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International

Entre Israël et la Turquie, le choix d’Obama

Par L'Economiste | Edition N°:3294 Le 09/06/2010 | Partager

Il arrive qu’une crise internationale, sous réserve d’émouvoir suffisamment les opinions publiques, débloque une situation dans l’impasse. Ce pourrait être le cas s’agissant de la flottille turque assaillie le 31 mai par des commandos israéliens dans les eaux internationales. Compte tenu de l’ampleur des réactions enregistrées dans le monde entier, l’incident ne devrait pas rester sans conséquences. Ainsi peut-on imaginer une brouille durable entre la Turquie et Israël, la confirmation du basculement turc en direction des pays de l’ancien empire ottoman, un glissement marqué de la politique des Etats-Unis vis-à-vis de l’Etat juif, un réveil de l’Europe, la fin du blocus de Gaza(1), autrement dit la lune,… C’est du moins ce qu’en auraient dit les spécialistes du Moyen-Orient si l’on avait évoqué devant eux, il y a quinze jours à peine, pareilles perspectives…Si elles se confirment, ces diverses évolutions auront un prix, l’extrême isolement d’Israël: certains s’en réjouiront, d’autres craindront de voir ses citoyens plus unis que jamais dans leur mentalité d’assiégés, d’autres enfin compteront sur ces circonstances nouvelles pour influencer favorablement les esprits israéliens. La semaine dernière, le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, s’est entretenu avec son homologue américaine, Hillary Clinton. Celle-ci a tenté de réparer les pots cassés dus à la brouille turco-israélienne. Sans grand succès! Les Etats-Unis, en effet, se sont d’abord efforcés de maintenir la balance égale entre leurs deux alliés proche-orientaux. De quoi révulser Ankara! Pour les Turcs, pas de balance égale possible entre leur pays et Israël. Washington doit choisir entre ce qui est juste et injuste, entre ce qui est légal et illégal, et donner tort à Israël.

Le virage de la diplomatie américaine
C’est peut-être ce qui est en train de se passer. Mercredi, déjà, un officiel américain laissait entendre au New York Times que l’administration Obama pourrait changer de politique au Proche-Orient, le blocus de Gaza lui paraissant désormais «intenable»(2). C’est ce qu’a suggéré ensuite Hillary Clinton bientôt suivie par son président.Ce tournant d’importance n’est pas le premier. Le Conseil de sécurité vient de confirmer la déclaration du 5 mai sur la transformation du Proche-Orient en zone dénucléarisée. Pour la première fois, les Etats-Unis, dans un retournement complet, n’ont pas tenu compte des réserves d’Israël. Celui-ci refuse toujours de participer au traité de 1995 sur la non-prolifération des armes nucléaires. L’Etat hébreu entend ne pas abandonner une ambiguïté devenue stratégie: tout faire pour qu’il ne puisse y avoir de certitude sur sa capacité à utiliser un armement nucléaire dont personne ne doute qu’il le possède. Cette évolution dans la manière de les traiter ne peut que troubler les Israéliens. Les dernières réticences américaines ont suivi une déclaration du Premier ministre turc Erdogan: «Israël perdra son plus proche allié au Moyen-Orient s’il ne change pas de mentalité». Même si la Turquie ne semble plus décidée à rompre ses relations diplomatiques avec Israël, elle assure que ses arrangements militaires avec l’Etat hébreu appartiennent au passé. Quant aux Etats-Unis, s’ils ne sont pas à la veille d’abandonner leur allié juif, ils ne se précipitent pas pour prendre sa défense. Aucun Etat, Israël le premier, ne peut vivre isolé. Ce petit pays, entouré d’Etats hostiles, et dont les rares amis sont loin, au mieux en Europe occidentale, doit manœuvrer finement pour garantir sa sécurité en se ménageant un allié de taille. La France a naguère constitué cet appui privilégié dont Israël avait besoin. Le retour aux affaires de Charles de Gaulle et la fin de la guerre d’Algérie avaient mis fin à cette politique. Le Général a d’ailleurs été le seul chef d’Etat occidental à prendre des mesures concrètes lors de la guerre de Six jours. Dès le 2 juin 1967, décision était prise à Paris, en Conseil des ministres, d’imposer un embargo sur les armes à destination des pays du champ de bataille. Cette mesure visait Israël, seul client de la région, à l’époque, de l’industrie française d’armement. En 1967, l’Amérique prend le relais. Washington doit contrer la poussée soviétique en Méditerranée et au Moyen-Orient. La Turquie et Israël représentent alors deux sérieux points d’appui pour équilibrer les positions de l’URSS en Syrie, en Egypte, en Irak. Dans la lutte contre l’ennemi commun soviétique, Israël et la Turquie s’associent, les Etats-Unis commandent…Les temps ont changé. N’étant plus menacée, la Turquie peut se passer du protecteur yankee; elle redécouvre ses racines ottomanes au Moyen-Orient, en Asie centrale, au Caucase, même en Europe; elle fait de sa religion un facteur d’influence dans tout le monde musulman. Désormais, les liens spéciaux entre Ankara et Tel-Aviv sont plus gênants qu’autre chose, ceux avec les Etats-Unis pourraient le devenir. En 2003, la Turquie a refusé à ces derniers le droit d’emprunter son territoire pour envahir l’Irak. Cependant, la Maison-Blanche, elle, a toujours besoin d’Ankara: en particulier pour parler avec Téhéran ou pour l’aider à stabiliser l’Irak.Israël, aussi, ne redoute plus d’être envahi. Ni la Jordanie, ni l’Egypte, n’ont envie de lui faire la guerre. La Syrie n’en a pas les moyens militaires, l’Irak est neutralisé. Israël peut n’en faire qu’à sa tête, étendre ses colonies en Cisjordanie, édifier des logements à Jérusalem-Est, se compromettre dans une action malvenue contre une flottille turque, les Etats-Unis n’ont rien à dire… Tout de même! Washington peut encore choisir entre ses deux alliés, un choix finalement plus facile qu’imaginé. Washington est d’autant plus enclin à prendre le parti d’Ankara qu’un refroidissement avec Israël apportera à Barack Obama un surcroît de crédibilité. Ce choix en faveur de la Turquie signifie que les relations israélo-américaines ne seront plus ce qu’elles étaient. Israël pourrait perdre des alliés, son combat devient difficilement justifiable, sa stratégie est en lambeaux. Même l’Union européenne semble avoir décidé d’agir! La France suggère que l’UE inspecte les navires en route vers Gaza. L’Espagne et le Portugal agissent à Bruxelles pour obtenir la levée du blocus de Gaza par le biais d’un contrôle international des frontières de la bande. Ainsi, les Palestiniens recevraient directement toute l’aide humanitaire possible et importeraient ce qu’ils veulent, hormis des armes et des explosifs. Reste l’essentiel: convaincre Israël que son salut dépend de son ouverture au monde extérieur. En juin 1992, Yitzhak Rabin, parvenu au pouvoir, exhortait depuis la tribune de la Knesset les Israéliens à s’intégrer dans la communauté des nations. «Il n’est pas vrai, disait-il, que le monde entier soit contre nous. Nous devons nous débarrasser de ce sentiment d’isolement qui nous habite depuis près d’un siècle. Nous devons participer à la marche de paix et de coopération internationale qui survole le globe ces jours-ci…»(3). Dix-huit ans plus tard, les pires adversaires de Rabin sont au pouvoir. Peut-être l’éloignement, possible et relatif, des Etats-Unis sera-t-il de nature à leur faire prendre conscience qu’une autre politique est non seulement possible mais qu’elle est indispensable. Peut-être aussi les Israéliens vont-ils persévérer dans l’erreur, auquel cas Yitzhak Rabin aura été assassiné une deuxième fois et par les mêmes extrémistes.Par le colonel Jean-Louis Dufour

Les Européens réfléchissent à un plan de levée du blocus
«L’Union européenne commence à plancher sur un plan de levée du blocus à Gaza». Le ministre espagnol des Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos, a confirmé, lors d’une visite à Paris, vouloir proposer à ses homologues européens d’impulser au sein du Quartet un plan de résolution de la crise, impliquant la levée du blocus à Gaza. «Nous devons en discuter dès que possible au niveau de l’UE», a-t-il ajouté, selon l’agence de presse espagnole EFE. Ce plan s’accompagnerait d’un contrôle international (européen?) sur les points frontières, afin de faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire et éviter la contrebande d’armes. Ce point de vue est partagé par plusieurs pays. Le ministre portugais des Affaires étrangères a ainsi fait parvenir, jeudi, une lettre à Catherine Ashton demandant une attitude «cohérente» mais aussi plus «consistante» de l’UE sur la question. Il faut s’impliquer davantage pour «devenir un facteur de développement dans le processus de paix au Proche-Orient», explique-t-il. Il a aussi précisé que ce point devrait figurer à l’ordre du jour du Conseil des ministres des Affaires étrangères du 14 juin, voire lors d’une réunion informelle convoquée pour l’occasion. Cette position est également partagée par la France…».5 juin 2010, blog «Bruxelles2, l’Europe de la défense et de la sécurité»
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