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Politique

Edgar Morin décrypte la crise politique

Par L'Economiste | Edition N°:3255 Le 15/04/2010 | Partager

. Il revient sur la profonde crise de la connaissance et de la pensée. «La politique se réduit à la logique comptable»«DANS un environnement où l’excès de complexité marque les réalités quotidiennes, la politique semble se réduire à l’économie», résume Edgar Morin, gourou de la sociologie et philosophe français. Un constat livré lors d’un débat à Casablanca sous le thème de «la régénération de la politique» dans une salle comble de la Faculté des sciences juridiques Hassan II. Universitaires, chefs d’entreprise, étudiants, politiques… sont venus nombreux assister à cette conférence. Tout au long de son intervention, le sociologue a pu démontrer que le monde connaît une crise profonde de la pensée et de la connaissance dont la conséquence directe n’est autre que la crise actuelle de la politique. Du coup, «la régénération de la politique constitue une solution de la crise mondiale multiforme», soutient Morin. Aux yeux du sociologue, la politique évolue dans un environnement de plus en plus complexe et a tendance à se réduire à l’économie et à une logique comptable. Taux de croissance, PIB et autres indicateurs… sont devenus ainsi les seuls impératifs et repères qui guident l’action politique. «Certes, ces calculs restent indispensables, mais leurs limites est qu’ils ne permettent pas de comprendre la vie en elle-même, ses souffrances, ses joies, ses malheurs, ses espérances, ses frustrations…». Du coup, poursuit Morin, l’homme d’aujourd’hui se retrouve dans le «brouillard, réalisant que les utopies sont stériles, mais que le réalisme est tout aussi stérile». Aujourd’hui, le défi majeur est donc de trouver à la politique de nouveaux fondements. A ce titre, la pensée politique doit répondre à une question fondamentale: Quelle est la réalité humaine?Cette réalité humaine doit être appréhendée, selon le penseur, sous le prisme de «la trinité humaine». Autrement dit, redéfinir l’homme en tant qu’individu, un aspect de la société et une partie de l’espèce humaine. L’interaction entre ces différents aspects fait valoir que l’homme ne peut exister en dehors de la société et inversement. Du coup, il ne peut être complètement dissous dans celle-ci sans tenir compte de son individualité et des interférences de la morale. Plus encore, la complexité de la politique traduit également les conséquences de l’évolution des sociétés modernes. Sur ce point précis, le sociologue évoque le développement effréné qui a généré une hyper-individualisation, voire une compartimentation communautaire. D’où les écarts sociaux et la désintégration des solidarités traditionnelles. Le risque aujourd’hui, avec la mondialisation, est que ces modèles occidentaux de désintégration commencent à s’exporter dans les sociétés traditionnellement solidaires. Ce qui a engendré des formes rampantes d’individualisation, de repli sur soi, de consommation tous azimuts… Bref, un souci de défense des intérêts propres. «La mondialisation et la généralisation du capitalisme et du libéralisme avec l’uniformisation des idées constituent aujourd’hui la principale menace pour la démocratie», déduit en substance Edgar Morin. Or, l’exercice de la démocratie est intimement lié au conflit d’idées et aux divergences d’opinions.


Polémique

DE son vrai nom Edgar Nahoum, d’ascendance juive séfarade, il se réclame d’une culture française et européenne inscrite dans la lignée de Montaigne, Pascal et Rousseau. L’ancien résistant communiste est, par ailleurs, célèbre pour ses prises de position sur le plan international. Une tribune coécrite en 2002, sur le conflit israélo-palestinien, lui a valu une condamnation par la Cour d’appel de Versailles pour diffamation raciale et apologie des actes terroristes. Cette sentence a été annulée par un arrêté définitif de la Cour de cassation au nom de la liberté d’expression.Othmane ARIDE

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