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Europe

Baisse prochaine des droits de douane : La mise à niveau officiellement sur les rails

Par L'Economiste | Edition N°:303 Le 06/11/1997 | Partager

Pas vraiment de surprise si ce n'est que c'est le Premier ministre, que l'on voit si peu, qui s'est impliqué dans la mise à niveau de l'économie.


C'est le Premier ministre lui-même qui a lancé la campagne de la mise à niveau de l'économie marocaine mercredi 5 novembre à Rabat. Une mise à niveau qu'il ne faut pas confondre avec la mise à niveau des bilans, qui a fait couler tant d'encre et de salive depuis la rentrée. Au risque d'une overdose de mise à niveau, celle de cette semaine se rapporte aux efforts qu'il faut faire en prévision de l'ouverture des frontières sur l'Union Européenne, douze ans après l'entrée en vigueur de l'accord. Pour l'instant, celui-ci est encore en panne: il manque quelques signatures des Etats membres de la Communauté.
En fait, Europe ou pas, l'ajustement économique est obligatoire.
La réunion du mercredi a été précédée d'une longue rencontre, le lundi 3 novembre entre une partie du gouvernement et les opérateurs économiques.
La CGEM (Confédération Générale des Entreprises Marocaines) travaille depuis plusieurs mois en sept commissions.

Enthousiasmes douchés


Il s'agit des commissions du «renforcement des associations professionnelles» (responsable M. Mohcine Ayouche, DG de la CGEM), des finances (confiée au GPBM), des exportations (M. Mohamed Tazi-ASMEX), de la formation professionnelle (M. M'Rabet, Fédération des CCIS), des parcs industriels M. Balafrej), des infrastructures et technologies (M. Nadifi) et enfin de la commission consacrée au rôle du Centre Euro-Maroc-Entreprises (sous la responsabilité de son DG, M. Langstaff et de M. Amraoui, pour le compte de la CGEM).
Le patronat développe une position selon laquelle «la mise à niveau n'est pas une affaire ponctuelle, mais une politique permanente». En outre, soutiennent les associations patronales, «la mise à niveau concerne certes les entreprises, mais aussi les administrations». Mais les chefs d'entreprise sont déçus de voir chez l'Union Européenne le peu d'intérêt que suscitent les relations avec le Maroc. Chacun stigmatise l'absence de mise en place des aides promises, en même temps que leur faiblesse. Signe entre les signes, le Centre Euro-Maroc-Entreprise, centre d'aides au diagnostic pour faciliter la mise à niveau des entreprises, commence à peine à s'installer. Il aura presque un an de retard sur le calendrier initial, «s'il ne se produit pas de nouveaux contretemps».

Ce dernier point rencontre l'approbation désolée des pouvoirs publics marocains: «Les relations avec le Sud méditerranéen ne font pas partie des priorités de Bruxelles», note M. André Azoulay, le lundi 3 novembre devant les universités de Rabat et de Madrid (Cf en page 10). Cette fois, l'amertume, voire les accusations marocaines sont justifiées à 100%. La Commission et les Etats membres le reconnaissent, la main sur le coeur, mais pas sur le porte-monnaie. Au départ, les enthousiasmes étaient loin d'être aussi porteurs que ceux suscités par l'ouverture à l'Est. La campagne d'assainissement et ses dérapages les ont douchés: l'Union Européenne en tant que telle et plusieurs Etats membres ont dû intervenir pour défendre des entrepreneurs inquiétés. En l'espace de quelques semaines, l'image d'un Maroc qui progressait à son rythme vers un Etat de droit économique libéral (le seul dans la région) s'est effondrée.

Consensus privé-public

Le Premier ministre, dès sa nouvelle équipe de technocrates nommée, a diffusé un texte-circulaire dans lequel il soulignait que la mobilisation pour la mise à niveau sera un travail prioritaire. La Grâce Royale pour les affaires liées à la campagne anti-contrebande devrait faciliter le rétablissement de la confiance, après le gentlemen's agreement de l'été 1996.
Contrairement à celle de la Tunisie, entamée il y a déjà deux ans, la mise à niveau marocaine n'a pas vraiment de chiffres-clefs à se mettre sous la dent. Il n'y a pas d'évaluation d'entreprises en danger et d'entreprise qui s'en sortiront: «En réalité, c'est une présentation bureaucratique sans intérêt, car les entreprises se transforment en permanence, une société menacée aujourd'hui réagit et devient performante plus tard, une entreprise gagnante aujourd'hui peut rencontrer des problèmes qui la déclasseront demain». Position de bon sens partagée par les pouvoirs publics et par le secteur privé (mais qui ne fait pas le bonheur des commentateurs). En revanche, dans le domaine institutionnel, l'économie marocaine peut aligner une jolie performance avec ses réformes de textes, à jet continu.
La réforme de l'administration fait partie du consensus public-privé aussi. Elle «doit être réellement au service des usagers et des entreprises, particulièrement», soulignent les pouvoirs publics.

Plutôt qu'un grand chantier, qui suscite approbation orale et résistances passives, l'orientation va sans doute aller à une collection de petites actions, à fortes connotations de formation. Gros efforts de formation aussi en direction du privé, formation initiale mais aussi formation continue (en cours d'emploi), formation d'insertion (diplômés chômeurs) et formation de rattrapage (alphabétisation).
Le «démantèlement tarifaire», c'est à dire la baisse des droits de douane, est remis à l'ordre du jour. «Nous allons passer de 35% à 25% maximum», confie M. Driss Jettou à L'Economiste, sans donner de date mais en indiquant que «ce sera très prochain». Les droits de douanes sont le plus fort incitateur de la mise à niveau. Ils ne suscitent plus les grandes batailles d'intérêt, déguisées en batailles de doctrine, qui ont eu lieu dans les années 80. Il n'empêche qu'il n'y a pas bousculade au portillon pour faire partie des premiers rounds. Le gouvernement promet «des mesures d'accompagnement». Les auditeurs l'écoutent poliment: ce n'est pas la première fois que ce genre de promesses est fait sans qu'il ne soit tenu.


L'argent dans la balance


LES montants à engager avec l'aide européenne sont très petits et répartis sur diverses opérations. Pour leur donner de l'ampleur le gouvernement les a mixés avec d'autres aides, du Budget, des bailleurs de fonds et de l'US AID.
. Le Fonds de garantie: Partagé entre Dar Damane et La Caisse Centrale de Garantie, ce Fonds a 200 millions de DH (Budget plus US AID) et arrivera avec les aides MEDA de l'UE (143 millions de DH) aux environs de 500 millions de DH. Il devra agir en priorité pour les PME-PMI. Les divergences entre les administrations de l'Industrie et des Finances «ont été réglées en faveur de l'Industrie, grâce à ma double casquette», nous indique M. Jettou. Néanmoins, la CCG et Dar Damane fonctionnent déjà et proposent sur le marché des garanties qui peuvent s'appliquer à des investissements de mise à niveau.
. Capital-risque: L'Administration des Finances a renoncé à faire valoir l'obligation de passer par le Trésor, ce qui a débloqué le dossier, car l'Union Européenne ne voulait pas de ce détour. L'idée du revolving a été admise par l'UE, ce qui donnera un système fonctionnant sur le très long terme (30 à 40 ans, peut-être). Deux formes vont exister, la participation, qui fonctionne déjà, en provenance de la BEI et via le système bancaire, et le prêt participatif, qui sera nouveau. L'emprunteur pourra rembourser en fonction de ses résultats. Au total, il y aura 500 millions de DH.

. Lignes de crédit ad hoc: L'accord entre les Finances, l'UE et le GPBM ouvre la voie pour des taux les plus bas: le taux de base bancaire, donc sans bonification. Le montant communautaire alloué est de l'ordre de 24 millions d'Ecus (264 millions de DH). Le financement pourra aller jusqu'à 70% de l'investissement, et à 12 ans avec la possibilité de 3 ans de grâce.
. Projets d'infrastructures et projets Education-Santé: Divers programmes de routes rurales (30 millions d'Ecus, soit 330 millions de DH), d'eau rurale (40 millions d'Ecus, soit 440 millions de DH) et de «développement rural intégré» (28 millions d'Ecus, soit 308 millions de DH) sont sur le métier. Ils ne posent pas de problèmes majeurs, sauf en ce qui concerne l'éducation de base (20 millions d'Ecus, soit 220 millions de DH).

Nadia SALAH

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