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Culture

Le théâtre se déplace vers les quartiers défavorisés

Par L'Economiste | Edition N°:3255 Le 15/04/2010 | Partager

. Des formations en faveur de jeunes de Sidi Moumen et Sidi Bernoussi . La Fondation des Arts Vivants prépare un festival sur Molière «IL y a trente ans, à mon retour de Paris, j’ai voulu monter une troupe de théâtre et une maison de la Culture. Ces projets ont échoué et je me suis lancé dans la publicité. Il y a six ans, j’ai enfin réalisé mon rêve en créant la Fondation des Arts Vivants». C’est en ces termes que le publicitaire Noureddine Ayouch, 65 ans, exprime sa passion pour le théâtre, qui remonte à son enfance. Dès l’âge de dix ans, Noureddine faisait l’école buissonnière avec ses amis de l’école pour écrire, monter et jouer des pièces de théâtre. Un comportement qui ne plaisait pas beaucoup à ses instituteurs! A 18 ans, le jeune Ayouch s’envole pour Paris pour suivre des études de théâtre au prestigieux cours Dullin, à l’Université du théâtre des Nations et enfin à l’Institut de théâtre de la Sorbonne. En parallèle, il obtient un diplôme en sociologie. «J’ai joué dans plusieurs pièces à l’époque. J’ai obtenu le prix d’interprétation masculine à la Biennale Internationale de théâtre de Paris. Par la suite, j’ai monté plusieurs spectacles en France, en tant que metteur en scène », raconte-t-il, nostalgique. De retour au Maroc, le jeune Ayouch veut se lancer dans une carrière artistique et théâtrale, mais ses rêves sont déçus. Il monte une pièce révolutionnaire, mais est empêché d’en terminer la mise en scène. «Je voulais également enseigner la sociologie à la faculté, mais ma rencontre avec Havas Publicité a changé le cours de mes projets, puis j’ai créé Shem’s», poursuit-il. Si Ayouch abandonne pour un temps ses activités artistiques pour se consacrer aux affaires, il n’en garde pas moins une fibre sociale. C’est lui qui est derrière la création de la Fondation Zakoura Micro-Crédit et de la Fondation Zakoura Education. Puis, il y a six ans, l’homme d’affaires revient enfin à ses premières amours en mettant sur pied la Fondation des Arts Vivants. Au sein de cette fondation, jeunes et moins jeunes peuvent prendre des cours de danse, de théâtre et de cirque, dans le cadre de formations payantes. La Fondation a également à son actif la production d’une pièce de théâtre, «Histoires d’amour en douze chansons, trois repas et un baiser», mise en scène par Faouzi Bensaïdi. Cette pièce a eu un impact national et international puisqu’elle a été jouée en France, en Tunisie, en Espagne, en Egypte et en Algérie. La Fondation a également co-produit deux autres pièces: «Kif Touiar Tar », avec la troupe Tensift de Marrakech et «Il» avec Dabateatr, sur une mise en scène de Jawad Sounani et un texte de Driss Ksikès. La Fondation des Arts Vivants organise aussi depuis cinq ans le festival «Allons au théâtre», dont la cinquième édition se déroule actuellement à Casablanca et qui connaît un beau succès. Ce festival offre la possibilité à de nombreuses troupes marocaines de jouer leurs pièces pendant une douzaine de jours. Depuis sa création, la Fondation organise tous les deux ans le festival international «Théâtre et Culture», avec la participation de nombreuses troupes étrangères. En avril 2011, la quatrième édition sera dédiée à Molière. Enfin, la Fondation forme au théâtre des jeunes de la Fondation Zakoura de l’école non formelle. Des pièces de théâtre sur des textes de Victor Hugo traduits en arabe ont été montées.Un festival national coûte entre 800.000 et 1 million de DH et un festival international entre 2 et 3 millions de DH, confie Ayouch. Des sommes réunies grâce au soutien de la Ville et de la Région de Casablanca et de différentes entreprises privées ou publiques.


Tous en scène

LA Fondation des Arts Vivants a entamé en janvier dernier une action intitulée «Tous en scène», en collaboration avec l’Union Européenne, qui a accordé une subvention pour cette opération. Il s’agit d’une action qui s’étalera sur une durée d’une année, jusqu’en décembre 2010. Plusieurs formateurs dispensent à des représentants d’associations du quartier Sidi Bernoussi et Sidi Moumen des formations dans diverses disciplines: théâtre, expression corporelle, travaux manuels, scénographie et gestion de projets. A l’heure actuelle, 25 personnes bénéficient de cette formation gratuite. A leur tour, tous ces membres d’associations vont animer des ateliers d’une quinzaine d’enfants chacun. Au total, c’est plus de 200 enfants âgés de 6 à 15 ans qui vont bénéficier de cette initiative. La majorité d’entre eux vont pratiquer le théâtre pour la première fois de leur vie. Les cours se déroulent au théâtre Hassan Skalli à Sidi Bernoussi. En décembre prochain, les bénéficiaires vont présenter un spectacle final à Sidi Bernoussi.


Dynamique ponctuelle

AVEC le Festival «Allons au théâtre», qui se poursuit jusqu’au 18 avril, le théâtre connaît une véritable dynamique, mais ponctuelle. La plupart des séances affichent complet. Pour la pièce «khbar Fel msrah» de Dabateatr, le public s’est levé pour applaudir les comédiens qui ont offert une prestation toute en finesse et en humour. «Malgré ces initiatives ponctuelles, il est difficile de parler de renouveau. Le théâtre est toujours en crise. A part l’Institut Cervantès et l’Institut Français de Casablanca, aucun théâtre à Casablanca n’a une programmation régulière. Ce qui est sûr, c’est que la demande existe et les troupes existent. Mais il y a un manque de moyens et de budgets», regrette Amal Ayouch, comédienne, actrice de cinéma et directrice artistique de la Fondation des Arts Vivants. «Les troupes sont laissées à l’abandon et ne travaillent pas avec des salaires convenables. Notre pays a des dizaines de théâtres vides. Aucun ne bénéficie d’une subvention de l’Etat. Il ne sert à rien de construire des théâtres pour les laisser inoccupés», regrette à son tour Noureddine Ayouch.Nadia BELKHAYAT

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