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    Economie

    Offshoring: Les opérateurs en ordre de bataille

    Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:4768 Le 09/05/2016 | Partager
    Contrats de performance pour saisir les nouvelles opportunités sur le marché
    Appui financier, primes de croissance, incitations fiscales…

    «Les astres sont alignés pour vous. Il ne faut pas rater cette fenêtre de tir». C’est en ces termes que s’est adressé Moulay Hafid Elalamy, ministre du Commerce et de l’Industrie, aux professionnels de l’offshoring, suite au lancement des écosystèmes du secteur, jeudi dernier à Rabat. Les contrats de performance pour accompagner leur déploiement ont été signés le même jour par Elalamy, Mohamed Boussaid, Abdellatif Zaghnoun, patron de la CDG, Fouad Brini, président du Conseil de surveillance de l’Agence spéciale Tanger Med, Saloua Karkri Belkziz, présidente de la Fédération des technologies de l’information et Youssef Chraïbi, président de l’Association marocaine de la relation client. Une série de mesures de soutien sont prévues. Mais, «nous avons besoin d’opérateurs aguerris et combatifs pour assurer une mise en œuvre agile et coordonnée de ces écosystèmes», a noté le ministre de l’Industrie. En véritable connaisseur du secteur, dans la mesure où il a été l’un des premiers à se lancer dans ce créneau vers la fin des années 90, Elalamy a mis en garde les professionnels contre «les risques d’embourgeoisement». Pour lui, «la période du gain facile est révolue. Aujourd’hui, la concurrence est de plus en plus forte. Mais les opérateurs marocains ont l’avantage de l’expertise développée depuis des années». Le ministre a rappelé qu’il avait demandé à l’Etat des mesures incitatives depuis plusieurs années, notamment une agence d’accompagnement et une diminution des coûts des lignes spécialisées. «Si nous avions pu nous mettre en ordre de bataille depuis 1999, nous aurions pu arriver aujourd’hui à plus de 100.000 emplois», a expliqué le ministre. Néanmoins, «même avec toutes les difficultés, le secteur a pu créer 63.000 postes», a-t-il ajouté. Actuellement, les filières de l’offshoring représentent «autant de revenus que l’aéronautique, autant d’emplois que l’automobile», selon Youssef Chraibi, également patron de Outsourcia. Au moment où un nouveau projet de loi en France fait couler beaucoup d’encre, qui fait planer des menaces sur les performances des centres d’appel installés au Maroc, Elalamy s’est montré plutôt rassurant. Pour lui, «les opérateurs internationaux veulent améliorer leurs plans d’exploitation. D’où l’importance des partenariats avec les professionnels marocains». Il a rappelé la polémique précédente en France sur le dossier des délocalisations. «Après cette crise, les choses ont beaucoup changé. Par exemple, le président de Safran a expliqué comment il est arrivé à créer de nouveaux emplois en France, grâce à la délocalisation des activités au Maroc, qui avait permis d’améliorer sa compétitivité», a fait savoir le ministre.
    Aujourd’hui, l’Etat se mobilise pour améliorer la compétitivité des opérateurs locaux, afin de profiter des opportunités qui se présentent. Auparavant, professionnels et pouvoirs publics ne parlaient pas le même langage. Au moment où les premiers raisonnaient en termes de croissance et de gains, les seconds se focalisaient plutôt sur le nombre de création d’emploi. C’est la même logique qui cimente le nouveau partenariat, mais avec une meilleure compréhension entre les deux parties. En effet, les contrats de performance signés jeudi dernier tablent sur la création de 60.000 emplois supplémentaires à l’horizon 2020. Les opérateurs sont aussi dans la même optique. «Nous voulons passer de 5.000 à 10.000 emplois par an», a noté pour sa part Youssef Chraïbi. En termes de chiffre d’affaires, ces contrats de performance prévoient 18 milliards de DH supplémentaires. Actuellement, il est de 7,6 milliards de DH. Idem pour la valeur ajoutée additionnelle qui devra se situer autour de 13,6 milliards de DH. La mise en marche de ces écosystèmes devra aussi drainer des investissements de plus de 1,5 milliard de DH. Concrètement, les mesures prévues pour la mise en place de ces écosystèmes portent d’abord sur un soutien financier. Il s’agit notamment d’une prime à l’investissement, une autre de croissance, en plus d’une contribution à l’IR et un appui à la formation. Les opérateurs volontaristes, qui réalisent des performances dépassant celles prévues initialement, auront droit à un appui supplémentaire. Ils devront bénéficier d’une contribution bonifiée à l’IR. Celle-ci pourra être aussi étendue à l’IS, en plus d’un accompagnement administratif. Pour Chraïbi, «il est important d’accompagner les plus performants et d’éviter de maintenir sous perfusion ceux dont nous ne pourrons pas empêcher la disparition». Sauf que pour Elalamy, «cette prime de croissance n’est pas destinée uniquement aux grandes entreprises, mais surtout aux petites qui veulent se développer davantage». Les opérateurs auront également des facilités en termes d’accès au foncier, notamment via un gel des loyers jusqu’en 2020.

    Développer l’offre régionale

    Les mesures d’accompagnement portent aussi sur un soutien à l’investissement différencié pour un développement régional équilibré. Il s’agit d’une demande des professionnels, qui a été retenue dans les contrats de performance, comme l’a indiqué Saloua Karkri Belkziz. Surtout avec «la saturation de Casablanca et l’émergence d’une nouvelle demande dans des villes comme Fès, Tanger, Tétouan…», a-t-elle souligné. Concrètement, ce soutien à l’investissement sera de 20% pour les entreprises installées dans des régions dotées de P2i et de 30% pour celles opérant dans les parcs prioritaires et les régions ne disposant pas de plateformes dédiées.

    5 filières concernées  par ces écosystèmes

    CRM: gestion de la relation clients (Centres d’appel)
    BPO: externalisation des processus d’une entreprise
    ITO: externalisation des métiers liés aux technologies de l’information, comme le développement des applications
    ESO: externalisation des activités d’ingénierie et de R&D
    KPO: externalisation portant sur des activités stratégiques comme l’analyse des données sectorielles.

    A l’horizon 2020

    60.000 emplois supplémentaires
    18 milliards de DH de chiffre
    d’affaires additionnel
    13,6 milliards de DH de valeur ajoutée
    1,5 milliard de DH d’investissements prévus

     

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