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Analyse

«Nous n’avons pas de statistiques crédibles»

Par L'Economiste | Edition N°:4586 Le 11/08/2015 | Partager

«La rétention de l’information par les pouvoirs publics nuit au traitement scientifique de la criminalité», selon le Pr Abderrahman Bouhmidi

Avocat et professeur universitaire, Abderrahman Bouhmidi dirige le laboratoire de criminologie et de politique criminelle basé à la faculté de Settat. Il met en doute la fiabilité des statistiques sur la criminalité, relativise le sentiment d’insécurité, critique l’approche du ministère de la Justice et l’inexistence d’un traitement scientifique des données officielles. Me Bouhmidi appelle à nouer des partenariats de recherche pour mieux appréhender la criminalité.
- L’Economiste: L’opinion publique a un sentiment d’insécurité. Est-ce que c’est justifié?
- Me Abderrahman Bouhmidi:
Nous ne disposons pas de statistiques crédibles sur la criminalité. Les chiffres communiqués plus ou moins régulièrement par la DGSN sont loin d’être précis d’un point de vue statistique. Ces données sont ensuite livrées en vrac et médiatisées à outrance de telle manière que l’opinion publique a une perception qui nourrit son sentiment d’insécurité. Pourquoi? Parce qu’on généralise un cas. En réalité, la criminalité change de forme. Il n’y a pas lieu de s’alarmer. Mais il est nécessaire de rester vigilant. Toutefois, des statistiques fondées sur des critères scientifiques n’existent pas encore. D’où l’enjeu de distinguer entre l’insécurité et le sentiment de sécurité.
- Nous assistons à une communication parcellaire et sporadique des données sur la criminalité. Confirmez-vous ce constat?
- Il n’y a pas de travail scientifique de fond. Au sein de notre laboratoire de criminologie et de politique criminelle, nous avons à maintes reprises sollicité les pouvoirs publics. Ces derniers ne réagissent pas, et je ne comprends pas d’ailleurs pourquoi. Or, il y a intérêt à utiliser des instruments scientifiques pour mieux cerner le phénomène. L’observatoire qui est une coquille vide relève du ministère de la Justice et des Libertés. Il fait plutôt de l’administration qu’autre chose. Il ne résout rien. Il faut lancer des partenariats avec les universités et la société civile pour exploiter en profondeur ces données. Le but étant de décortiquer la politique pénale, l’efficacité de ses lois et des mesures prises pour endiguer la criminalité.
- Arme à feu, blanchiment d’argent, traite humaine, trafic transfrontalier de drogue dure… S’agit-il d’indices qui brossent le portrait d’une nouvelle forme de criminalité?
- La criminalité suit l’air du temps. La cybercriminalité en est le parfait exemple. L’émergence de nouveaux réseaux criminels tels que la mafia chinoise ne me pousse pas pour autant à croire qu’il y a une criminalité organisée au Maroc. Il faut reconnaître tout de même que les services de sécurité sont très vigilants à ce niveau.
 Cependant, l’image globale perçue par le citoyen est tronquée par les statistiques des infractions routières, ou celles des délits dits «ordinaires» (vols, agressions, atteinte à la moralité…).

Propos recueillis par
Ayoub IBNOULFASSIH
 

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