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Lucio Guerrato, chef de la Délégation Européenne à Rabat : Zone de libre-échange: "Il ne suffit pas de légiférer"

Par L'Economiste | Edition N°:403 Le 18/12/1998 | Partager

La dernière ratification de l'accord d'association approche. M. Lucio Guerrato, chef de la Délégation Européenne à Rabat, livre ses impressions sur l'aboutissement de la zone de libre-échange et les adaptations qu'elle suppose.

- L'Economiste: A quel stade se trouve aujourd'hui la
ratification de l'accord d'association?
- M. Lucio Guerrato:
Si vous vous référez à l'accord en lui-même, le traité a été ratifié par tous les pays membres excepté l'Italie. La dernière crise gouvernementale en Italie a quelque peu ralenti le processus législatif. Le dossier est maintenant entre les mains de la Commission des Affaires Etrangères du Sénat italien qui décidera. Je souhaitais qu'il aboutisse au cours de cette année, mais je crois malheureusement que c'est peu probable.

- Qu'est-il fait aujourd'hui pour préparer l'entrée en vigueur de cet accord et de la zone de libre-échange (ZLE)?
- Des contacts ont été déjà pris à ce sujet entre l'Administration marocaine et les services à Bruxelles fin novembre, lors de la première réunion préparatoire de l'accord d'association. Il y a lieu de signaler que dès que l'accord sera ratifié, un comité d'association sera installé. Il aura pour charge de suivre la mise en oeuvre des différents éléments de l'accord. Les questions à traiter concernent en particulier le démantèlement tarifaire du Maroc, mais aussi les contingents agricoles, la propriété industrielle et bien évidemment l'harmonisation douanière.
Je signale à ce sujet que la Commission a préparé récemment une communication en matière de l'harmonisation juridique entre l'espace méditerranéen et le marché unique européen qui sera probablement présentée au Conseil des Ministres de Stuttgart dans le cadre du dialogue euro-méditerranéen.

- Outre cet aspect juridique, quelles sont les autres adaptations requises du côté marocain?
- Ce sont celles que les opérateurs marocains connaissent mieux que moi et qui sont à l'étude ou en cours de mise en oeuvre, à savoir la réforme de la Justice, de l'Administration, la mise à niveau des infrastructures.
Beaucoup a déjà été fait. Il faut avouer que l'activité législative du gouvernement précédent et de ce gouvernement est, sous certaines mesures, impressionnante. Reste qu'il ne suffit pas de légiférer, il faut aussi mettre en oeuvre. Là réside la difficulté. Regardez par exemple la complexité du dossier d'institution des tribunaux de commerce.
De fait, il y a deux grandes actions à mener: une au niveau national, qui est celle de rendre l'économie et les structures internes plus performantes, et puis une autre à un niveau international créant un réseau de normes qui facilitent la circulation des biens, des services et des capitaux dans l'espace méditerranéen.

- Et l'entreprise dans tout cela?
- Elle doit évoluer. L'entreprise doit pour cela exploiter son environnement et s'y adapter. Il ne faut pas voir l'arrivée de la ZLE de manière aussi catastrophique. En réalité, le marché se segmentera avec l'apparition de nouveaux créneaux qui offriront des possibilités pour tout le monde. Des exemples réussis existent. Prenez le cas du Portugal dont la situation n'était pas très différente de celle du Maroc au moment de son adhésion à l'UE. Au contraire des appréhensions des entrepreneurs au départ, l'économie portugaise est devenue en peu de temps l'une des plus performantes en Europe. Le pays a développé son marché intérieur, trouvé de nouveaux produits d'exportation...
Les montants d'aide alloués au Portugal à l'époque n'étaient pas très différents de ceux que reçoit actuellement le Maroc. Ce dernier reçoit en moyenne pour près de 150 millions d'Ecus (l'équivalent de 1,6 milliard de DH) par an en dons, à ajouter aux prêts à taux bonifiés de la BEI.

- Concernant la mise à niveau, pensez-vous que les fonds alloués dans le cadre de programmes européens ont été bien utilisés par les entreprises?
- Il ne faut pas perdre de vue que les fonds alloués par l'Europe sont des dons. Nous ne pouvons pas les donner à une entreprise ou une autre. Ce qui peut être fait par contre, c'est attribuer les dons à des structures qui procèdent à des actions transversales comme la formation du personnel, la gestion de la qualité ou le soutien au fonds de garantie. Il y a aussi le Centre Euro-Maroc-Entreprise qui a lentement démarré, mais qui commence aujourd'hui à fonctionner normalement.

- Comment évaluez-vous dans l'ensemble les projets présentés au financement par des programmes d'aide européens?
- Les projets qui nous ont été présentés par le gouvernement marocain sont dans leur ensemble satisfaisants. Preuve en est que la plus grande partie des dossiers présentés a fait l'objet d'un financement. Quelques fois, l'état des dossiers n'était pas suffisant pour procéder à un financement immédiat, ce qui a pris du temps pour satisfaire certaines requêtes. Mais maintenant, les procédures de consultations sont rodées et la coopération fonctionne beaucoup mieux que par le passé.

Propos recueillis par Ghassan KHABER

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