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International

Australie: La défense d’un continent
Par le colonel Jean-Louis Dufour

Par L'Economiste | Edition N°:3264 Le 28/04/2010 | Partager

Le gouvernement australien a rendu récemment public son dernier Livre blanc sur la défense. Ce document constitue le cadre et le guide grâce auxquels devront être prévus et planifiés les besoins des armées, les crédits pour les satisfaire, l’échelonnement des dépenses, le tout, bien entendu, en fonction de ce que doit être la stratégie du pays dans un avenir prévisible. Ce plan sera régulièrement mis à jour pour l’adapter aux évolutions de l’environnement et des prévisions à long terme. Comme son prédécesseur, paru il y dix ans, le document se fonde sur les données géographiques et politiques singulières qui caractérisent ce pays. Depuis l’an 2000, la pensée stratégique locale a grandement évolué. Terminée la vieille idée de l’Australie appréhendée comme une forteresse dont il convenait d’abord d’assurer la sécurité en tenant ferme sur ses murailles, autrement dit sur ses côtes. Aujourd’hui, Canberra prône une stratégie nettement plus dynamique, probablement mieux adaptée, qui consiste à engager l’adversaire au plus loin, bien avant qu’il n’ait atteint, d’une manière ou d’une autre, les rivages du pays. Cela n’empêche pas les stratèges australiens de demeurer étroitement contraints par les réalités géographiques et démographiques de la seule «île-continent» de la planète.

Des contraintes géographiques hors du commun
La population australienne se concentre à l’Est, ainsi qu’aux extrémités Sud-Est et Sud-Ouest du continent. Le reste du territoire est fait de terres inhospitalières, à l’habitat très réduit et fort dispersé. Un tel pays offre à ses gouvernants une immense profondeur stratégique que bien d’autres Etats peuvent lui envier. C’est tout de même un vaste territoire à défendre pour ses 21 millions de citoyens qui ont fait de leur pays, à force d’efforts et de ténacité, la quatorzième puissance économique du monde.Le Livre blanc - les Australiens parlent, eux, d’un «papier blanc»- reflète tout à la fois les limites humaines et budgétaires nationales et la volonté du pays d’empêcher une puissance extérieure de l’assaillir en quelque endroit et de quelques manière que ce soit. Il en ressort une ambition, plutôt nouvelle, de pousser les moyens australiens de défense le plus au nord possible du continent, en direction de l’Indonésie et du monde mélanésien. Dans l’esprit des responsables, il s’agit d’interdire à toute puissance supposée hostile l’utilisation de quelques unes des innombrables îles de la région aux fins de bases d’attaque destinées à permettre de frapper un point quelconque du continent.L’activisme,-certains ont même parlé d’agressivité -, manifesté par le gouvernement de Canberra lors des évènements de Timor-Est à la fin du siècle dernier, est emblématique de ce souci (voir encadré). A l’évidence, l’Australie n’a pas les moyens humains et financiers de contrôler efficacement une zone aussi vaste que l’Indonésie, ses approches et ses voisins. L’Indonésie seule représente 17.000 îles, étendues sur une direction Nord-Ouest-Sud-Est de 3.500 km peuplées de 250 millions d’habitants, la quatrième population du monde et même la première si l’on se réfère à la religion musulmane des Indonésiens. Djakarta éprouve très normalement beaucoup de difficultés à gérer, administrer, et surtout contrôler un archipel d’une taille pareille. Pour agir, Canberra compte d’abord sur sa diplomatie et son économie. Les militaires viennent après. A eux la charge de mettre en œuvre des capacités de projection de forces à l’échelle de la région, pour dénier à un Etat supposé hostile la possibilité de frapper le continent via des moyens navals et aériens. L’idéal pour l’état-major australien serait d’être militairement présent au nord de ces îles, de manière à maintenir le plus au large possible des adversaires éventuels. Dans l’esprit de Canberra, ce ne serait pas forcément la Chine ou le Japon, mais aussi n’importe quelle puissance eurasienne ayant des intérêts dans le Pacifique. En montrant son pavillon jusqu’au voisinage de la mer de Chine, Canberra peut espérer surveiller les espaces situés au nord de son étranger plus ou moins proche.Pour ce faire, l’Australie compte d’abord opérer par la voie des airs, à des distances hélas très souvent supérieures aux rayons d’action des avions de combat de ces trois dernières décennies. D’où l’intérêt manifeste de Canberra pour le prochain appareil américain multi-rôles Lightning Joint Strike Fighter F 35, qui devrait remplacer à terme les F 111 Aardvark de la Royal Australian Air Force. Ces chasseurs-bombardiers, conçus pour opérer à de grandes distances de leur base, se font vieux. Les Australiens devront de plus se doter d’avions ravitailleurs en vol Airbus A 330, déjà commandés, afin d’étendre au mieux leurs possibilités d’action. Il reviendra aussi à Canberra d’améliorer sensiblement ses capacités d’acquisition du renseignement, surveillance, reconnaissance, interceptions, écoutes, sans omettre, précise le Livre blanc, les indispensables satellites d’observation militaire de la terre et même les drones, navigant à très haute altitude. En matière d’armements navals, le document invite le gouvernement à doubler le nombre de ses sous-marins, à se doter surtout de submersibles lanceurs de missiles de croisière, conférant à l’Australie des moyens de frappes précises à longue distance et donc une capacité de dissuasion qui lui fait actuellement défaut. Cet effort en faveur de la marine devra s’accompagner de la construction ou de l’achat de plusieurs frégates convenablement armées, de quelques bâtiments amphibies, voir d’un ou deux navires de commandement et de projection d’un type comparable au Mistral français. Ce Livre blanc ne se préoccupe guère de l’armée de terre, sans doute parce que le pays n’envisage pas d’intervenir plus largement dans des opérations onusiennes de maintien de la paix auxquelles l’Australie n’a guère coutume de participer (voir encadré). Sans doute préfère-t-elle jouer le rôle de brillant second, aux côtés des Britanniques, derrière les Etats-Unis, comme ce fut le cas en Afghanistan et surtout en Irak. Même si le Livre blanc émet quelques doutes polis, car sans trop y croire, sur la pérennité de la supériorité stratégique globale des Etats-Unis, l’Australie continuera à demeurer attachée à son puissant allié américain. Aussi bien, Canberra n’entend-il pas disposer seulement de quelques unités interopérables, capables d’être progressivement incluses dans une force aérienne américaine ou dans un groupe de porte-avions de l’US Navy. Dans l’esprit des Australiens, l’essentiel est de se rendre non seulement utile mais indispensable aux Etats-Unis pour, au bout du compte, disposer d’un siège à la table des conversations où seront prises demain les décisions militaires et stratégiques sur des sujets et dans des domaines, y compris d’ordre économique, où les intérêts proprement australiens seraient en jeu.

L’Australie et les interventions extérieures

En 2008, l’Australie comptait 2.000 hommes déployés dans le cadre d’opérations de maintien de la paix, dont seulement 105 sous commandement de l’ONU. L’Australie est au 66e rang dans le monde pour sa participation aux opérations onusiennes. Elle intervient avec 379 policiers et fonctionnaires civils dans Ramsi, une mission d’assistance à l’Etat des îles Salomon, 850 militaires à Timor (opération Astute) et 892 hommes en Afghanistan dans le cadre de la Fias. Ces déploiements illustrent le souci prioritaire de l’Australie, à savoir la sécurité de son étranger proche et le soutien apporté aux Etats-Unis dans leur lutte contre le terrorisme. o RPO, réseau francophone de recherche sur les opérations de maintien de la paix, Université de Montréal.


L’Australie et Timor-Est
L’axe principal de cette politique reste l’alliance avec les Etats-Unis. Mais depuis une vingtaine d’années, les gouvernements successifs ont poursuivi également une politique d’insertion dans la région asiatique. L’invasion de Timor-Oriental par l’Indonésie en 1975 mit dans l’embarras le gouvernement travailliste de l’époque. L’opinion publique australienne était en effet majoritairement hostile à l’Indonésie, en souvenir notamment des nombreux timorais qui payèrent de leur vie leur soutien aux Australiens contre les Japonais pendant la Deuxième guerre mondiale…Mais la dégradation de la situation à Timor après le scrutin du 30 août 1999 a conduit Canberra à revoir sa position jusqu’alors d’opposition à l’envoi d’une force internationale. Sous la pression d’une opinion publique animée par un sentiment d’indignation et de culpabilité devant les souffrances infligées à la résistance timoraise par les autorités indonésiennes, le gouvernement australien a alors décidé d’assumer pleinement sa responsabilité vis-à-vis de Timor, en acceptant le risque qu’une telle attitude pouvait comporter pour ses relations avec l’Indonésie…Et ce fut la création d’une coalition de pays de bonne volonté, largement constituée de troupes australiennes, l’Interfet, chargée de rétablir la sécurité à Timor-Est sous l’égide des Nations unies. Les premiers contingents, commandés par un Australien, arrivèrent à Dili le 20 septembre 1999. Il y eut jusqu’à 5500 soldats australiens déployés à Timor, jusqu’à l’arrivée d’une force de Casques bleus qui prit la succession de l’Interfet, le 28 février 2000.D’après un rapport du Sénat, Paris,2008
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