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Thon rouge: Trop d’enjeux économiques

Par L'Economiste | Edition N°:2913 Le 02/12/2008 | Partager

. Le moratoire sur la pêche rejeté . Une réévaluation des réserves prévue en 2010Menace sur le thon rouge! L’alerte a été donnée par l’ICCAT (Commission internationale pour la conservation des Thonidés de l’Atlantique), relayée par bon nombre d’ONG. Comment en est-on arrivé là ? Dans une récente étude, Greenpeace dénonce, images à l’appui, les pratiques illégales entachant la pêche au thon en Méditerranée, comme le recours illégal aux avions de repérage des bancs de poissons, l’utilisation de filets maillants-dérivants et les transbordements illégaux. Les déclarations sous de fausses appellations (thon obèse au lieu du thon rouge), le recours massif à des pavillons de complaisance (bateaux immatriculés dans des pays non-membres de l’ICCAT) pour dissimuler des captures, sont également pointés du doigt. Selon l’ICCAT, environ 700 bateaux de diverses nationalités pêchent le thon en Atlantique Est et en Méditerranée, ce qui correspond à une capacité de pêche de 50.000 tonnes. Le thon représente une des viandes les plus chères au monde, surtout pendant les fêtes de fin d’année. 60% de la pêche au thon sont destinés au Japon, où il est utilisé pour la confection des sushis et des sashimis. Le thon rouge est donc victime de son succès.«C’est en 2006 que le SCSR, Comité permanent de la recherche et des statistiques dépendant de l’ICCAT, a démontré qu’il y avait surpêche de ce poisson et qu’il fallait ramener le TAC (Total Allowable Catch), c’est-à-dire les quotas de pêche autorisés, qui étaient de 32.000 tonnes par an, à 15.000 tonnes», déclare Driss Meski, secrétaire exécutif de l’ICCAT. «Mais en raison des intérêts en jeu, le TAC a finalement été fixé à 29.500 tonnes. C’est la recommandation 06-05 fixant les conditions de pêche, le quota de chaque pays, les rapports à communiquer à l’ICCAT, les mesures de gestion, le contrôle et l’information à reporter régulièrement au secrétariat de l’organisation», poursuit Meski. Cette recommandation a provoqué un tollé chez les ONG, car elles voulaient se conformer aux recommandations du comité scientifique de l’ICCAT qui fixait le TAC à 15.000 tonnes. Outre la réduction des quotas, les ONG prônaient aussi la fermeture précoce de la pêche industrielle, une taille minimale de capture (30 kg) correspondant à la maturité sexuelle de l’espèce, la mise en place d’un corps d’observateurs neutres, etc. Certaines ONG étaient même allées jusqu’à réclamer un moratoire, le temps nécessaire à la reconstitution des stocks.«Le SCSR avait estimé la surexploitation à 60.000 tonnes environ, au lieu des 30.000 prévues en 2006. C’est la raison pour laquelle l’ICCAT a élaboré un plan d’aménagement 2008-2010», déclare Zakia Driouich, chef de la direction des pêches maritimes et de l’aquaculture. Ce plan prévoyait un quota dégressif de 27.000 tonnes en 2006 et de 25.000 en 2010. «L’évaluation à mi-parcours a permis de constater que le quota prévu en 2008 a été largement dépassé. Par conséquent, il est devenu impératif de ramener les quotas à 15.000 au lieu des 27.000 tonnes prévues initialement», explique Driouich. «Pour des raisons historiques dans l’activité, le Maroc a milité pour avoir une bonne clé de répartition. Ainsi, sur un quota total de 22.000 tonnes, il s’est vu accorder, pour 2009, une part de 10% du quota global, soit environ 2.180 tonnes, majorées d’un reliquat de 327 tonnes. Pour 2010, le Maroc aura un quota de 1.995, plus un autre reliquat de 327 tonnes, ce qui donne un total de 2.100 tonnes environ», explique Driouich.


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A l’issue d’âpres discussions, les membres de la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique (ICCAT) sont arrivés à un accord fixant de nouveaux quotas de capture pour le thon rouge dans l’Atlantique et en Méditerranée. Ainsi, le quota total de pêche passera de 28.500 tonnes cette année à 22.000 l’an prochain, puis à 19.950 tonnes en 2010. Outre la détermination de nouveaux quotas, des recommandations ont été formulées et devraient entrer en vigueur dans 6 mois. Il s’agit d’un contrôle rigoureux des captures, de la taille minimale des poissons (inférieure à 30 kg). La fermeture précoce de la pêche au thon rouge, l’embarquement d’observateurs sur les bateaux ciblant le thon rouge, le renforcement du contrôle par la balise VMS (Vessel Monitoring System) sont également préconisés.Hassan EL ARIF

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