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L'Edito

Boucan

Par L'Economiste| Edition N°:4223 Le 28/02/2014 | Partager

Commençons d’abord par la moitié remplie du verre. Lorsque vous croisez  de près Mohamed Louafa, la première impression vous pousse  à revoir votre copie sur le personnage. C’est peut-être un spécialiste des phrases bling-bling.
Il a sans doute créé une situation inédite dans les annales politiques où un parti, l’Istiqlal, dont il se revendique toujours, est représenté à la fois dans la majorité et l’opposition. En revanche, il serait malhonnête de ne pas souligner sa maîtrise de nombreux dossiers (sauf sa version sur les arbitrages des centrales électriques où l’on n’est pas forcément d’accord). Tant mieux car l’on peut y voir une prise de conscience d’une partie des problèmes importants du pays, ou du moins l’hypothèse que ce gouvernement tente de chercher une politique mais… il y a un grand mais et  c’est la moitié vide du verre.
Il y a d’abord cette impression de cacophonie chez l’équipe aux commandes comme nous l’avions révélé en exclusivité sur l’affaire des zones industrielles. Ce n’était pas si grave si le feuilleton  ne concernait pas un dossier aussi stratégique que le foncier et deux portefeuilles incontournables pour le climat des affaires: le commerce et l’industrie d’une part, le ministère chargé des Affaires générales et de la Gouvernance d’autre part. Le plus grave c’est que l’on n’en soit même pas à la convergence de principe. Quant aux agendas…
Entre les engagements des uns, et les hésitations des autres, l’opinion ne sait pas à quoi s’en tenir. Louafa est pour, Elalamy semble mitigé, le chef de gouvernement on ne sait pas trop. Voilà le genre de crises qui provoque un boucan infernal. Bien sûr,  il y aura eu d’autres bisbilles au sein de la majorité tant avec Benkirane I que II et avec point d’orgue parfois des demandes de révision de la charte. Quant au sentiment laissé par ce feuilleton, il  n’est pas aimable à exprimer: inquiétude.

Mohamed BENABID

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