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Politique

Radi contre la polarisation au forceps

Par L'Economiste | Edition N°:3257 Le 19/04/2010 | Partager

. On ne peut pas forcer les partis à être dans des blocs. La Koutla doit être renforcée au niveau bilatéralConsultations avec tous les partis, Koutla, alliances pour 2012… Abdelouahad Radi dévoile la vision de l’USFP. Le premier secrétaire ne voit pas la nécessité d’établir des alliances avant les élections. Sur la polarisation, il ne comprend pas comment on peut caser un parti dans un bloc ou à un autre. - L’Economiste: Vous venez d’être élu président de la Chambre des représentants. Quelles seront vos premières actions sachant que vous connaissez la maison pour l’avoir dirigée pendant 10 ans?- Abdelouahad Radi: Les tâches constitutionnelles de contrôle du gouvernement et de diplomatie parlementaire. Mais il y a aussi la crédibilisation de la vie politique, un vrai problème de confiance dans les instances élues. Sur le plan législatif, nous devons trouver des solutions pour réviser les lois électorales, celle relative aux partis politiques pour combattre le nomadisme. Il faut redonner confiance à la population dans la politique. En ce qui concerne le Parlement lui-même, il a besoin de crédibilité.- L’absentéisme fait ravage. Que faire pour stopper l’hémorragie?- Le règlement intérieur comprend toutes les sanctions possibles et imaginables. Mais le problème est de savoir comment s’assurer qu’une personne est vraiment absente ou présente. Par le passé, nous avions établi des listes pour contrôler. Mais cela n’a pas marché. Les parlementaires ne voulaient pas être contrôlés par l’Administration. Nous avions même installé des appareils, avec cartes magnétiques à distribuer aux parlementaires de l’époque dont certains avaient refusé de les prendre. Car l’Administration et le Parlement n’ont aucun pouvoir sur les députés. Ce sont donc les partis et les électeurs qui peuvent exercer des pressions sur eux. Si nous voulons aller au fond des choses, il faudra intéresser les députés pour qu’ils viennent au Parlement. Il n’y a pas de motivation. Il faut à la fois avoir des moyens d’attraction et en même temps avoir une pression morale pour que le problème de l’absence soit progressivement résolu. Nous allons essayer de trouver une solution pour que les députés soient au moins présents lors des séances de vote. Parce que le vote est un devoir. Et lors des votes, nous allons contrôler et sanctionner les absents dans les commissions ou en plénière. Pour les questions orales, nous pouvons comprendre l’absence des députés des régions lointaines. - Et les mesures prises par votre collègue de la Chambre des conseillers.- Je ne suis pas au courant. Nous allons avoir une concertation entre les deux chambres pour travailler de manière complémentaire. Il ne faut pas qu’il y ait une initiative d’une seule chambre, mais les deux en harmonie.- Certains de vos amis à l’USFP ont souhaité voir Abdelouahad Radi se consacrer totalement à la mise à niveau du parti au lieu de se disperser avec la présidence de la première chambre? - Ils me l’ont déjà dit. J’ai répondu que j’étais un député. Par devoir, je devrais être au Parlement. Je dois travailler dans les commissions et en plénière et donc ma présence y est obligatoire. Alors que je sois au Parlement comme député ou comme président, cela va me demander le même temps. Donc je suis dans les normes. Je leur ai dit aussi que dans la vie, je n’ai pas d’autres centres d’intérêt que la vie du parti. Et par conséquent, je consacrerai tout mon temps au Parlement et au parti. Comme je disais quand j’étais ministre de la Justice, au lieu de travailler 6 heures, je ferais le double. Je pense que l’ensemble des organes du parti sont d’accord pour que je fasse ce genre de travail. - Dernièrement, vous avez engagé des consultations avec plusieurs partis. Quels en étaient les objectifs? - L’USFP. Nous sommes convaincus que nous ne pouvons pas faire avancer les réformes tous seuls. Aucun parti n’arrivera à le faire en solo. Le Maroc a besoin de réformes dans différents domaines: politique, économique et social. Par conséquent, il faut qu’il y ait un maximum de partis qui adhèrent à ces réformes. Et l’histoire du Maroc a montré que lorsque la nation arrive à se mettre d’accord avec la bénédiction de l’institution monarchique, les choses avancent. Sur toutes ces réformes, nous essayons de trouver un terrain d’entente. C’est un acte de modestie et de responsabilité qui vise l’unité. Nous avons un devoir de rassembler pour faire avancer les chantiers. Car nous avons la conviction qu’au Maroc il n’y a pas de crise politique mais une crise de mœurs politiques. Le comportement de certains hommes politiques est grave. Comme donner de l’argent pour être élu, et une fois il l’est, change de camp et finit par s’absenter du Parlement. C’est cela le vrai drame du Maroc.- Vos retrouvailles avec l’Istiqlal visent-elles à réanimer la Koutla?- Nous essayons d’avoir une nouvelle vision politique. Discuter avec l’un n’est pas nécessairement être contre l’autre. Nous dialoguons avec tout le monde, sans tabou. Pour la Koutla, il faut avoir de bonnes relations sur le plan bilatéral pour pouvoir lui donner la force nécessaire. Ce n’est pas bien de faire des annonces et décevoir les gens qui attendent. Avec nos alliés, nous avons traversé des périodes de turbulences. Il faut calmer le jeu et dépasser tout cela. Une fois nos relations bien renforcées, nous pourrons alors relancer la Koutla.- Y a-t-il un calendrier?- Nous y travaillons. Nous avons formé ensemble des commissions. Le succès de la coopération est sur le terrain, avec des projets. Nous avons des commissions avec l’Istiqlal et une avec le PPS qui travaillent sur des dossiers. C’est du concret. La Koutla est ouverte pour d’autres.- Pour le PAM aussi?- Pourquoi pas!- Vous avez étendu vos consultations au PAM.- Nous avons ouvert le dialogue avec tout le monde. L’Istiqlal, le PPS, le MP, le PAM, le RNI, jeudi dernier. La semaine prochaine avec le PJD, l’UC et les partis de la gauche. Il n’y a aucune exclusivité. Le MP existe depuis 1957, l’Ittihad depuis 1959 et nous n’avons jamais organisé de réunion officielle avant la dernière fois. Ce n’est pas normal. Nous devons nous connaître. C’est une nouvelle culture politique. Les relations entre les partis ce n’est que la tension ou la bagarre. - La rencontre avec le PAM, c’est juste pour se mettre d’accord sur les réformes nécessaires pour le Maroc de demain ou est-ce pour un rapprochement en vue d’une alliance avant 2012?- C’est la connaissance qui vous prépare à coopérer ou non. Ceci dit, nous ne pouvons pas commencer à parler d’alliance maintenant. On en parle lorsqu’il y a eu des élections avec un rapport de force. On discute d’une alliance gouvernementale. Et le plus important sera le programme d’action. A l’USFP, nous sommes étonné qu’on aborde les alliances à ce stade-là, bien avant les élections. Moi, je dis à mes interlocuteurs, ce n’est pas normal qu’au Maroc, après 50 ans d’exercice démocratique, on n’est pas encore d’accord sur les règles du jeu. La politique ce n’est pas que la lutte de pouvoir en permanence.- On parle de la polarisation de l’échiquier politique. Qu’en pensez-vous?- On veut forcer les gens et les caser dans des blocs. Chacun a le droit de se positionner lui-même. Personne n’a le droit de le faire à leur place. Cela ne vient pas d’une manière artificielle. Et cela prend du temps. Cela doit correspondre à la volonté de la population. - Quand pensez-vous prendre votre retraite politique?- Je n’ai jamais été candidat à un poste. A chaque fois, ce sont les autres qui me demandent d’assumer une responsabilité. Et cela depuis toujours. A la justice, je n’ai pas été candidat. Au congrès du parti, ce sont des amis qui m’ont poussé à proposer ma candidature. Si le pays ou le parti a besoin de moi, c’est de mon devoir de répondre présent. Sinon c’est non-assistance à personne en danger. Mais je ne suis pas prétentieux, ce sont les cimetières qui sont remplis de personnes indispensables. Pour la question de retraite, je ne suis pas un homme de ruptures violentes. Le moment viendra où je me retire de manière naturelle.


Conférence organisationnelle en mai

L’USFP met les dernières touches à une conférence nationale tournée sur l’organisation. Elle doit se tenir en mai prochain. Beaucoup d’espoir est mis dans cette rencontre qui devra traiter des questions décisives pour l’avenir du parti. «Cette conférence va s’attaquer à la rénovation de l’organisation de l’USFP, aux procédures pour bien préciser les tâches de chaque structure, les responsabilités régionales, nationales,… C’est l’occasion d’arrêter un programme de travail pour les sections, les régions et de moderniser notre appareil, nos locaux en les équipant des NTI et en recrutant du personnel permanent pour en finir avec l’amateurisme», souligne le premier secrétaire du parti. Pour lui, il est impératif de répondre aux questions qui sont à la base de tous les problèmes: comment procéder pour choisir les candidats aux différentes élections? Comment organiser la compétition, élargir les bases du parti… Selon lui, il est normal qu’il y ait une compétition interne mais il faut qu’elle soit morale et honnête. La même chose pour le choix des dirigeants pour que le meilleur gagne. Pendant le congrès, les militants n’avaient pas le temps de traiter le rapport de la commission de l’organisation. Alors une commission préparatoire s’est réunie des dizaines de fois pour élaborer une plateforme actuellement entre les mains des rapporteurs pour les dernières retouches à la lumière des remarques des membres de la commission. Cette plateforme sera discutée au niveau des sections, des provinces et des régions pour prendre l’avis des militants. Une fois les remarques introduites dans la plateforme, la conférence sera convoquée.Propos recueillis par Mohamed CHAOUI

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