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La torche de la Samir cesse de brûler: Un fusible doit sauterPar Omar El Fetouaki(*)

Par L'Economiste | Edition N°:1407 Le 02/12/2002 | Partager

L'incendie, qui s'est déclaré le lundi 25 novembre 2002 à la raffinerie de pétrole Samir à Mohammédia (voir notre Focus pages 3 à 5), met à nu la fragilité du système de contrôle des installations pétrolières au Maroc. Paradoxalement, personne n'a soulevé la responsabilité de l'administration de tutelle du secteur de l'Energie. Or, conformément au décret n° 2-94-831 du 18 Chaâbane 1415 (20 janvier 1995) fixant les attributions et l'organisation du ministère de l'Energie et des Mines, notamment son article 6, la direction de l'Energie: «… participe, en collaboration avec les organismes concernés, à l'élaboration et la mise en application de la législation et de la réglementation relatives… à la surveillance administrative, au contrôle technique et à la sécurité dans les infrastructures et les équipements relatifs aux hydrocarbures et à l'électricité ainsi qu'aux appareils à pression de gaz«. Le décret est on ne peut plus clair. La responsabilité de la direction de l'Energie est entièrement engagée. Quand bien même la Samir serait guidée par un esprit mercantile, l'Etat devait faire valoir ses prérogatives quant à l'application de la loi. L'exercice de ses fonctions en matière de contrôle est nécessaire pour protéger d'une part, les citoyens contre les risques qu'un éventuel sinistre peut causer comme dégâts matériels et humains et d'autre part, assurer la sécurité d'approvisionnement du pays en produits pétroliers. Le contrôle devait être intensif sachant que la raffinerie a vieilli et les installations, par manque d'entretien, étaient sur le point de céder à la moindre défaillance. La Samir avait déjà connu dans un passé récent des incendies mais d'une ampleur moindre, dont le feu fut vite maîtrisé et l'administration de tutelle n'est informée que d'une manière formelle et après un délai de quelques mois. Mais, cette fois-ci, l'incident est énorme et ne pouvait pas être caché. Malheureusement, le mutisme habituel est toujours observé chez les responsables de la direction de l'Energie qui est directement concernée par le problème. Quoi qu'il en soit, le mal est fait: deux vies humaines sont à déplorer et quatre personnes blessées, dont une grièvement. Quant aux dégâts matériels, ils sont incommensurables. L'incident mérite absolument son épithète: catastrophique. Dans les pays démocratiques, le directeur de l'Energie aurait démissionné eu égard à sa part de responsabilité résultante de tant d'années de passivité en matière de contrôle des installations énergétiques. De la part de la Samir, il y a eu négligence et la direction de l'Energie a failli à son devoir de contrôleur. Le contrôle pusillanime de quelques centres emplisseurs est effectué de temps en temps. La Samir n'a jamais fait l'objet d'une telle opération. C'est un sacrilège pour la direction de toucher aux intérêts de la Samir, serait-ce au détriment de la sécurité de la qualité et de la fiabilité des infrastructures de l'outil de raffinage. Jusqu'à présent, aucune campagne de contrôle n'a été organisée pour s'enquérir de la bonne marche de l'infrastructure à la Samir. Et, malgré cet accident gravissime, aucun ingénieur de cette direction ne s'est déplacé officiellement à la Samir pour constater les dégâts et les causes qui ont provoqué l'incendie. Quelle habileté à la théorie, quelle faiblesse pratique! Que de brillants exposés et de grands séminaires, de fiches bien soignées et de notes bien rédigées ont traité de la sécurité, du contrôle et de la qualité. Malheureusement, tout ce savoir reste entre les murs du bâtiment et n'en sort jamais pour être appliqué .Souvent, on a tenté de comprendre cet état de chose, on a écouté les cadres et responsables de la direction. Il n'était imputable ni à la compétence, ni à la qualité des cadres ni à leur abnégation. Où étaient donc les vraies raisons? Une bureaucratie aveugle, un cloisonnement qui admet l'erreur et un fixisme qui pousse à continuer dans le même sens même si on a tort, ajouter à ceci une organisation périmée face à un secteur en perpétuelle modernisation. C'est ainsi qu'on se limite à s'acquitter des tâches routinières telles que les autorisations, les dossiers Caisse de la compensation et l'établissement des prix mensuels des produits pétroliers; ça ne nécessite pas toute une direction! Les dossiers contrôle, sécurité et qualité; voilà les vraies tâches qui devraient être la priorité de la direction!Avec une capacité de raffinage de 7 millions de tonnes, la raffinerie de Mohammédia est la principale raffinerie du Royaume. Elle fournie à elle seule plus de 90% des besoins du pays en produits pétroliers. Les unités sont actuellement à l'arrêt à cause de l'incendie. Si cet arrêt perdure, un problème d'approvisionnement dû à un déstockage massif se posera. Il est grand temps de revoir carrément le système d'approvisionnement basé exclusivement sur le raffinage. L'infrastructure portuaire doit être renforcée pour permettre de procéder à des importations massives à partir des ports de Jorf Lasfar Agadir, Laâyoune et Nador et rouvrir le port de Casablanca pour l'importation des produits pétroliers. Car, on ne doit pas faire passer toutes les quantités par l'unique port de Mohammédia et à travers la Samir et mettre ainsi tous les oeufs dans le même panier. Le problème sera compliqué davantage par l'impact d'une éventuelle guerre contre l'Irak sur le cours du pétrole et la répercussion de cette action sur l'approvisionnement du pays en produits pétroliers. Voilà encore un autre volet négligé de notre politique énergétique qui mérite réflexion!Le propos de cet écrit n'est pas d'établir un «manifeste« ou de faire un constat d'échec, mais de réfléchir et faire réfléchir pour contribuer peut-être, en suscitant un débat d'idées auquel devront participer à la fois les cadres de la DE et les opérateurs du secteur, en vue de faire asseoir la nouvelle mission de la direction pour veiller qu'à l'avenir de pareils catastrophes ne se reproduisent plus. -----------------------(*) , administrateur principal à la direction de l'Energie

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