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Culture

Musiques sacrées de Fès
A la rencontre des festivaliers

Par L'Economiste | Edition N°:3294 Le 09/06/2010 | Partager

. Une population éclectique et cosmopolite . Un esprit de tolérance et d’échange LA ville brille. Les places et les marchés s’animent. «Si tu diffères de moi, frère, loin de me léser, tu m’enrichis». Les propos d’Antoine de Saint Exupéry repris par le célèbre calligraphe Hassan Massoudy dans l’une de ses œuvres exposées au Festival des musiques sacrées du monde, résume à elle seule l’atmosphère riche de différences et de rencontres qui règne à Fès. A Bab Makina, comme à Bab Boujloud, Dar Tazi et Aït Sekkatou, le public est au rendez-vous des musiques et chants soufis, mais aussi à la quête des artistes populaires comme Najat Aatabou qui s’est produite, dimanche soir, à Bab Boujloud.«On revient au Festival tous les ans depuis 5 ans car on y découvre d’autres cultures, musiques et traditions, car on y fait toujours de belles rencontres. Les gens sont plus ouverts à l’échange que d’habitude. Comme ils disent ici, c’est l’esprit de Fès !». Kito est une retraitée tout juste arrivée de France pour le Festival avec ses trois copines habituelles. Elles rient aux éclats autour d’un thé à la menthe dans un café de la vieille médina. «Ici on est vraiment au cœur de la ville qui bat !». Envoutées par le festival depuis plusieurs années, c’est surtout l’atmosphère de rencontres et d’échanges propre à l’événement, qui les fait revenir à chaque nouvelle édition. Venus des quatre coins du Maroc ou du monde, les festivaliers déambulent entre les murailles ocres de la cité impériale ou dans les ruelles labyrinthiques de la vieille médina, la plus grande zone piétonnière du monde, inscrite au Patrimoine de l’humanité par l’Unesco en 1981. Pour les visiteurs, le voyage commence sans doute ici. Par une traversée au cœur de la ville, à la découverte des traditions millénaires qu’elle recèle. En s’approchant des différents sites de concerts, les sens sont en alerte au milieu des saveurs, des odeurs et des notes de musique s’échappant à chaque coin de rue. La ville devient le temps du festival le théâtre d’un rassemblement insolite: jeunes hippies en bandes colorées, familles avec enfants, groupes de Marocains branchés ou encore couples de retraités européens. Une population hétéroclite, reflet de l’étonnant métissage culturel des groupes de musique qui se propduisent dans le cadre du festival. Stacy est une américaine de 23 ans qui vit à Fès depuis un an pour des recherches. «Depuis que j’habite ici tout le monde me parle du festival en me disant que c’est l’événement à ne pas manquer à Fès. Je me devais d’être là !». Des amis habitant au sud du Maroc l’ont rejoint pour partager avec elle ce premier week end. L’ambiance est à la fête et à la rencontre avec d’autres groupes de jeunes. «C’est la première fois que je vois Fès avec une telle ambiance nocturne ! Normalement il n’y a plus personne dehors après 21h !». Derrière son étal, Hamid observe toute cette agitation avec amusement. Depuis 15 ans il tient son épicerie dans la médina. De son magasin, il ne peut voir les concerts, mais voit passer les milliers de touristes que le festival attire. «Evidemment c’est bon pour la ville et pour son économie. Mais j’aurais aimé pouvoir aller voir les spectacles. Ils pourraient quand même faire un tarif pour les habitants de Fès car, ici, presque personne n’a les moyens de dépenser 300 ou 500 DH pour un concert!». Ce sont donc d’autres Marocains, plus aisés, qui ont fait le voyage et ont pu s’offrir le forfait pour le festival. Ils viennent de Casablanca pour la plupart ou encore de Rabat. Comme ces deux jeunes couples casablancais venus pour l’ouverture du festival. «On vient depuis 2 ans, car à chaque fois c’est une expérience extraordinaire. On a l’impression de partir à l’étranger tout en restant au Maroc!», explique la jeune Fatima, commerciale à Casablanca.Youness SAAD ALAMI et Nina Montagnier (journaliste stagiaire)

Zen attitude

LOIN de l’agitation des ruelles de la vieille ville, au musée Batha, sous un chêne plusieurs fois centenaire, l’atmosphère est à la méditation musicale. Devant des danses acrobatiques et rituelles indiennes ou encore des chants traditionnels tanzaniens, le public ébloui, ferme les yeux, se laissant emporter par la musique. Après le concert, un couple japonais tout droit arrivé de Tokyo se balade émerveillé dans les jardins de l’ancien palais. «Nous étions surtout venus pour Ben Harper et nous étions très déçus quand nous avons appris qu’il ne venait pas. Mais au bout d’une journée nous avons oublié notre déception, on a même décidé de prolonger notre séjour!». Une sensation de bien-être et de magie partagée par de nombreux festivaliers. Au cœur d’un lieu chargé des intenses vibrations de son passé, entre les musiques sacrées du festival et la variété étonnante de population, ce mélange unique au monde a conquis le public depuis 16 ans. Sans oublier cette impression saisissante d’être hors du temps, porté par l’intemporalité du sacré.

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