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International

Israël-Hezbollah, une crise singulière
Par le colonel Jean-Louis Dufour

Par L'Economiste | Edition N°:3259 Le 21/04/2010 | Partager

Depuis deux semaines, une rumeur court lancée par la presse israélienne : la Syrie aurait livré des Scud «D» au Hezbollah. Damas a vigoureusement démenti, le Hezbollah aussi. Le Scud de type «D» est le dernier rejeton d’un missile soviétique à courte portée, né vers le milieu des années 1950. A l’époque, l’engin tire à soixante-dix kilomètres, juste de quoi projeter une petite charge nucléaire. Au même moment, les Etats-Unis conçoivent le Honest John, d’une portée un peu supérieure. Une décennie plus tard, la France met au point son Pluton, avec sa tête atomique. Ces missiles ont le même défaut : ils sont imprécis, faute de disposer d’un système de guidage dont les techniques n’existent pas encore. Ce n’est pas grave! Cette arme, dite du champ de bataille, est prévue pour tirer contre des concentrations de forces ennemies. Sa puissance –une à deux kilotonnes- suffit pour neutraliser dix kilomètres carrés. En principe, l’étendue de l’objectif fait que celui-ci peut toujours être atteint, au moins partiellement, en dépit de l’approximation du tir.Si l’hypothèse d’une livraison de Scud D au Hezbollah émeut à ce point les chancelleries, ce n’est pas, bien sûr, parce que le missile serait doté d’une tête nucléaire mais bien en raison et de sa portée (700 km), et de sa précision très améliorée. Mis à feu au Nord-Liban, un Scud D peut atteindre n’importe quelle ville israélienne et même d’autres villes dans d’autres Etats voisins…On serait donc confronté à une crise causée par l’installation de missiles, comme à Cuba en 1962, au Liban en avril 1981(1), à Chypre, à l’automne 1998(2). Mais cette crise-ci serait vraiment unique puisque l’information demeure lourde de conséquence, qu’elle soit fondée ou non. Pour le moment, aucune source indépendante et autorisée, à Washington ou à Paris, n’a encore confirmé la nouvelle. Si l’information est vraie, Israël va devoir détruire ces engins. Même dotés d’une charge explosive classique, voire chimique ou bactériologique, les Scud, aux mains du Hezbollah, représentent pour Israël, une évidente menace. Si la rumeur est sans fondement, elle doit aussi être considérée. L’information initiale, parue il y a quinze jours, dans deux quotidiens israéliens, a été reprise la semaine dernière par le président de l’Etat hébreu. Shimon Peres, en visite en France, a déclaré le 14 avril: «La Syrie dit vouloir la paix, mais elle livre dans le même temps des missiles Scud au Hezbollah, lequel menace constamment Israël». Le même Peres a ajouté, après avoir rencontré François Fillon : «La Syrie joue double jeu». On ne saurait être plus clair. Que le fait soit avéré ou pas, Israël proclame que la milice libanaise chiite dispose d’un armement capable de menacer gravement sa sécurité. Une action armée semble inévitable. En inventant cette livraison de Scud, Israël créerait une crise «induite »(3). Dans cette sorte de crise, jamais «fortuite», toujours «voulue», un Etat entend agresser un adversaire; toutefois, en une sorte d’hommage du vice à la vertu, il invente un prétexte pour justifier l’assaut. Le cas est rare mais il existe. Pour envahir l’Irak en 2003, George W. Bush imagine les armes de destruction massive de Saddam Hussein, pour envahir la Pologne en septembre 1939, Hitler organise un semblant d’attaque par de faux soldats polonais d’un poste frontière allemand. Cela fait des années que Tel-Aviv accuse la Syrie d’armer le Hezbollah, à tout le moins d’autoriser le passage sur son territoire d’armes expédiées par l’Iran à destination du Liban. A raison, sans doute. Cependant, certains hauts responsables israéliens ont paru ces derniers jours tempérer les déclarations de leur président. Ainsi le ministre de la défense, Ehoud Barak, a déclaré le 14 avril qu’Israël n’avait pas d’attention agressive vis-à-vis du Liban; il a précisé que l’introduction au Sud Liban de systèmes d’armes susceptibles d’affecter l’équilibre des forces pourrait nuire à la stabilité de la région. C’est là une manière comme une autre, même si elle est alambiquée, de suggérer qu’aucun Scud n’a encore été livré au Hezbollah. Au demeurant, c’est la première fois que pareille livraison est annoncée. Jamais dans le passé, les Israéliens, pourtant peu avares de cris d’alarme sur le renforcement du Hezbollah depuis la «guerre» de l’été 2006, n’ont mentionné les Scud parmi les types de missiles parvenus au Liban. Washington a cru devoir s’inquiéter auprès du gouvernement de Beyrouth d’un tel transfert d’armement. En vain! Au Liban, le premier ministre n’exerce aucun contrôle sur les activités militaires du Hezbollah. De la part de Damas, l’initiative serait surprenante car elle irait à l’encontre des intérêts syriens; elle signifierait en tous cas l’échec d’une politique de la main tendue menée par Washington, Ryad et Paris. Déjà, aux Etats-Unis, des élus républicains entendent voir retardée l’arrivée à Damas du nouvel ambassadeur Robert Ford. On voit mal l’avantage qu’il y aurait pour la Syrie à compromettre ce rétablissement des relations diplomatiques, suspendues par Washington après l’assassinat à Beyrouth de Rafic Hariri, le 14 février 2005. Le 15 avril, le quotidien israélien Haaretz, sous la signature de ses deux consultants militaires, a publié une interprétation des évènements, pas totalement improbable. Selon Amos Harel et Avi Issacharoff, les Syriens auraient effectué ce transfert de Scud parce qu’ils veulent échanger la paix avec l’Etat hébreu contre la restitution du Golan. Ce fameux plateau, qui surplombe la Galilée, a été conquis par Israël en 1967. En livrant des Scud au Hezbollah, Damas voudrait signifier qu’il ne croit pas pour l’heure à l’existence en Israël d’un interlocuteur sérieux prêt à négocier un tel accord de paix(4)! L’Orient, fut-il proche, est décidément bien compliqué… Restent trois hypothèses. Un, Israël est décidé à frapper Téhéran en s’en prenant à son agent libanais, une opération moins énorme qu’un bombardement des installations nucléaires iraniennes, interdit au demeurant par Washington. La destruction des capacités offensives du Hezbollah, réelles ou supposées, présenterait l’avantage d’être admissible par la Maison-Blanche qui ne saurait dénier à Israël le droit de se défendre face à une telle menace. Deux, les services israéliens, prévenus d’un éventuel transfert de Scud au Hezbollah ont voulu l’empêcher en faisant savoir à Damas que la riposte serait très violente. Trois, Israël a lancé un ballon d’essai, pour observer la réaction des acteurs concernés. Ceci étant, l’incertitude demeure…


La crise induite

«Une crise induite est voulue; c’est en général une crise soudaine. Elle est déclenchée par un Etat cherchant à provoquer un conflit armé. L’état agresseur se cherche un prétexte, se ménage un casus belli pour entrer en guerre. Ce faisant, cet Etat fait en sorte que son vis-à-vis, a priori innocent, apparaisse comme le responsable de la crise et donc de la guerre qui va suivre. Il actionne tous les moyens et toutes les ruses, tous les procédés diplomatique et politiques imaginables, afin d’isoler son adversaire tout en s’assurant l’appui de son opinion publique et le soutien le plus effectif possible de la communauté internationale.La crise de juillet 1914, causée par l’assassinat à Sarajevo de l’archiduc autrichien François Ferdinand le 28 juin, constitue un exemple quasi parfait de crise induite. L’ultimatum autrichien du 23 juillet, adressé à la Serbie, est conçu pour être rejeté. De ce rejet, l’Autriche attend le prétexte qui justifiera son entrée en guerre contre la Serbie. Les Habsbourgs, par le biais d’une guerre espérée limitée, entendent briser les mouvements séparatistes des minorités slaves susceptibles de faire éclater l’empire austro-hongrois».J.-L.D., «Un siècle de crises internationales», Bruxelles, André Versaille éditeur, p 51 et pp 91-95.------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------(1) Damas avait installé au Liban, dans la plaine de la Bekaa, au printemps 1981, des batteries de missiles antiaériens SA6, soviétiques, détruites l’année suivante par un raid de l’aviation israélienne(2) Le gouvernement de Nicosie avait acquis en Union soviétique des missiles, également Sol-Air, de type S300, à longue portée, qui, s’ils avaient été installés dans l’île d’Aphrodite eussent pu compromettre la liberté d’action de l’aviation de combat turque, y compris dans son propre espace aérien.(3) Voir la théorie de la crise dans J.-L. Dufour, «Un siècle de crises internationales», Bruxelles, André Versaille éditeur, novembre 2009, pp 10-63. (4) Voir Ethan Bronner, «Israël claims Hezbollah has longer-range missiles», The New York Times, 16 avril 2010.

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