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Interview de deux économistes américains au sujet du “double dip”, nouvelle récession américaine, l’un la prévoyant, l’autre pas

Par L'Economiste | Edition N°:1334 Le 16/08/2002 | Partager

. Professeur d’économie, James K. Galbraith(1) est le directeur du centre d’étude sur les inégalités à l’Université du Texas, à Austin- Libération (France): Une rechute est-elle possible?- James K. Galbraith: Je suis plutôt pessimiste. Après le krach des technologies de l’information, il y a deux ans, l’investissement s’est effondré. Etant donné l’énorme surcapacité en télécommunications et autres produits technologiques, il n’existe aucun signe de reprise de ce côté. Ce qui a permis jusque-là de tenir à bout de bras l’économie, ce sont les consommateurs, qui ont continué à dépenser, au prix d’un accroissement de leur dette par rapport à leurs revenus. Cette situation ne pourra durer éternellement. Tôt ou tard, les consommateurs vont se sentir fragilisés, à moins que ce ne soit les banques qui décident de fermer le robinet des crédits. Si la machine n’a pas redémarré entre-temps, il y aura un problème.- Il n’y a pas que des mauvaises nouvelles: la productivité du travail continue d’augmenter, les taux sont très bas, il n’y a pas d’inflation?- La productivité du travail augmente, c’est vrai, mais sa progression a freiné fortement au second trimestre. L’absence d’inflation n’est pas forcément une bonne nouvelle: elle empêche le poids de la dette des ménages de décliner. Quant aux taux d’intérêt, le fait qu’ils soient au plus bas signifie aussi qu’il ne reste plus de marge de manoeuvre pour les baisser.- Que peut faire Bush pour aider le redémarrage et activer à nouveau le levier budgétaire?- Les baisses d’impôts de George W. Bush sont mal ciblées: elles visent les plus riches, qui épargnent. Elles n’ont pas un énorme effet sur la consommation. Le ralentissement économique a érodé les recettes fiscales des Etats fédérés et des comtés. Or, la Constitution leur interdit d’afficher des déficits. Ils sont donc obligés de réduire leurs dépenses ou d’augmenter leurs impôts, ce qui pèse sur la croissance. L’écart à combler est déjà de 80 milliards de dollars, dont 23 pour la seule Californie. Pour bien faire, il faudrait que l’Etat fédéral accepte de les aider. Mais on n’en prend pas le chemin.. Professeur à Creighton University (Omaha), Ernest Goss est un spécialiste de la prévision économique- Libération (France): Faut-il craindre une rechute?- Ernest Goss: Je ne le crois pas. On a la sensation de vivre une récession, parce qu’on est passé d’un rythme de 4% ou de 5% de croissance à 1 ou à 2%. Mais nous restons dans une période de croissance lente, pas de non-croissance. Et l’économie va mieux qu’on ne le dit parfois. Les profits s’améliorent.La productivité au second trimestre a continué à croître. Même si elle a ralenti par rapport au premier trimestre (elle a progressé de 1,1%, contre 8,6% au premier trimestre, ndlr), elle n’en a pas moins surpris les analystes par sa solidité. Les carnets de commandes industriels ne sont certes pas brillants (en baisse de 3,7% en juin 2002 par rapport à juin 2001, ndlr) mais certains secteurs technologiques semblent mieux se porter, comme les PC, les télévisions ou les jeux vidéo.- L’emploi, depuis mars, ne redémarre pas?- Les derniers chiffres sur l’emploi, pour juillet, ne sont pas si mauvais. Certes, ils ne font état que de 6.000 créations nettes, ce qui est faible. Mais si vous regardez dans le détail, les grosses pertes d’emplois sont surtout dans le secteur public. Et de nombreux secteurs recommencent en fait à embaucher. L’emploi va à mon sens redémarrer prochainement.- S’il y a danger, d’où viendrait-il?- L’emploi est un peu la clef: si le tableau ne s’améliore pas très bientôt, alors les dépenses des ménages pourraient être affectées. Le vrai danger est là: du côté de la consommation. Il n’est pas du côté de l’investissement, qui, lui, est déjà au plus bas: je ne vois pas comment il pourrait s’affaiblir encore plus. Avec la reprise des profits, l’investissement devrait redémarrer. La Réserve fédérale doit donc faire attention au maniement des taux: alors qu’ils sont déjà très faibles, le gain d’une baisse des taux, pour l’économie réelle, est aujourd’hui à peu près nul. Et cela ne vaut pas la peine d’envoyer à l’économie un message négatif, d’alarmer les ménages et les entreprises, sous prétexte d’aider les marchés financiers.Propos recueillis par P. R.Syndication L’Economiste-Libération (France)----------------------------------------------------------------------------------------(1) A ne pas confondre avec son célèbre collègue et père John Kenneth Galbraith, ex-conseiller du Président Kennedy.

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