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Courrier des Lecteurs

Chronique des changes: Semaine du 21 au 25 Septembre 1992 : Le Dirham suit le Dollar

Par L'Economiste | Edition N°:47 Le 01/10/1992 | Partager

Les variations du Dollar et celles du Dirham contre les principales devises, au cours de la semaine considérée présentent d'intéressantes similitudes, non pas tant dans l'ampleur de ces variations que dans leur sens (négatif ou positif):
- ainsi, notre monnaie et le Billet Vert ont-ils baissé tous deux contre le Yen (respectivement de -2,10% et -3,45%), contre la Pésète (-2,06% et -2,18%), le Franc français (-1,23% et -2,20%), l'Ecu (-1,16% et -2,58%), le Deutschemark (-0,21% et -1,13%), enfin contre la Lire italienne (-0,11% et -0,88%);
- de même, ils ont engrangé ensemble des gains vis-à-vis de la Livre Sterling (+3,89% et +1,39% respectivement pour le Dirham et le Dollar) et de l'Escudo (+0,31 et +0,34%).

Le fait que ces chiffres de variation (ceux du Sterling exceptés) soient plus élevés pour le Dollar que pour le Dirham indique, inter alias, que la devise américaine compte sensiblement dans la détermination des cours de notre monnaie mais que les monnaies européennes - celles des principaux partenaires commerciaux du Maroc en l'occurrence - y contribuent également: l'appréciation du Dirham par rapport au Dollar (+1,26%) devient alors plus compréhensible.
Mais pourquoi la configuration des changes, en vigueur durant la période du 4 au 18 Septembre, n'a pas continué de prévaloir pour l'ensemble des devises, puisque trois sur les neuf composant notre échantillon d'observation (la Pésète espagnole, la Lire italienne et le Dollar) ont renversé le sens de leur variation exprimée en Dirhams?:

Retour du contrôle des changes en Espagne

- c'est le manque de liquidité de la Pésète espagnole (donc sa rareté) qui est à l'origine de son appréciation sur les marchés des changes internationaux: indice TCE (calculé par la Banque d'Angleterre) en hausse de +0,90%, gains de +2,06% en Dirhams. En effet, la dévaluation de 5% de son cours pivot au sein du SME n'a pas suffit à apaiser les mouvements spéculatifs témoignant la défiance des opérateurs et des investisseurs vis-à-vis d'une économie "non vertueuse"; parce qu'elles ne peuvent relever les taux d'intérêt (déjà à des niveaux "assassins") pour ne pas ralentir plus encore la conjoncture économique alors que des élections générales vont se dérouler dans les prochains mois, les autorités espagnoles ont choisi, mesure assez grave, (suivie d'ailleurs par le Portugal, et l'Irlande) de réintroduire le contrôle des changes sur les mouvements de capitaux. Elles venaient de les démanteler il y a tout juste huit mois dans la perspective du "marché unique de 1993". C'est donc bien une victoire "à la Pyrrhus" qui fut remportée sur les marchés. Tout cela laisse de sérieux doutes sur la viabilité des cours de la Pésète tant ils sont artificiels.

- Artificiels, les cours de la Lire italienne (indice TCE en hausse de +0,50%, +0,11% vs Dirham) le sont également puisque ses cotations officielles demeurent toujours suspendues, le temps n'est pas encore mûr pour rouvrir les marchés des changes. Un début de rétablissement de la confiance des milieux financiers internationaux dans l'Italie (elle traverse à l'heure actuelle une des phases les plus difficiles de l'après-guerres), en fait, dans la politique économique du Gouvernement Amato peut être envisagé à l'occasion du passage devant les autorités législatives, du draconien plan de réduction des dépenses publiques. La pérennité du Gouvernement actuel est à ce prix, il l'a dit explicitement.

- "Sluggish", "Poor", "Weak", les qualificatifs en Anglais utilisés pour décrire la conjoncture américaine abondent, les statistiques dénotant cette morosité aussi. George Bush, invariablement donné perdant par les sondages (9 points le séparent seulement de Clinton selon les derniers chiffres) aura présidé durant son "quartennat" une Amérique la moins performante économiquement depuis Hoover, il y a une cinquantaine d'années. Et c'est cela qui risque de lui coûter son fauteuil à la Maison Blanche. Après les tourmentes monétaires européennes, les "Fundamentals" américains ont repris le dessus dans la détermination des niveaux du Dollar: indice TCE en repli de -0,40%, une retraite, nous l'avons vu, en bon ordre vis-à-vis des principales monnaies, surtout vis-à-vis du Yen. Deux éléments d'explication à ce propos: il y a la hausse technique de la devise japonaise (indice TCE +4,20%, +2,10% vs Dirham) à la suite de rapatriements de fonds par des investisseurs nippons soucieux de ne pas subir des pertes supplémentaires de changes à l'occasion de réalignements. L'autre élément d'explication est la "douce négligence" américaine par rapport aux cours du Dollar (cela ne nous inquiète pas, a dit en substance un des responsables monétaires outre-atlantique): en effet, la baisse du Billet Vert compense, à travers l'augmentation des exportations des Etats-Unis, la faiblesse de la demande interne. L'indicateur fétiche des marchés (Non Farm Payrolls, chiffres de l'emploi non agricoles) sera au rendez-vous ce Vendredi 2 Octobre: si le mois de Septembre enregistre des destructions d'emplois comme le mois précédent, il y a tout lieu de croire que la Réserve Fédérale abaissera ses taux (le taux d'escompte serait fixé à moins de 3%?). La Banque Centrale serait en effet tout à fait fondée de le faire alors que 4 semaines seulement sous séparent des élections du 4 Novembre, et que la politique économique du "chacun pour soi", malgré les communiqués du G-7, est depuis deux semaines confortée par les attitudes de plusieurs pays européens.

Un affaiblissement supplémentaire du Dollar serait préjudiciable au Dirham

Un affaiblissement supplémentaire de la devise américaine serait préjudiciable au Dirham, d'autant plus que l'autre déterminant majeur des cotations de notre monnaie, le Franc français, sérieusement menacé par les assauts spéculatifs, y succomberait. Au cours de la semaine sous-revue, la devise française a certes gagné la bataille contre la spéculation, mais elle est loin d'avoir gagné la guerre: indice TCE de la monnaie hexagonale en hausse de +1,20%, +1,08% de remontée vis-à-vis du Mark allemand (à la suite de la fermeté, exprimée solennellement dans des communiqués communs, par les autorités monétaires des deux pays, de lutter contre la spéculation). "Du temps de l'ancien régime, ces gens - là étaient des spéculateurs qu'on décapitait, il faut les atteindre à l'endroit où ils auront le plus mal......: leur portefeuille", a menacé le Ministre français des Finances.

L'ensemble de ces péripéties inspire l'ultime réflexion que "quelque chose devra se passer sur la scène européenne" dans les prochains jours pour apaiser les esprits, et surtout éviter que de nouveaux tirs de barrage ne soient déclenchés par les cambistes de change (bien qu'ils s'y soient brûlé les doigts) à l'encontre de toute monnaie n'appartenant pas à la "zone-Mark" (les devises du Bénélux ont une marge de fluctuation quasi-nulle avec la monnaie de leur puissant voisin allemand). Ces assauts spéculatifs, bénéfiques au Mark, ajoutés à la faiblesse du Billet Vert, contribuent à accélérer le glissement de notre monnaie que nous observons depuis le début de l'année: plus de -5,50% vis-à-vis du Franc et du Yen, près de -4,80% par rapport au Mark, -3,47% vs Escudo et -1,94 vs Dollar (on revient de loin, le niveau avait atteint des niveaux proches de -9% respectivement).

Deux opportunités pour un "Happening monétaire" se présenteront dans les prochains jours: la première, le Vendredi 2 Octobre lorsque le Conseil de la Bundesbank se réunira; la seconde le 16 Octobre à l'occasion du prochain Sommet européen, de Birmingham. La "divine surprise", ce serait que la Banque Centrale allemande fasse fi de ses propres convictions anti-inflationnistes et monétaristes, oublie les derniers chiffres de croissance de la Masse monétaire (dénotant toujours le dérapage) et réduise ses taux, déclenchant par là un mouvement salvateur général de décrue des rendements et l'espoir d'un redémarrage de l'économie mon-diale.

Brahim
BENJELLOUN-TOUIMI

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