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Economie

Ce que les opérateurs économiques attendent de leurs élus…

Par L'Economiste | Edition N°:1499 Le 16/04/2003 | Partager

. Le tissu industriel reste faible, faute de mesures incitatives pour encourager l'investissement . Après la conférence d'El Jadida, qui a connu un grand succès, L'Economiste se déplace demain à MarrakechTourisme oblige, Marrakech est souvent aux premières pages, occupant ainsi le champ médiatique. Elle n'est pas non plus oubliée par les élus de la ville qu'ils soient communaux ou encore parlementaires. Statistiquement, Marrakech est une métropole touristique. Mis à part le tourisme, elle dispose d'un tissu industriel encore faible et une infrastructure peu performante. Du côté administratif, la ville est dotée d'un appareil étoffé et un encadrement de haut niveau, mais qui souffre quelque peu d'une dispersion des centres de pouvoirs. En effet, outre la wilaya, qui regroupe trois préfectures et deux provinces, la ville couvre cinq municipalités, coiffées par une communauté urbaine en plus d'un Conseil régional. De sorte, si dans d'autres villes, il est question de déterminer ceux qui doivent prendre les initiatives et piloter des projets, à Marrakech, c'est le grand nombre d'acteurs et parfois le manque de concertation qui posent problème. Alors quel est le rôle des élus locaux, des instances et des opérateurs économiques de la région? L'Economiste, qui ouvre le débat ce 17 avril à Marrakech dans le cadre de sa série de tables rondes, veut justement faire réagir ces différents intervenants sur ces questions. Le grand public estime que le rôle des élus est d'assurer d'abord la propreté de la ville. Il est vrai que Marrakech a subi réellement un vrai lifting et ce n'est pas pour déplaire aux citoyens. Pour réussir, les élus se sont mobilisés surtout durant les deux dernières années. Mais ces mêmes élus doivent aussi être ouverts sur leur environnement. “Les élus n'ont pas la maturité qu'il faut pour être attractifs et surtout avoir plus de réactions par rapport aux opérateurs”, souligne le président de CGEM locale, Jalil Benabbas Tâarji. Même son de cloche auprès des industriels. “Jamais, l'entreprise n'a été invitée par les élus pour une rencontre ou un dialogue entre Marrakchis”. C'est vis-à-vis des entreprises qu'il y a peut-être clash. Pour preuve, lorsqu'ils rencontrent un problème, les entrepreneurs s'adressent plus au wali qu'aux élus.En somme, si les opérateurs reconnaissent aux collectivités locales d'avoir oeuvré pour l'embellissement et l'assainissement de la ville, (actions, soulignons-le, qui ne manquent pas de rassurer les futurs investisseurs), ils leur reprochent l'absence d'actions concrètes auprès des opérateurs. “N'oublions pas que les électeurs ont aussi besoin d'emplois qui seront créés par les entreprises. Celles-ci ne le feront que si les moyens et les facilités existent”, analyse Tâarji.Certains nuancent cependant. “Le succès de la ville est d'abord dû à cette coordination entre autorités locales, élus et opérateurs sur la base d'objectifs arrêtés qui ont remporté l'assentiment de tous au-delà de toute couleur politique, indique, pour sa part, un opérateur touristique.Coté chiffres, le poids de l'industrie de Marrakech reste modeste et ne représente que 4% de l'industrie nationale avec près de 14.000 emplois, dont 38% dans l'industrie agroalimentaire. Le secteur du textile, quant à lui, bute sur des difficultés de reconversion et de vieillissement des ateliers. Autre secteur économique de la ville, l'artisanat, dont l'activité se maintient et génère de l'emploi, dopé en effet par le tourisme. Il n'en demeure pas moins mal organisé. Par ailleurs, le bâtiment et les travaux publics ont connu, les deux dernières décennies, une réelle dynamique, induits par les opérations publiques de lotissements et par le développement de constructions touristiques. “Il est facile d'annoncer que le tissu industriel est faible à Marrakech”, estiment, en substance, des opérateurs. “Mais en contrepartie, il n' y a pas de mesures incitatives pour encourager l'investissement”, ajoute-t-il. En effet, ce n'est que depuis deux ans que le problème de la zone industrielle de Sidi Ghanem a été solutionné. Rappelons que la zone a été victime de spéculation et surenchère (cf. L'Economiste du 18 juin et 19 novembre 2001).Aujourd'hui, une autre zone industrielle est en cours d'achèvement. Reste aussi le problème des coûts d'installation. Un cas réel qui est devenu une anecdote: un petit industriel qui a acquis son terrain à 75. 000 DH et a payé plus pour se brancher au réseau de la Radeema, près de 80.000 DH. Mais la grande difficulté pour investir dans la ville (qui ne concerne pas Marrakech uniquement) est l'infrastructure routière. En attendant une autoroute qui reliera la ville aux principaux ports nationaux, les investissements iront se concentrer sur l'axe El Jadida-Kénitra. D'autres voient l'adoption, à l'instar des collectivités européennes, des systèmes d'incitation à l'investissement via des subventions de terrain ou encore un décalage de l'acquittement des taxes locales. Pour l'heure, le législateur marocain n'offre pas cette marge de manoeuvre aux collectivités locales.


L'administration, premier employeur

Faute de tissu industriel dynamique, le premier employeur de la ville reste l'administration. Ce qui demeure un poids lourd pour le développement économique de la ville. Selon les observateurs, Marrakech devrait déjà être au seuil de 1 million d'habitants. C'est dire l'importance de la croissance attendue et la demande sociale qui en découlent. A noter que Marrakech est l'une des villes qui enregistrent de forts taux d'analphabétisme: au-dessus de 40%. Les chômeurs représentent aussi un grand pourcentage de 19%.


Le tourisme incompatible avec des industries polluantes

. Les professionnels mettent en garde élus et autorités locales . Les métiers de service comme la cinématographie sont les bienvenus La ville ocre ne peut se contenter uniquement de l'activité du tourisme pour se développer certes. Mais si d'autres activités devaient venir contribuer à l'économie, elles ne devraient pas être en décalage avec cette première source de revenus de Marrakech qu'est le tourisme. C'est en substance les messages que recommandent les professionnels du tourisme de la ville. Ils argumentent cela par le fait qu'une trop industrialisation de la ville pourrait causer des nuisances à ce lieu considéré magique par les touristes. Avec une capacité de près de 22.000 lits, la ville des sept saints accueille 1 million de touristes annuellement (chiffre à la baisse depuis la guerre du Golfe) et représente à ce titre près de 40% de l'activité nationale. Un grand effort a été entrepris que ce soit pour la promotion ou encore l'aménagement par les autorités. La nouvelle zone touristique et d'autres projets offriront avant 2010 le double de cette capacité en lits. C'est un peu dire les craintes des opérateurs du secteur touristique face au développement des industriels, dites polluantes (qui n'est pas encore à l'ordre du jour, mais peut le devenir). En revanche, la ville pourrait identifier d'autres niches, estiment certains. En liaison directe avec plusieurs villes européennes, la ville pourrait être par exemple une deuxième Doha en matière de service. Cette dernière a pu lancer une sorte de zone pour les métiers de communications (médias, publicité...) et a pu attirer plusieurs investisseurs étrangers dans le domaine. Evidemment, des accompagnements fiscaux étaient au rendez-vous. “Marrakech pourrait adopter ce genre de projet”, souligne Kamal Bensouda, directeur du CRT Marrakech, qui ajoute que la ville ocre, via ses infrastructures touristiques et aussi son patrimoine historique, dispose de tous les atouts pour attirer tout ce qui touche à l'industrie cinématographique ou télévisuelle. Preuve en est le grand projet de plateaux cinématographiques, initié par Berdugo et Jamal Debbouze (cf. L'Economiste du 20 septembre 2002). Face à l'objectif de 2010, qui est d'atteindre les dix millions de touristes et où Marrakech devrait jouer un grand rôle, la ville vise à préserver les équilibres économiques et environnementaux. D'un autre côté, la vocation de ville touristique reste incompatible avec la progression d'habitat insalubre et des douars périphériques, héritage des découpages communaux. Taoufiq Hjira, ministre du Logement, l'a bien souligné lors du Conseil d'administration de l'Agence urbaine de la ville (cf. L'Economiste du 7 avril 2003), incitant ses cadres à identifier un schéma d'urbanisme prenant en considération tous les objectifs de la ville.Badra BERRISSOULE

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