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Environnement : 10 millions de Dirhams contre la pollution à Mohammédia

Par L'Economiste | Edition N°:42 Le 13/08/1992 | Partager

Les autorités de la ville de Mohammédia ont décidé de se pencher de plus près sur le problème de la pollution industrielle de la ville. Le projet d'étude sera piloté par le bureau belge Tractebel. Le coût de l'opération est estimé à 10 millions de Dirhams.

"Cité des fleurs et des loisirs", comme aiment à l'appeler ses habitants, Mohammédia fait actuellement l'objet d'une étude de lutte contre la pollution et notamment industrielle qui durera deux ans. A l'origine de ce projet, la préfecture, la Municipalité, en collaboration avec les industriels de la ville. "Le problème de la pollution industrielle à Mohammédia mérite une attention pariculière, et pour contrecarrer ou trouver des solutions à cette pollution, nous avons décidé de collaborer avec les responsables, c'est-à-dire Administration et Industrie", explique M. Mohamed Rhouat, conseiller communal. L'objectif principal est d'entreprendre une action complète, du diagnostic "profond" aux solutions finales. "La pollution industrielle est un problème complexe qui nécessite des moyens et des technologies avancés", ajoute-t-il.
A partir de là, une commission technique, composée de la Municipalité, la Préfecture et les responsables des unités industrielles les plus importantes de la ville, a été constituée dans le but de veiller à la préparation du projet. Ces unités, au nombre de quatre, sont la SAMIR, la SNEP, la Centrale Thermique et l'ODEP (le port de Mohammédia). "Pour les industriels, ce projet représente un grand intérêt, dans la mesure où ils veulent tous en finir avec cette mauvaise presse dont ils font l'objet auprès du public", souligne M. Rhouat.
Le coût total du projet est estimé à 10 millions de DH, avec 20% du financement assurés par la Municipalité de Mohammédia et 80% par les quatre principaux industriels-partenaires (SAMIR, SNEP, Centrale Thermique et ODEP). Un protocole d'accord fixera les modalités de participation de chacun des partenaires.
Par ailleurs, dix sept bureaux d'études internationaux ont soumissionné à la suite d'un appel d'offres lancé par la Municipalité. Le bureau d'études désigné, "ayant une expérience solide dans des études similaires", est le bureau belge Tractebel, qui sera associé à un bureau marocain ECO, dont le siège social se trouve à Smara. Le bureau belge d'ingénierie-conseil a, avant ce projet, réalisé des études et des projets au niveau du Maroc. Il s'agit notamment du plan d'assainissement de Tanger et de Casablanca, des études effectuées pour la Centrale ONE de Jorf Lasfar. Selon les responsables du projet, ce bureau aura pour mission d'évaluer le degré de pollution actuel et son impact sur la ville de Mohammédia et ses environs, d'élaborer et de mettre en oeuvre un plan de lutte contre la pollution industrielle.
Dans les détails, l'étude qui s'étalera sur une durée de deux ans, comportera cinq missions au total.
La première phase concernera la collecte de données relevant de l'environnement à Mohammédia, enquête générale auprès des industries et détermination des unités les plus polluantes effectivement ou potentiellement. Cette première phase servira d'une part à préparer la seconde mission, qui est le diagnostic proprement dit, et d'autre part à mettre en place une banque de données.
La seconde mission, le diagnostic, aura pour but l'évaluation qualitative et quantitative de la pollution (liquide, solide et gazeuse) rejetée par les dix plus grandes unités industrielles de la ville. Chaque unité représente un secteur industriel bien déterminé (textile, tannerie, conserverie...). Plusieurs points de mesure seront installés au niveau de la ville de Mohammédia, afin d'établir un diagnostic de l'air, du sol, du milieu marin, des cours d'eau. Le bureau d'études comparera ces analyses aux normes européennes, "prises comme point de repère". Ce diagnostic durera douze mois.
La troisième mission, quant à elle, concernera l'évaluation de l'impact de ces rejets industriels sur le milieu naturel de la ville et sur la population environnante avec individualisation de l'impact de chaque source ou des sources groupées par zone ou par nature de pollution.
Pour la quatrième mission, le bureau d'études sera chargé de proposer un plan d'action technologique permettant de réduire la pollution industrielle et une charte "pour préserver la qualité du cadre de vie de la ville de Mohammédia". Le bureau d'études aura également pour rôle, au niveau de cette quatrième phase, de s'assurer que le système de lutte antipollution industrielle a été effectivement réalisé et fonctionne dans de bonnes conditions.
La cinquième mission, l'objectif global, est l'adoption d'un règlement général et l'institution d'une cellule technique composée d'ingénieurs et de techniciens nationaux pour le suivi et le contrôle de la pollution industrielle à Mohammédia à titre permanent. Le bureau d'études aura la charge de former ces cadres marocains, depuis le début de l'étude, sur l'appareillage, les méthodologies d'analyse. Il s'agira d'un service municipal.
Par ailleurs, en dehors de ce projet de lutte contre la pollution industrielle, les autorités de la ville de Mohammédia se sont également intéressées à l'environnement, sous plusieurs aspects, dont celui de l'assainissement. En effet, la ville de Mohammédia dispose d'un ancien réseau d'assainissement, dimensionné pour une population de départ de 30.000 habitants. Actuellement, la ville englobe environ 150.000 habitants. L'objectif, soulignent les autorités, est de remettre en état le réseau avec le concours de la RAD. Au niveau des eaux usées, habituellement déversées dans l'Oued El Malah, une station de traitement sera installée. Le projet sera financé par un prêt de la Banque Mondiale.

M. O.

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