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La musique andalouse a aussi ses règles

Par L'Economiste | Edition N°:1652 Le 01/12/2003 | Partager

. Gérer une troupe, c'est comme gérer une entreprise. Les musiciens sont rémunérés au mérite. Formation continue: Ils ne font que ça Peut-on assimiler une troupe de musique andalouse à une entreprise? Le parallèle a été fait lors d'une conférence organisée par l'Institut de ressources humaines (cabinet Diorh) et animée par Mouâad Jamaï, directeur du CRI de Casablanca et membre d'une association de musique andalouse(1). Comme dans une entreprise, une troupe de musique andalouse obéit à une hiérarchie et est dirigée par un chef, le maâlem. C'est lui qui décide de l'emplacement des musiciens, de leurs salaires et de leur formation. L'emplacement des musiciens revêt une importance dont le public est loin de se douter. Plus un musicien est chevronné, plus il est proche du maâlem. Celui qui se situe à sa droite est le numéro deux de la troupe et traditionnellement, c'est le fils. En cas de disparition du maître, c'est donc lui qui prend la relève. Très souvent, la transmission du savoir se fait de père en fils comme dans nombre de PME. Le droit d'aînesse intervient parfois mais il n'est pas systématique. Lorsque le cadet fait preuve de plus de talent, c'est lui qui seconde son père le moment venu. Comme dans n'importe quelle structure, les salaires diffèrent d'une personne à l'autre. Chacun étant rétribué selon le mérite, ce qui crée une émulation au sein de l'équipe. “Cette émulation, positive, incite les musiciens à faire preuve d'innovation et de créativité”, affirme Mouâad Jamaï.Pour apprendre et s'améliorer, les musiciens ne cessent de se former. En dehors de leurs soirées de représentation, ils s'entraînent quotidiennement (quelle belle leçon de formation continue pour nos entreprises!). Le maâlem est alors au centre et ses “étudiants” l'entourent.Le mode d'apprentissage est oral, ce qui donne libre cours à toutes les fantaisies et innovations. “C'est une des raisons pour lesquelles la musique andalouse s'est enrichie et développée au fil des siècles”, indique le patron du CRI de Casablanca. Sans le savoir, le maâlem fait du marketing. Tout au long du concert, il ne tourne pas le dos au public. Il guette sa réaction et adapte les enchaînements et le choix des morceaux à jouer. Ce n'est pas le cas de la musique classique, où le chef d'orchestre regarde ses musiciens. Les troupes de musique andalouse sont tournées vers la modernité: beaucoup admettent des voix féminines et certaines sont même constituées exclusivement de femmes. D'autres ont introduit de nouveaux instruments de musique (piano, derbouka…), faisant preuve d'ouverture d'esprit et d'innovation. Tout ce dont a besoin une entreprise. Et mondialisation oblige, des troupes entretiennent des liens étroits avec celle de maâlouf (Tunisie) ou de gharnati (Algérie) et jouent parfois ensemble. Imaginez la synergie! N. B. -------------------------(1) La rencontre a eu lieu le 20 novembre dans les locaux du cabinet Diorh. Thème retenu: l'art d'enseigner l'art, cas de la musique andalouse

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