sociale à destination de la jeunesse pour faciliter l’accès aux espaces de vie culturelle et sociale, pour stimuler le potentiel créatif des jeunes et favoriser leur épanouissement.

Ensuite, un deuxième axe repose sur le développement des Industries créatives et culturelles, pour que les entreprises et professionnels qui opèrent dans ces filières bénéficient d’un écosystème favorable à l’émergence d’une réelle économie de la création. Une économie qui pour se construire a besoin de vision, d’ambition, de professionnalisation, de mobilisation. Face à l’urgence de la situation causée par cette crise, et en attendant l’annonce d’une date et d’une décision autorisant les rassemblements pour la reprise de l’activité, la FICC propose 34 mesures d’urgence, transversales ou par filière, afin de préserver les emplois et assurer la relance du secteur des ICC. Concrètement, la Fédération d'exonérer les entreprises pendant 6 mois des charges liées à l’IR, la CNSS et l’AMO de juin à décembre 2020, pour préserver les revenus des salariés du secteur, créer un fonds spécial d’urgence et de rebond pour soutenir les professionnels du secteur et la création toutes filières confondues, outre inciter les régions et collectivités territoriales à engager rapidement les budgets dédiés aux activités culturelles et créatives de l’année 2020.

L'accompagnement les porteurs de projets pour la reprogrammation des événements reportés ou annulés, la mise en place d’un calendrier événementiel adapté aux conditions de déconfinement, et l'accélération de la modernisation du secteur par l’adoption des textes législatifs qui doivent voir le jour (contrat artiste, loi BMDA, extension de l’AMO aux professionnels…) et l'amélioration des process d’attribution des cartes d’artistes, développer des plateformes digitalisées pour la diffusion des créations et productions culturelles, engager un programme de formation professionnelle, figurent parmi les suggestions de la Fédération. Celle-ci a également adressé aux autorités de tutelle une série de recommandations spécifiques, adaptées aux besoins et aux contraintes de chaque filière. Ces mesures visent essentiellement la sauvegarde des emplois, le déblocage et la simplification des procédures et l’octroi de subventions ainsi que l’accompagnement des filières en difficulté.

Y.S.A

 

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