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Le putsch thaïlandais: Revers pour la démocratie?

Par L'Economiste | Edition N°:2366 Le 21/09/2006 | Partager

. Passé flou de l’ancien Premier ministre renversé . Un nouveau désigné d’ici deux semainesLE premier coup d’Etat militaire à Bangkok en 15 ans constitue à la fois un revers pour la jeune démocratie thaïlandaise et une tentative de sauver un système sérieusement mis à mal par le Premier ministre renversé Thaksin Shinawatra, selon des analystes. «De nombreuses personnes sont partagées», explique Michael Nelson, expert de la Thaïlande à l’université Chulalongkorn de Bangkok. Tous les observateurs ont été stupéfaits de voir des chars de combat dans les rues de Bangkok mardi dernier dans une démonstration de force qui a replongé cette capitale asiatique moderne dans une sombre période de coups d’Etat militaires qu’on croyait révolue. «Retour à la case départ», estime l’analyste politique Thitinan Pongsudhirak à propos du renversement de Thaksin par l’armée qui a signé ainsi son retour aux affaires politiques. «Cela veut dire retour à un cercle vicieux de constitutions, d’élections, de gouvernements corrompus et de putschs, qui a caractérisé la politique thaïlandaise pendant des décennies». Mais, dans certains éditoriaux et aussi dans la rue, une certaine ambivalence prévaut avec une opinion assez répandue selon laquelle la fin (le départ d’un Premier ministre controversé) justifie les moyens. Au cours de l’année écoulée, Thaksin, riche homme d’affaires de 57 ans, a été la cible de nombreuses manifestations organisées par les élites de Bangkok qui l’ont accusé d’abus de pouvoir et de corruption. Depuis son élection en 2001, la presse a régulièrement reproché à Thaksin de mêler affaires et politique. L’auteur du putsch, le général Sonthi Boonyaratglin, a affirmé le 20 septembre qu’il passerait le flambeau à un Premier ministre désigné d’ici deux semaines et que la démocratie serait rétablie d’ici environ un an. A noter que Thaksin pourra revenir en Thaïlande où il sera cependant passible de poursuites judiciaires, a annoncé le 20 septembre le général Boonyaratglin. Thaksin devait arriver à Londres hier dans la journée.Synthèse L’Economiste

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