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Société

Voyage poétique à travers le Mouachah et le Zajal
Par Mouna Hachim

Par L'Economiste | Edition N°:3258 Le 20/04/2010 | Partager

La date du 21 mars a été instituée par l’Unesco depuis 1999 journée mondiale de la poésie. L’occasion de se pencher sur un genre littéraire jugé par certains comme anachronique, dérisoire ou déconnecté des réalités… Pourtant, à travers la force symbolique de la poésie, c’est toute une vision du monde qui est suggérée, dans l’engagement ou comme voix sublimée. Ce sont toutes les formes artistiques qui sont embrassées: la musique, le théâtre, la peinture, l’oralité… C’est, au-delà des individualités, un ensemble de thématiques qui est élaboré, incitant à la réflexion sur sa portée humaniste et son universalité.Dans le sillage de ce rapprochement des frontières, nos pensées voguent naturellement vers deux genres poétiques au destin fabuleux: le Mouachah et le Zajal. Nés tous les deux en Andalousie, ils s’épanouissent non seulement au Maghreb et en Orient mais marquent de leur empreinte l’Occident, formant selon le musicologue et philologue espagnol Julián Ribera «la clef mystérieuse qui explique le mécanisme des formes poétiques des divers systèmes lyriques du monde civilisé au moyen âge».Mais, commençons d’abord par la genèse de cette poésie qui marque une rupture avec la Qacida arabe orientale, ode épique, composée de manière conventionnelle sur le même mètre et sur une rime unique depuis la période pré-islamique, avec comme prélude l’amour; et pour symboles significatifs dans un milieu nomade, la description d’Al-Atlâl ou les vestiges des campements désertés de l’aimée. Plus tard, dans une Andalousie indépendante du Califat d’Orient, la poésie elle-même se débarrassa progressivement du carcan rigide du poème oriental. Evidement des poètes continuent à briller dans le registre classique, tel Ibn Zaydoun chantant au XIe siècle son amour-passion pour la princesse Wallada dont le salon littéraire jouissait d’une belle renommée. Mais la révolution poétique est désormais engagée contre la rigueur de la prosodie, cédant la place à deux genres nouveaux, de composition strophique, d’inspiration populaire: d’abord le Mouachah, puis le Zajal de langues respectivement, classique et dialectale. Principales caractéristiques: la liberté métrique, la souplesse linguistique et le lien à la musique.Les premiers Mouachahs (nom dérivé de Wouchah, ceinture incrustée) sont attribués au Xe siècle à un poète aveugle de Cabra, Mouqaddam Ibn Mou’âffa se démarquant par un refrain final, appelé khardja, composé en langue romane et caractères arabes (l’aljamiado). Quant au Zajal analogue, prenant la forme de récit narratif en langue populaire, un de ses maîtres incontestés est Ibn Quzmân, né à Cordoue vers 1078, auteur d’un fameux recueil.Jugé vulgaire, ce lyrisme est d’abord dédaigné par les poètes classiques, restant l’apanage des corporations d’artisans et des petites gens, avant d’être adopté par les mystiques. A leur tête figure Ibn Arabi et après lui Abou-l-Hassan Shoushtari, sensibles sans doute à la puissance incantatoire du rythme et à la simplicité cristalline propice à l’audition spirituelle (Samaâ) favorisant par là, la légitimation auprès de grands lettrés tel le vizir Ibn al-Khatîb. Par ailleurs, ces textes poétiques qui comprennent des fragments en roman constituent les premiers témoignages d'une poésie en cette langue, posant de ce fait, la question complexe des influences entre les lyriques arabe, hispanique et celle des troubadours en langue d’oc dans le Midi de la France, tout en signalant que la lyrique arabe reste antérieure «sur la plus ancienne et documentée poésie romane tant de l’Espagne elle-même que de Provence, de France et d’Italie».Malgré les réticences, la thèse de l’influence arabe sur la rime et le mètre des troubadours est retenue depuis le XVIe siècle par le philologue italien Giovanni Maria Barbieri, appuyé au XVIIIe siècle par le père jésuite et savant Juan Andrés, le bibliothécaire du duc de Madère Girolamo Tiraboschi…Cette théorie est reprise par de nombreux autres médiévistes, en raison du rapprochement géographique et de la large communicabilité entre les deux mondes par le biais des alliances, des voyages, de la guerre; et surtout, en raison des similitudes, aussi bien thématiques que formelles des deux côtés des Pyrènes. Les genres romans (villancico, cantiga, canso, ballades, rondets, lauda…) présentent en effet des ressemblances frappantes avec le Zajal et le Mouachah que ce soit sur le plan de la répartition des rimes ou de la composition strophique. Ajouté à cela, l’analogie thématique dont l’axe central est la célébration par les troubadours du «fin’amor» ou amour courtois, codifié auparavant par le grand penseur Ibn Hazm dans son Traité sur l’amour et les amants, intitulé «Tawq al-Hamama» (Le Collier de la Colombe). Traversant les frontières, cette poésie lyrique, inséparable de la musique qui l’accompagne assure par là sa transmissibilité de génération en génération et prend différents noms selon les régions où elle s’épanouit avec ses spécificités propres, en Afrique du Nord, en Turquie, en Syrie ou au Liban: Gharnati, Al-Ala, Al-Maâlouf, Al-San’a, Tawchîh, Mouachahate…Trait d’union entre l’Orient et l’Occident, entre les musulmans, les juifs et les chrétiens, cette poésie est en elle-même une mine d’enseignements sur la vitalité des échanges interculturels. On ne s’étonne pas d’y découvrir un poète musulman mêlant, dans un même texte, de l’arabe et du castillan, un poète juif passant de l’arabe à l’hébreu; tandis que dans son vieux français, un troubadour du nom d’Adenet le Roi, mort vers 1300 nous déclare allègrement: «Se vos savoir en voulez Plus avant en Espagne Alez Ou à Touled ou à Sébille Je ne sais pas en laquelle vile De ces deux plus tost-trouveriez».

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