×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste



eleconomiste
Vous êtes 203.440 lecteurs à vous connecter sur leconomiste.com chaque jour. Vous consultez 254.995 articles (chiffres relevés le 29/5 sur google analytics)
Dossiers

Le plat surgelé bute sur les habitudes alimentaires

Par L'Economiste | Edition N°:203 Le 09/11/1995 | Partager

Malgré leurs avantages, les produits surgelés prêts à consommer n'attirent pas encore le consommateur qui les assimile à tort à une moindre qualité ou à des produits de second choix. L'export, débouché principal de ces produits perd également du terrain, surtout pour les légumes.

Les produits surgelés ont encore de beaux jours devant eux avant d'être adoptés par les consommateurs marocains. Sur ce point, les entreprises opérant sur ce créneau sont unanimes: "le chemin est encore long avant de convertir le consommateur au surgelé", confie M. Ali Lahlou, directeur général de la société Fisher King, spécialisée dans les surgelés de poissons et de légumes. Il y a certes un début de répondant sur le marché, mais le potentiel reste pour l'instant très restreint, ajoute-t-il. Il se montre néanmoins optimiste pour l'avenir: "toutes les innovations nécessitent un temps d'adaptation sur le marché", fait-il observer. La preuve, c'est le succès remporté par le fast-food alors que tout le monde lui prédisait la catastrophe.

Même son de cloche chez M. Jaâfar Terkemani, administrateur président délégué de la société Délice Food Maroc: "c'est un concept relativement nouveau, il faut un peu de temps pour que les gens s'y habituent". Les gens confondent, avance-t-il, le surgelé et le congelé qui sont deux concepts complètement différents.

Habitué au frais, le Marocain n'a pas encore intégré ce concept dans ses traditions culinaires et se montre méfiant. Ce même consommateur ne se rend pas compte pourtant que ce sont quasiment ces mêmes aliments qui lui sont parfois servis au restaurant. "Bien entendu, précise M. Lahlou, pour des raisons évidentes, le restaurateur ne dira jamais au client que le plat est fait de produit surgelé. Car il y a toujours cette malheureuse association du produit surgelé au second choix et à une qualité moindre".

L'intérêt du surgelé

Preuve malgré tout de l'existence d'une niche de consommateurs, les rayons des produits surgelés dans les grandes surfaces sont copieusement garnis. S'y côtoient toutes sortes de légumes, de viandes et de poissons: des pommes de terre, des frites, des pizzas, de la volaille, des champignons, des légumes, de la viande hachée, des mollusques, des soles, des poulpes, etc... On y relève surtout une présence remarquée des produits importés. Selon un technicien du surgelé chez Marjane, c'est une clientèle bien spécifique qui achète les aliments surgelés. Il s'agit en général, dit-il, soit de personnes familiarisées avec ce type d'aliments, soit des Européens ou des nationaux ayant vécu à l'étranger.

Deux cibles sont particulièrement visées par les entreprises offrant ce type de produit: les professionnels de l'hôtellerie, de la restauration et autres collectivités (hôpitaux, internats, cantines scolaires, casernes, etc...). Et accessoirement, le segment des jeunes qui travaillent, et donc ne disposant pas d'assez de temps à consacrer a la cuisine. L'intérêt de ce type de produit est multiple: le produit étant prêt à consommer, la durée de cuisson est extrêmement raccourcie. La préparation d'un aliment surgelé dure en moyenne de 6 à 8 minutes. Ce qui convient bien aux besoins d'une clientèle de jeunes. Quant aux professionnels, il semble qu'ils se sont vite rendu compte du côté pratique et de la commodité que pouvaient leur apporter les produits surgelés. Ils représentent à l'heure actuelle l'essentiel des débouchés au niveau local. En outre, les surgelés présentent l'avantage de neutraliser les effets de la saisonnalité du produit et, par conséquent, ceux liés aux fluctuations de prix.

Vu l'étroitesse du marché intérieur, l'essentiel de la production des produits surgelés est orienté vers l'exportation. Même s'il est difficile(1) d'appréhender la part exacte de ces produits dans les exportations, certains professionnels affirment avoir par le passé réalisé d'excellents chiffres sur le marché de l'Union Européenne. "Il y a 4 ou 5 ans, nous vendions jusqu'à 50 millions de DH à l'exportation", confie M. Terkemani. En 1994, le chiffre d'affaires de la société est tombé à 12 millions de DH et les usines ne travaillent qu'à près de 10-20% de leur capacité. En fait, soutient-il, les légumes surgelés d'origine marocaine ont largement perdu de leur crédibilité à cause du non respect des normes de qualité à la production. Dans les Salons étrangers, "les gens ne veulent plus en entendre parler". Il avertit: "si nous persistons dans cette situation, nous allons tout droit vers une catastrophe". Déjà, conclut-il, sur la douzaine d'unités qui produisaient des légumes surgelés, sept usines ont fermé.

A.S.

(1)Dans la rubrique présentant les exportations agro-alimentaires de l'Annuaire statistique, aucune ligne n'est réservée à la catégorie des produits surgelés; Il est vraisemblable qu'ils ont été inclus dans la ligne des congelés.

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    abonnement@leconomiste.com
    mareaction@leconomiste.com
    redaction@leconomiste.com
    publicite@leconomiste.com
    communication@leconomiste.com

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc