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Economie

Année blanche pour le tabac brun

Par L'Economiste | Edition N°:4678 Le 31/12/2015 | Partager
Le gouvernement a rejeté toutes les demandes d’homologation
A l’origine, le précédent créé par les controversées Next
Des analyses sont réclamées aux distributeurs

 

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Les distributeurs de tabac ont reçu une douche froide à la veille de la publication de la nouvelle liste de cigarettes attendue vendredi 1er janvier. Toutes les demandes relatives à l’introduction de cigarettes à base de tabac brun ont été rejetées par la Commission d’homologation. Selon un opérateur, «il s’agit d’un refus d’ordre technique». Le ministère des Affaires générales et de la Gouvernance a exigé, via un courrier daté du 8 décembre, la présentation d’un échantillon pour chaque nouvelle marque de cigarettes assorti d’analyses de laboratoire sur la composition réelle des nouvelles cigarettes de tabac noir. A charge pour le ministère d’effectuer ses propres analyses. «Les distributeurs ont été pris de court et n’ont pas eu le temps de concevoir le design et l’emballage des nouveaux produits. De plus, cela nécessite un investissement sans être sûr que le produit sera finalement homologué», confie un opérateur.
C’est la première fois que le gouvernement réclame une information complète sur les marques proposées à l’homologation. Entre la date de l’envoi du courrier et l’échéance réglementaire de la publication de l’arrêté sur les nouvelles marques, le délai est trop court pour effectuer les analyses réclamées. D’autant plus qu’elles ne peuvent être réalisées que dans des laboratoires européens. L’opération demande plusieurs semaines, voire des mois.
Faute d’un système «d’étalonnage», les distributeurs ont été invités à présenter des produits ayant la même composition que les Olympic Blue et Casa Sport, composées à 100% de tabac brun.
Le gouvernement a donc décidé de reporter l’examen des demandes relatives au tabac brun à la prochaine «session» fixée par la loi à juillet prochain. Les principaux opérateurs avaient misé sur les cigarettes fabriquées avec du tabac brun car le potentiel est alléchant. Mais le succès remporté par la marque controversée Next, lancée en mai dernier par Philip Morris et distribuée par Emid au prix de 15 DH, a échaudé les pouvoirs publics. Homologuée en tant que tabac brun, il s’est avéré qu’elle présente une forte teneur en tabac blond qui est surtaxée. Le différentiel de taxation est de 3,30 DH sur un prix de vente de 15 DH. En un semestre, la marque a réussi à se frayer une part de marché croissante et pourrait rapidement atteindre 5 à 6%. Les opérateurs n’ont pas raté l’occasion de saisir le ministère des Affaires générales au sujet de la marque de cigarettes controversée, avec une estimation des pertes en recettes fiscales. L’affaire a également été portée devant le conseil de la concurrence.
Le gouvernement a été réceptif aux doléances des opérateurs qui crient à la concurrence déloyale. Mais le challenge sera maintenant de trouver un sauf-conduit pour Next. Deux options sont sur la table. Philip Morris pourrait être amené à relister la marque dans une nouvelle nomenclature à défaut de quoi elle serait interdite.
La deuxième option serait de revoir la composition conformément aux instructions ministérielles. Ce qui reviendrait ipso facto à reconnaître qu’il y avait tromperie sur la marchandise.
Cette affaire révèle en fait l’existence d’un vide juridique. Le Maroc ne dispose d’aucune norme définissant la composition des cigarettes par type de tabac. Pourtant, sur le plan fiscal, le législateur fait le distinguo. Le tabac brun bénéficie d’une taxation réduite dans l’objectif de protéger les tabaculteurs nationaux. Mais dans d’autres pays, c’est la même fiscalité qui s’applique aux deux catégories. Par conséquent, le problème du taux de fiscalisation ne se pose pas.  Les distributeurs de tabac comptent se mobiliser car la décision du gouvernement est perçue comme discriminatoire alors que l’arrêté ne sera publié que le 1er janvier. En somme, «pourquoi accorde-t-on à un opérateur ce qu’on refuse aux autres?». En attendant, Mohamed Louafa, ministre des Affaires générales et de la Gouvernance, se refuse de tout commentaire «pour éviter la spéculation».
L’une des principales nouveautés de la liste réside dans l’application du nouveau barème de la taxe intérieure à la consommation conformément à la loi de Finances 2016. Le tabac à rouler sera surtaxé. Par conséquent, les distributeurs seront obligés de répercuter la hausse sur les clients. Les prix ne seront donc pas loin de ceux du tabac fini. Ce qui contribuera à tuer ce segment qui peinait déjà à se frayer une place dans les étals des buralistes.

 

Une controverse qui tombe mal

 

 

La polémique autour de Next intervient à un moment où Philip Morris est tout au moins soupçonné de rester passif devant l’inondation du marché marocain de l’excédent de production de son usine algérienne en Marlboro via la contrebande. Au niveau national, la marque américaine de cigarettes représente 62% du marché de la contrebande. Dans certaines régions, elle pèse 92%. Les Marlboro sont vendues entre 15 et 18 DH selon les régions. Certains buralistes les réemballent dans le paquet légal. Pour le Trésor, le manque à gagner se chiffre en milliards de dirhams. Pour Philip Morris, les ventes en contrebande sont intégrées dans le chiffre d’affaires consolidé au niveau régional.
Le géant américain du tabac a organisé récemment une sortie médiatique sur l’utilisation d’un nouveau filtre distinctif pour les Marlboro vendues au Maroc. Pourtant, cette marque n’est pas victime de contrefaçon. Ce qui ne doit pas être confondu avec le phénomène de la contrebande provenant à 90% de l’usine algérienne.

 

Un maigre cru en 2016

Les distributeurs de tabac devront cette année se contenter de la portion congrue. Selon les premières indiscrétions, peu de marques ont été homologuées par la commission interministérielle. C’est le nouvel opérateur Habanos et Philip Morris qui auront décroché le gros lot. Le premier, qui affirme fabriquer des marques marocaines, a obtenu l’homologation de quatre produits à base de tabac blond: Rif, César, Bently et Majestic. Les prix varient entre 20 et 33 DH. Le géant américain pourra commercialiser Chesterfield à 20 DH et de nouvelles variantes de Basic (24 à 100 cigarettes) à des prix oscillant entre 15 et 60 DH. British Tobacco et Japan Tobacco se sont vu refuser les visas pour leurs produits à tabac brun. La Société marocaine des tabacs ne pourra pas non plus vendre ses Marquise en tabac noir à 15 DH.

Hassan EL ARIF

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