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Culture

Crise et tourisme: Vendre mieux pour ne pas brader...
Par Samir Kheldouni Sahraoui

Par L'Economiste | Edition N°:2977 Le 05/03/2009 | Partager

Samir Kheldouni Sahraoui est actuellement administrateur directeur général de Chorus Consulting Hospitality & Leisure. Diplômé de la Sorbonne Paris I en Tourisme et Sorbonne Paris III en anglais et Civilisation des Etats-Unis, il a occupé le poste de DG de l’Office national marocain du tourisme de 1997 à 1999. Il a également été conseiller économique à l’ambassade du Royaume du Maroc à Washington DC (2000-2001) et administrateur directeur général de la Société générale d’aménagement touristique, filiale de CDG (2002-2006). Samir Kheldouni Sahraoui a également été président fondateur du Conseil régional du tourisme de Rabat dont il assuma la présidence de 2004 à 2007En ces temps où la planète traverse une situation de crise économique profonde, il est un fait que notre destination, le Maroc, ne pourra faire l’exception en termes de ralentissement de l’activité touristique. Mais au risque de surprendre, il est permis de penser que cette situation qui s’impose à toutes les destinations du monde puisse être exploitée en opportunité pour le Maroc. C’est peut-être là tout d’abord l’occasion pour nous d’opérer une pause de réflexion, de revue stratégique, et de bilan du travail colossal entrepris depuis le contrat-programme, en vue de valider ou d’invalider les succès et les limites techniques d’une vision qui a eu le mérite historique de mobiliser la nation autour du tourisme, vecteur de richesses et de développement. Une sorte de «Due Diligence» de l’état des lieux, et une actualisation du rapport «Balnéaire versus Culturel» pourraient être à cet égard indiquées. Du reste, cette étape aurait été nécessaire, même hors du contexte de la crise actuelle. La situation qui prévaut est aussi une opportunité sur le plan purement commercial, car, en ces temps difficiles où c’est la poche du consommateur qui est touchée, il nous faut être opportunistes, agressifs et positionner notre produit en mettant l’accent sur trois aspects essentiels: «Proximité, Prix et Dépaysement».En effet, historiquement, et même dans le contexte des crises les plus graves, y compris les guerres et conflits, le besoin de loisir, de décompression, de rupture avec le quotidien, bref le besoin de vie a toujours été le plus fort et a toujours pris le dessus.

L’Europe, notre grenier à touristes
Aussi, et dans le contexte actuel où l’effet écho de la crise commence à se faire sentir chez nous, l’optimisme doit rester de mise car il ne faudra pas plus de six mois, soit d’ici juin-juillet 2009, pour que l’Europe, notre principal grenier à touristes, renoue avec le haut de la pyramide des besoins de Maslow, dont le voyage fait partie intégrante. Le besoin de partir, de fuir le stress et la grisaille seront plus forts que la crise, et les Européens renoueront avec l’acte de voyager. Mais encore faudra-t-il que nous leur tendions la perche en offrant le produit idoine. Aussi est-ce peut-être le moment ou jamais de lancer une véritable offensive sur le court séjour «week-end», que l’on appelle également «City Break», qui présente l’avantage de faire jouer l’équation proximité-dépaysement, l’inconnue, X, étant le prix.
Surtout pas une politique de solde
Si le Maroc coordonne ses efforts, toutes destinations confondues, avec Marrakech, le Grand Sud, dont Ouarzazate-Zagora, Agadir bien sûr, Fès-Meknès, Rabat, Tanger et Tamuda Bay, si les CRT et les professionnels coordonnent ensemble leurs efforts, avec le support de l’Office du tourisme, nous devrions être en mesure de proposer une offre séduisante de trois nuits, basée sur les trois fondamentaux cités plus haut: Proximité, Prix et Dépaysement. C’est pourquoi 2009 gagnerait à être placée sous le signe du «City Break» au Maroc.Nous sommes à cet égard la destination la mieux placée de la Région, tout simplement car nous sommes les plus proches de l’Europe, bien plus proches que nos concurrents immédiats, que ce soit la Tunisie, l’Egypte ou la Turquie.De surcroît notre produit est réellement de qualité et fortement dépaysant. Cela nous place ipso facto en pole position en termes de temps de vol, de coût de voyage, et devrait permettre de déclencher l’acte d’achat en notre faveur auprès du consommateur, en temps réel, dès que ce dernier se sera relevé du coup de massue que lui a asséné la crise. Il est ainsi suggéré que nous vendions le rapport proximité-coût, et non nécessairement le prix, car il ne s’agit surtout pas de tomber dans une politique de solde du produit Maroc, qui pourrait nous être préjudiciable une fois la crise passée. Enfin, le propos ici n’est pas de faire fi de la publicité institutionnelle, mais de changer, l’espace d’une crise, le fusil d’épaule pour en contrecarrer l’effet néfaste, en privilégiant l’action de vente. Il faudra du reste reprendre la publicité institutionnelle-produit dès que l’effet crise se sera dissipé.Et si nous devions maintenir une campagne de publicité institutionnelle, celle-ci gagnerait à être réorientée dans la même direction, en véhiculant le message d’un produit touristique d’exception, proche et dépaysant, sans oublier surtout de communiquer sur le facteur prix, car c’est bien là le cœur du débat. Il s’agira à ce titre de proposer des Packages City Break adossé à un prix attractif, et non nécessairement bradé.

Marketeurs vs Traders

A situation de crise conjoncturelle, il convient de fédérer une batterie de mesures commerciales de crise. Cela passerait par une mue momentanée, dans notre façon d’appréhender la vente du produit Maroc, en troquant, l’espace de quelques mois, nos casquettes de «marketeurs» du tourisme marocain contre celle de traders. En effet, il va falloir, l’espace de 6 à 12 mois, axer l’essentiel de l’effort commercial et du budget promotionnel sur le «négoce» en lieu et place de la publicité d’image, et fédérer notre artillerie institutionnelle, associative et privée en une véritable force de vente unifiée auprès des prescripteurs tour-opérateurs essentiellement, et directement auprès des consommateurs à travers la vente sur internet. Cet effort serait à conduire essentiellement sur les marchés européens traditionnels dont la France, l’Espagne, le Benelux, la Grande-Bretagne, l’Italie, mais aussi sur les nouveaux marchés dont la Russie, la Pologne, sans oublier également les pays du Golfe, dont les consommateurs finaux sont moins touchés par la situation financière. Et de grâce, laissons le marché national évoluer normalement, en dehors de toute considération d’ordre alternatif.

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