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    Finesse

    Par L'Economiste| Edition N°:4422 Le 17/12/2014 | Partager

    Le Maroc semble tenir ses engagements pour la stratégie gazière. Que l’on ne s’étonne pas si la météo annonce ici une pluie de milliards. Le gaz, c’est de gros soucis de transport, d’infrastructures et donc de financements... à trouver. Mais en principe, c’est aussi une manne pour la facture énergétique, la réduction des émissions polluantes, ainsi qu’un bon client pour le trafic portuaire, lorsque les installations et les terminaux sont bien dimensionnés pour les recevoir. Ce sera donc ces échafaudages qu’il aura fallu préparer en premier avant de rentrer dans le vif du sujet.
    Le Maroc devait tout naturellement étudier les alternatives qui se présentent en matière de diversification énergétique. Cette revendication d’une souveraineté pleine sur le gaz s’est nourrie d’un contexte favorable, l’arrivée du gazoduc Maghreb-Europe en 1996, lequel posait l’opportunisme d’autres contreparties que la redevance pour le tronçon marocain, puis le démarrage en 2002 de la centrale à cycle combiné Tahaddart qui permettait d’expérimenter l’option gaz sur le plan technique.
    Bien entendu, il y aura sans doute quelques préalables, incontournables pour transformer l’expérimentation en réussite économique et commerciale. Trois écueils devraient être particulièrement évités. Le premier est de déployer un dispositif de régulation sain, décisif pour l’accès aux réseaux, les prix, les marges mais aussi garant de l’efficacité du système. Le deuxième est de s’assurer que ce nouvel environnement va se traduire par l’émergence d’une filière industrielle du gaz. Et sur ce front, il faut le reconnaître, l’on n’en voit pas les prémices pour l’heure. Le troisième est de ne pas laisser enfler une bulle de fausses illusions. Comme de faire croire aux consommateurs que les ouvertures dans le gaz vont se traduire systématiquement par une baisse des tarifs, en faisant fi des coûts de production et de transport. Le gaz est donc un dossier qu’il faudra piloter en finesse.
    Mohamed Benabid

    Mohamed Benabid

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