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Economie Internationale

Frappes américaines contre l'Irak: L'ONU prise de vitesse

Par L'Economiste | Edition N°:403 Le 18/12/1998 | Partager

La Chine, la France et la Russie ont critiqué les frappes américaines contre l'Irak. Le Conseil de Sécurité de l'ONU, qui était réuni mercredi pour examiner la situation irakienne, a été prise de vitesse.

"Aujourd'hui est un triste jour pour les Nations Unies et pour le monde", a déclaré M. Kofi Annan, secrétaire général de l'ONU à la suite des frappes américaines et britanniques perpétrées contre l'Irak la nuit du mercredi à jeudi. En effet, contre toute attente et sans avoir une autorisation préalable du Conseil de Sécurité de l'ONU, les Américains ont recouru unilatéralement à la force contre l'Irak. Cette frappe, qui constitue une violation de la Charte des Nations Unies et des règles du droit international, marque encore une fois le manque de crédibilité de l'ONU.
Ceci intervient alors que M. Kofi Annan avait assuré lors de la célébration du 50ème anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, qu'aucune frappe ne sera faite contre l'Irak sans une consultation préalable de l'ONU.
La décision d'engager ces raids a été prise à la veille du vote prévu jeudi à la Chambre des Représentants, qui a été finalement reporté, sur la destitution du Président Bill Clinton.
Celui-ci avait annoncé, au cours d'un discours retransmis en direct, avoir ordonné "une série d'attaques aériennes fortes et soutenues", dirigées contre les capacités militaires de Bagdad en matière d'arme de destruction massive. Attaques qui ont fait jusqu'à maintenant cinq morts et quelque 30 blessés, dont des enfants.
Dans un discours à la nation diffusé jeudi à l'aube par l'agence officielle INA, le Président Saddam Hussein a reconnu que des cibles avaient été touchées et a appelé les Irakiens à résister. Cette nouvelle frappe américaine intervient au lendemain de la publication mardi par le chef des inspecteurs de l'ONU, Richard Butler d'un rapport sur le "manque de coopération de l'Irak".

Bras de fer


Tous les indicateurs laissent supposer que ces frappes ne seront pas les dernières. Le secrétaire américain à la Défense, William Cohen, a en effet déclaré que ces raids se poursuivront autant qu'il le faudra, malgré l'approche de Ramadan. "Nous avons l'intention de conduire cette mission jusqu'à l'accomplissement des objectifs fixés", a-t-il ajouté.
Ces objectifs visent surtout à affaiblir le régime de Saddam Houssein. Le Président américain avait en effet déclaré que la solution à long terme pour mettre fin au bras de fer avec l'Irak passait par l'installation d'un nouveau gouvernement à Bagdad. "Cela prendra du temps et des efforts", a-t-il reconnu.
Cette nouvelle frappe américaine a suscité comme auparavant de nombreuses réactions. La Chine, la France et la Russie par exemple ont immédiatement critiqué ces frappes. La France a déploré l'engrenage qui y a conduit. En déplacement à Ottawa, le Premier ministre français, Lionel Jospin, a affirmé que "l'issue diplomatique" à la crise irakienne "était toujours celle qui a la préférence" de la France.
A Madrid, le ministre russe des Affaires Etrangères, Igor Ivanov, a manifesté sa "grave préoccupation" dans une brève déclaration à la presse, tandis que la Chine a réaffirmé jeudi son opposition totale à un recours à la force contre l'Irak. "Il n'y a absolument aucune excuse ou prétexte pour utiliser la force contre l'Irak", a déclaré le représentant permanent de la Chine à l'ONU.
Lors de la crise de février dernier, la Chine s'était vivement félicitée de l'accord obtenu par le secrétaire général de l'ONU, qui avait permis d'écarter à la dernière minute la menace de frappes américaines. La Chine redoute les conséquences catastrophiques que les frappes risquent d'avoir sur la population irakienne, déjà frappée de plein fouet par l'embargo.

Adil BOUKHIMA (AFP)

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