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International

Afrique: Pas si mal que cela, mais attention au climat
Par Robert Lanquar

Par L'Economiste | Edition N°:3264 Le 28/04/2010 | Partager

La presse internationale a largement salué le pont aérien d’aide d’urgence que le Maroc a établi avec le Niger, menacé avec le Tchad et le nord-est du Mali d’une famine sans précédent, en attendant la récolte qui ne pourra se faire qu’à partir de juillet 2010. Près de 10 millions de personnes sont sous le coup d’une sécheresse que seule la crise climatique peut expliquer(1). L’Afrique va-t-elle si mal alors que les pays fêtent le cinquantenaire de leur indépendance? Le Président Wade l’a fait en grande pompe avec le Monument à la renaissance africaine d’Ouakam, qui n’aurait pas coûté un sou à ses concitoyens, car payé par la vente de terrains à ses constructeurs, les Coréens du nord, permettant par là une belle opération spéculative. Ne nous focalisons sur ses nouvelles spectaculaires, qui ne montrent pas les changements profonds que vit l’Afrique actuellement et la vitalité de sa croissance: développement de la téléphonie mobile – on parle d’un eldorado; arrivée des Chinois, Coréens, Indiens et Brésiliens, mais aussi des Nigérians, Marocains et Sud-Africains sur les marchés des travaux publics, des mines et de l’agriculture industrielle. Le groupe indien de téléphonie Bharti Airtel pense y trouver son futur, même si la concurrence devient de plus en plus féroce. Divers travaux dont certains ont pour source le FMI, montrent l’évolution économique de l’Afrique au cours des dernières décennies: «la prévalence de la pauvreté se serait effondrée depuis le milieu des années 1990 sur le continent». Bien sûr, les risques existent comme la situation sécuritaire de la région sahélo – saharienne avec les menaces du terrorisme souvent lié au crime organisé, celui de la drogue et des migrations illégales. Les représentants de sept pays africains les ont évalués fin mars à Alger et se sont montrés fermes dans leurs décisions de coopérer contre ces menaces.

Le miracle de la croissance africaine
Alwyn Young, pro­fes­seur à la Lon­don School of Eco­no­mics a présenté dans un séminaire à Paris, mi-mars, son «miracle de la croissance africaine» à partir de mesures faites auprès de centaines de milliers de ménages quant à la consommation et l’équipement des foyers des pays de l’Afrique sub-saharienne, comme la pos­ses­sion d’équipements de radio, té­lé­vi­seur, frigo, voiture, téléphone mobile; les condi­tions de lo­ge­ment avec l’élec­tri­ci­té, l’eau potable, et les sa­ni­taires; la nu­tri­tion et la santé des en­fants; enfin l’usage du temps et l’économie du foyer comme la sco­la­ri­sa­tion des en­fants et le tra­vail des femmes. La croissance africaine aurait été de 3 à 4% par an depuis les années 1990, trois fois plus que celles présentées dans des statistiques mal assemblées de documents d’organisations internationales. Comme le souligne le chercheur anglais, presque toutes les variables analysées ont connu une nette amélioration: au total l’Afrique sub-saharienne ferait aussi bien que les pays en développement d’Asie et d’Amérique latine. Ce résultat est remarquable si l’on considère la géopolitique des conflits africains avec leur coût humain et économique. Cela montre qu’il n’y a pas de fatalité en Afrique, et que de l’aide économique à ces pays n’est pas aussi vaine que l’on voudrait le faire croire. En outre, la société civile se renforce, les média parlent de plus en plus sans complaisance et la vie démocratique se consolide avec une rare intensité. En 2009, la croissance économique n’a atteint que 1,5% contre 4,5% en 2008 et 6% les années antérieures et le revenu par tête a baissé. Mais l’Afrique sub-saharienne a fait mieux que de nombreux pays d’autres continents et son produit intérieur brut atteindrait + 4% en cette année 2010. Son tourisme augmenterait plus considérablement que dans d’autres destinations. Selon Max­well Mk­we­za­lam­ba, le Commissaire de l’Union Africaine aux Affaires économiques, la gouvernance s’améliore, même si serait nécessaire une meilleure coordination des politiques fiscales et monétaires. De son coté, Dominique Strauss Khan, Directeur général du FMI, a félicité les pays africains d’avoir pu adopter les politiques fiscales anticycliques en 2009; «c’est un fait nouveau», s’est-il exclamé. L’Afrique a résisté au choc et les dépenses en matière d’éducation, de santé et d’infrastructures ont pu en général être maintenues. Le FMI lui a prêté 5 milliards de dollars, presque cinq fois plus qu’en 2008. La stratégie est donc claire. Il faut diversifier les risques et ouvrir des marchés pour les pays africains eux-mêmes. Pour atteindre des taux de croissance élevés, l’Afrique a besoin de promouvoir les marchés locaux par le biais des investissements publics, des petites et moyennes entreprises et de l’intégration régionale. C’est ce qui se dira au World Economic Forum sur l’Afrique qui attend plus 700 leaders africains et se tiendra à Dar es Salam, en Tanzanie du 5 au 7 mai sous le titre «Repenser la stratégie de croissance de l’Afrique». Trois jours auparavant dans la même capitale se déroulera le Forum des «Young Global Leaders» qui donnera un coup de pouce à une meilleure compréhension de la nouvelle réalité africaine. C’est là que le Maroc, avec son prestige de généreux donateur, peut jouer un rôle certain et voir ses entreprises mieux s’implanter. Même les Nord-américains se rendent compte que l’Afrique se transforme. Selon une note de l’IRIS (France) parue il y a quelques jours sous le titre «Quel sorte de changement pour l’Afrique(2)», la présence de fonctionnaires dans l’administration Obama avec une bonne expertise et un grand intérêt pour les affaires africaines souligne les progrès de sa politique africaine. Déjà au Ghana en juillet 2009, le président Obama déclarait qu’il regardait la bonne gouvernance comme la clef du succès des États africains, ce dont les chefs africains doivent prendre eux-mêmes la responsabilité. En même temps, le président Obama réaffirmait son engagement pour faciliter le développement socio-économique de l’Afrique et a pris différentes mesures pour remplir ses engagements. Reste cependant un certain nombre de nuages qu’il sera difficile de dissiper. Comment accélérer le financement de l’Afrique, alors que l’on critique l’aide publique au développement et que les pays émergents comme la Chine ne sont pas très généreux? Comment l’Afrique pourrait mieux utiliser les financements innovants? La FAO, l’organisation internationale en charge de l’agriculture, vient juste de proposer une forme de crédit bancaire, le warrant, un système de crédit sur inventaire utilisé en Europe il y a plus d’un siècle par les fermiers pauvres. Ce mécanisme permettrait aux petits exploitants africains de doper leurs revenus: plutôt que de vendre leur récolte immédiatement à bas prix, ils peuvent l’utiliser en gage du remboursement d’un prêt bancaire. Ce système vient d’être testé avec succès dans toute l’Afrique de l’ouest. Autre initiative: en septembre 2010, nous organiserons à Cordoue avec le Conseil de la province de Cordoue, dans le cadre de la coopération décentralisée, un séminaire international qui traitera des questions du financement innovant pour l’Afrique du Nord et de l’Ouest. L’autre danger, le plus grave, reste le changement climatique avec ses risques de migrations massives de population et d’évènements extrêmes comme les sécheresses et les inondations, certes parfois localisés, mais très dévastateurs, qui n’ont jamais été aussi préoccupants que ces dernières années avec l’affaiblissement de la mousson en partie du au réchauffement des eaux du golfe de Guinée et à la déforestation des pays côtiers.Dominique Strauss Khan félicitant l’Afrique pour ses progrès, ajoutait: «Le changement climatique va avoir de très lourdes conséquences micro et macroéconomiques. Le FMI ne peut pas dire comment régler ces problèmes, il peut en revanche dire comment il est possible d’y apporter une réponse financière». Peu de pays africains ont des repères en matière de lutte contre les oscillations climatiques extrêmes; peu ont pris des mesures en faveur des énergies renouvelables, de la bonne utilisation de l’eau, de la reforestation. En voulant imiter les pays développés, les constructeurs locaux ont oublié qu’ils avaient des siècles d’expérience en matière d’éco-construction que les investisseurs et promoteurs redécouvrent aujourd’hui. Et s’il est une région du monde où l’écotourisme, le tourisme responsable et solidaire pourraient s’épanouir pour le bien de tous, c’est bien l’Afrique.

L’eau et la sécheresse au Sahel

Les présidents de trois des neuf pays membres du Comité permanent inter-états de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS) se sont réunis fin mars 2010 à N’Djamena dans un contexte de situation alimentaire préoccupante. Créé en 1973, l’objectif du CILSS consiste à mobiliser les populations sahéliennes et la communauté internationale autour de l’aide d’urgence et de la mise en œuvre des programmes dans différents domaines: agriculture pluviale et irriguée, hydraulique, environnement, transport, communication. En 1995, il a recentré ses activités autour de la sécurité alimentaire et de la gestion des ressources naturelles. Il veut depuis 2004 instaurer une coalition mondiale pour «maîtriser l’eau pour faire reculer la faim au Sahel» afin de mobiliser «les compétences (...) et les ressources financières pour faire de la maîtrise de l’eau une priorité stratégique de première importance afin de réduire la vulnérabilité structurelle» dans la région. «C’est la clé du problème sahélien, parce que cette région souffre moins d’un manque de disponibilité absolue de la ressource en eau que de sa mauvaise distribution dans le temps et dans l’espace, et de la grande imprévisibilité dans cette distribution», constatait l’organisation dans un rapport technique en 2006. Parmi ses grands projets, la réalisation d’une grande muraille verte, la réhabilitation du lac Tchad et du fleuve Niger et le développement des bassins de rétention.


Perspectives énergétiques
Le Sommet africain du pétrole et du gaz qui s’est tenu à Paris le 21 avril a montré que le Golfe de Guinée et l’Afrique sahélienne du Niger au Tchad et au Soudan seraient probablement parmi les zones du monde avec les possibilités les plus importantes d’augmentation de production de pétrole et de gaz, ce qui ressort de l’étude Afrique Énergie 2050 réalisée pour la Banque Africaine de Développement (BAD) et l’Agence Française de Développement. Ces perspectives sont excellentes pour le développement africain. Encore faut-il que des stratégies cohérentes se dessinent pour les acteurs africains car l’Afrique de l’Ouest est une zone d’intervention privilégiée pour les compagnies privées «majors» ou «small cap». En outre, il faudra mieux identifier les problématiques liées à une meilleure utilisation des hydrocarbures et renforcer le raffinage africain, durement éprouvé par l’effondrement de ses marges. La Chine devient dans ce cadre, un partenaire incontournable, comme le montre l’ouverture dans les prochains mois de la raffinerie de Zinder au Niger. Là aussi les États-Unis ne veulent pas perdre leur leadership. En 2008, 24% des importations de pétrole aux États-Unis venaient d’Afrique, et en 2007, 19% provenaient de l’Afrique de l’Ouest, surtout du Nigéria, premier producteur africain de pétrole, en proie actuellement à des soubresauts de plus en plus violents. L’administration Obama voudrait plus de transparence et conduire ces pays vers les énergies renouvelables.---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------(1) Début avril, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) a indiqué le besoin de plus de 130 millions de dollars pour apporter une aide alimentaire aux presque 5 millions de Nigériens affecté par la sécheresse, autant seraient concernés dans d’autres pays de l’Afrique sahélienne(2) What Kind of Change for Africa? U.S. Policy in Africa under the Obama AdministrationBy Laura White, Research Assistant, IRIS, Paris, avril 2010
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