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Culture

Les lions de Saddam Hussein se meurent

Par L'Economiste | Edition N°:1499 Le 16/04/2003 | Partager

. Les grosses bêtes sont affamées et assoiffées faute d'entretien. Les animaux étaient la passion d'Oudaï, le fils aîné de SaddamDans un enclos entouré d'un grillage haut de quatre mètres, dans la partie de l'immense complexe présidentiel, en plein centre de Bagdad, les deux léopards de Saddam Hussein arrivent à peine à se lever quand des personnes veulent s'approcher d'eux.Assommés par la chaleur et tiraillés par la faim, ils sont allongés à l'ombre. Leurs pattes flageolent et ils doivent se reprendre à plusieurs fois pour se mettre sur pied. Ils avancent lentement, presque en se traînant, l'oeil vide, près de la grille.A l'autre bout de l'enclos, un lion, une lionne et trois lionceaux sont allongés épuisés, assoiffés également dans le lieu le plus obscur de l'enclos. La famille est sans énergie et les lionceaux se tiennent près de leur mère. L'odeur est suffocante.«Il y a aussi un ours brun mais, aujourd'hui, il n'est pas visible«, dit un sous-lieutenant américain, Karl Hoempler, dont l'unité est basée à proximité de ce qui fut le zoo du palais. «Personne n'ose entrer, car nous ne savons pas comment traiter ces animaux. L'unité vétérinaire n'est pas là et nous ne savons pas comment les nourrir. Alors nous leur donnons des rations ou ce que nous pouvons trouver«, ajoute-t-il en montrant des sachets déchirés devant le grillage.La nourriture est bien sûr insuffisante, car un lion mange en moyenne huit kilogrammes de viande par jour.Des moutons sont enfermés dans un hangar et l'un d'eux gît mort, déjà couvert de mouches. Trois bergers allemands tournent autour de l'enclos et aboient quand des soldats approchent.«Nous-mêmes, nous ne mangeons pas de viande depuis que nous sommes partis en guerre, alors comment voulez-vous que nous les nourrissions«, ajoute le lieutenant en second.A côté se trouvent les habitations des employés chargés de s'occuper de ces bêtes. Des vestes sont jetées sur les lits, des cahiers et des livres en arabe traitant des animaux jonchent le sol, comme s'ils étaient partis précipitamment.Les animaux étaient la passion d'Oudaï, le fils aîné de Saddam. Il avait d'ailleurs offert deux tigres et cinq lions au zoo de Bagdad. Le jardin zoologique est aussi totalement dévasté, car il fut un champ de bataille durant la prise de Bagdad. L'armée irakienne avait placé des pièces d'artillerie qui ont été pulvérisées par l'armée américaine. Des soldats américains patrouillent dans les allées non loin de deux dromadaires totalement apeurés par un tel déploiement de troupes. Ils avancent ensemble en se gardant bien de s'approcher des hommes armés et se nourrissent des feuillages des arbres.Les répercussions de la guerre ont en tout cas eu des effets inimaginables sur les symboles du régime irakien. Le cours du dinar irakien s'envole sur eBay. La valeur du dinar irakien a beau avoir plongé depuis la chute du régime de Saddam Hussein, son cours s'envole sur le site Internet d'enchères américain eBay, où certaines coupures de la devise irakienne dépassaient lundi la parité avec le dollar américain. Dans la liste diverse et variée de quelque 5.400 articles liés à l'Irak, figuraient cette semaine plusieurs dinars, dont quelques billets de 10 dinars en bon état mis en vente à partir de 10 ou 15 dollars, ou un billet de 25 dinars un peu délabré aussi offert à 10 dollars. Actuellement, un seul dollar s'échange entre 3.500 et 4.000 dinars, soit le double qu'en août dernier. Il y a treize ans, avant l'invasion du Koweït par les troupes de Saddam Hussein et l'embargo des Nations Unies qui a suivi, le dinar valait 3,20 dollars.«Maintenant que Saddam Hussein est déchu, il n'apparaîtra plus jamais sur d'autres pièces de monnaie«, écrit le détenteur d'un billet de 10.000 dinars offert aux enchères à 60 dollars. «Toute la monnaie à son effigie vaudra sous peu une fortune«, assure-t-il. «Ces billets ne seront plus imprimés et sont assurés de devenir un article pour de vrais collectionneurs«, selon un autre vendeur. «Bonne chance et que Dieu protège nos troupes«.Synthèse L'Economiste

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