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Courrier des Lecteurs

Chronique des changes: Semaine du 3 au 7 Août 1992 : Les marchés pensent à la rentrée

Par L'Economiste | Edition N°:42 Le 13/08/1992 | Partager

Modestes baisses par rapport à l'Ecu (-0,10%) et par rapport à deux de ses plus importantes composantes, le Mark et le Franc (-0,06%). Appréciation tout aussi modeste vis-à-vis de la Pésète (+0,05%), du Dollar (+0,03%) et de la Lire italienne (+0,02%). Une hausse plus substantielle contre Escudo et Sterling (+0,22% respectivement) et encore plus vigoureuse vis-à-vis du Yen (+0,40%). Tel est résumé le bilan de variation du Dirham au cours de la semaine du 3 au 7 Août 1992.

Le Yen en baisse fortement

Le Yen poursuit sa dérive sur les marchés internationaux (indice TCE en net repli de -0,60%) et contre Dirham (-0,40%), ce qui représente une dépréciation cumulée depuis le début de l'année de -2,85%. Insensible, il le fut à la nouvelle d'un énième record d'augmentation annuelle des excédents de paiements nippons (95% sur un an). De nouvelles mesures de relance économique sont attendues pour la Rentrée, mais d'ici là, nous n'entrevoyons pas un quelconque élément de soutien à cette devise, hormis peut-être les interventions de la Banque du Japon.
La Livre et l'Escudo sont tous deux en baisse de -0,22% contre Dirham: cette dépréciation reflète leur repli concomitant par rapport à l'Ecu (respectivement -0,28% et -0,27%) et leur moindre appréciation en Dollars. Il est probable qu'au cours de la présente semaine, les marchés ne trouvent aucun élément de réconfort dans la publication des chiffres du chômage, ou dans ceux de la production industrielle: l'économie est indéniablement anémique outre-Manche. Les pressions sur le Gouvernement pour "faire quelque chose" s'accroissent: "alignez les parités au sein du SME, et la dévaluation subséquente de la Livre autorisera une baisse "salvatrice" des taux d'intérêt", révèle en substance une enquête auprès d'Industriels britanniques.
Quant à l'Escudo il a cette semaine également pâti de l'affaiblissement de la devise britannique dans la mesure où les Autorités monétaires portugaises furent tenues d'acheter cette dernière contre leur propre monnaie, conformément aux règles du SME.

Salve d'interventions de la F.E.D.

Malgré de "bons" chiffres de l'emploi (le taux de chômage a diminué en Juillet de 8,8% à 8,7% et près de 200.000 postes furent créés), les marchés, déçus que ces statistiques ne furent pas meilleures, ont boudé le Dollar (indice TCE -0,10%), ce qui a déclenché une salve d'interventions de la Réserve Fédérale Américaine quand les cours ont tenté de franchir DM 1,47.
Malgré ces déboires, notre sentiment demeure jusqu'aux prochains chiffres de l'emploi au début de Septembre que le Billet Vert n'ira pas retester ses niveaux bas et qu'il évoluera plutôt dans un chenal compris entre DM 1,45 et DM 1,50, et plus souvent dans sa seconde moitié. En effet, l'occurrence de la Convention républicaine du 17 Août d'une part, et le vote probable d'une résolution au Conseil de Sécurité autorisant le recours à la force pour acheminer l'aide humanitaire dans les Balkans d'autre part, constitueront des éléments de soutien au Billet Vert. M. Bush, consacré candidat officiel du Parti de l'Ane, troquera enfin son habit présidentiel contre la tunique de candidat, et de ce fait, montera plus aisément au créneau pour défendre énergiquement le bilan de sa Présidence, souligner le "manque d'expérience en politique étrangère" de son Challenger (argument galvaudé par les Républicains) à un moment où la tension en ex-Yougoslavie sera plus que jamais aigue (recours à la force autorisé par l'ONU) et que les Etats-Unis s'apprêteront à accueillir les pourparlers de Paix au Proche-Orient le 24 Août. La Convention de Houston sera sans doute aussi l'occasion pour les Républicains de disséquer le programme économique des Démocrates et en faire ressortir les implications financières probables (qui restent à démontrer), c'est-à-dire un dangereux creusement du déficit budgétaire et/ou une hausse de la fiscalité.
La cote de popularité de Bush, actuellement basse, bénéficierait alors de cet événement au même titre que le Dollar.
Notons, au chapitre de l'anecdote, qu'il existe depuis 1988 au sein de l'Université de l'Iowa un véritable marché boursier des valeurs politiques, reconnu très officiellement comme un organisme à but non lucratif par le C.F.T.C. (l'autorité de surveillance et de contrôle des marchés à terme). Sur ce marché où les opérateurs passent leurs ordres par ordinateur, l'action Bush et l'action Clinton sont régulièrement cotées. Or, les cours indiquent depuis Janvier dernier, et malgré ce que disent les sondages, "Bush gagnant". Certes, les enquêtes d'opinions se valent mais ce marché a au moins le mérite d'être le seul endroit où les sondés sont tenus de mettre leur argent du même côté où penchent leurs préférences politiques.

Rien n'est vraiment acquis à la Lire

Quasi-stabilité de la Lire italienne dans ses cotations contre Dirham (-0,02%). Les Autorités monétaires de la Péninsule, confiantes dans le regain de crédibilité de l'Italie, ont réduit le taux d'escompte d'un demi-point, ce qui a pesé quelque peu sur les cours. La Lire s'est moins appréciée contre le Dollar (+0,98%) et l'Ecu (+0,19%) comparativement, par exemple au Franc ou au Mark (respectivement plus de 1% vs le Billet Vert et +0,2% et +0,3% vs Ecu). Il n'en reste pas moins vrai que "la Fuerza Giuliano" ("Force Giuliano Amato", du nom du Chef de Gouvernement comme le qualifient les paparazzi italiens), est en marche sur la voie des réformes:
- suppression de l'échelle mobile des salaires (la scala mobile prévalant depuis 1945!) ce qui devrait permettre de réduire d'environ 1% le taux d'inflation annuel;
- passage d'un décret-loi renforçant les pouvoirs de la Justice et de la Police dans leur lutte contre le crime organisé;
- plans ambitieux de privatisations de "mastodontes" de l'Energie et de l'Industrie et de la Finance appartenant à l'Etat (ENEL ENI, IRI).
Seulement, le Gouvernement AMATO ne dispose que d'une courte majorité (16 sièges) au Parlement pour "faire avaler la pilule" aux politiques, ce qui augure de moments difficiles pour la rentrée et d'âpres batailles aux Assemblées (Parlement et Sénat). L'ensemble de ces éléments corrobore le sentiment des marchés que "rien n'est vraiment acquis", surtout lorsque l'incertitude Maâstricht plane sur le ciel européen.

Le Franc sonde les urnes

"Maâstricht" précisément nous semble devoir peser, au cours des prochaines semaines, sur les marchés financiers, et ce, à travers les sondages des intentions de vote des Français. A l'heure actuelle, ils indiquent que le "OUI" l'emporte à 57-58%. L'influence de telles enquêtes sera probablement d'autant plus importante que se réduira l'écart entre le nombre escompté de votes positifs et celui des votes négatifs. Dans ce scénario (qui ne recueille pas nos suffrages), on enregistrerait alors un net raffermissement du Mark au détriment des monnaies des pays "non-convergeants" (Italie, Portugal, Espagne et Royaume-Uni) et bien entendu aux dépens du Dollar (aux termes du traditionnel jeu de bascule).
Les cotations du Dirham exprimées dans les monnaies fortes en pâtiraient pareillement. A l'inverse, la persistance d'intentions de votes nettement favorables au Traité de Maâstricht se refléterait dans les cours (frémissement du Dollar et des monnaies du SME au détriment du Mark, sans grand bénéfice pour les cotations du Dirham exprimées en Franc Français), mais pas durablement car les sondages retiendraient alors moins l'attention des marchés. Ces marchés seraient plus prompts à se passionner pour d'autres événements comme les chiffres de la croissance monétaire allemande ou les péripéties de la campagne électorale aux Etats-Unis La rentrée de Septembre éclairera plus notre lanterne
d'ici là, bonnes vacances!

Brahim
BENJELLOUN-TOUIMI

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