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Société

Violence contre les femmes: Regain de tension depuis Daech

Par L'Economiste | Edition N°:4539 Le 03/06/2015 | Partager
Le phénomène s’amplifie avec ce mouvement haineux envers les femmes
Pays musulmans et non musulmans, tous concernés

Pour Fatima Houda Pepin, politologue, il n’y a aucune société qui peut avancer en soumettant les femmes à un système des valeurs du moyen âge, aujourd’hui. C’est terminé

- L’Economiste: La violence n’est pas le lot des seules femmes musulmanes...
- Fatima Houda Pepin :
Tout à fait. Toutes les sociétés qu’elles soient démocratiques ou non sont affectées par ce fléau. Il en est de même pour les pays occidentaux qui ont 4 siècles de démocratie et qui ont été à l’origine de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. Ils continuent d’avoir ce problème, malgré les politiques et les législations. On peut endiguer ce phénomène grâce à l’éducation, la sensibilisation, la législation et les interventions.
Pour y arriver, il faut équiper les intervenants, la police, les services sociaux, etc., pour pouvoir contrôler cette violence. Ce qui est spécifique aux femmes musulmanes, c’est que la violence est montée d’un cran terrible depuis l’émergence de «Daech» et des groupes islamistes radicaux, armés, à travers le monde. Cette mouvance islamiste est portée par un discours salafiste, obscurantiste, radical, anti-femme, qui propage la haine à l’égard des femmes et à l’égard des mécréants. Elle est en marche depuis des décennies et a été banalisée dans les sociétés musulmanes. On a quelque peu dit que ce sont des cheikhs qui racontent des sornettes, ou des prédicateurs que personne n’écoute, mais finalement on a tellement banalisé le phénomène qu’aujourd’hui, on est dépassé par les événements.
- Le danger est imminent pourtant banalisé…
- Oui. Au moment où l’on se parle, il n’y a pas un pays musulman ou non musulman dans le monde qui ne soit pas menacé potentiellement par ces phénomènes qui ont surgi et qui ont apporté une dimension nouvelle, qui est celle de l’utilisation des TIC et des réseaux sociaux pour recruter les jeunes et les amener à s’impliquer au point de tuer et de se faire tuer.
Cette émergence de Daech a poussé à un degré plus extrême la violence faite aux femmes. On le voit. Le sort qui leur est réservé au Moyen-Orient: la décapitation, la lapidation, la torture, le viol à répétition, le marchandage, l’esclavage sexuel, ... C’est insupportable comme traitement humain. On ne peut pas fermer les yeux sur cette réalité en disant que ça se passe ailleurs. Parce qu’ailleurs, potentiellement est ici. Ceci est valable pour toutes les sociétés puisque ce phénomène traverse toutes les frontières.
- Comment y remédier?
- Le meilleur antidote pour le Jihad, c’est la démocratie. Je ne crois pas à la théorie des chocs de civilisations, parce que l’Islam a apporté beaucoup à la civilisation humaine, contribuant au développement des sciences, savoirs et savoir-vivre, l’art et la culture. Tout ce patrimoine et cette contribution sont ignorés aujourd’hui parce qu’on regarde l’islam à travers la lunette du fanatisme et de l’intégrisme, du jihadisme et du radicalisme et tous les «ismes» qu’on peut y ajouter. Deuxièmement, il faut mettre en place des institutions démocratiques pérennes, qui ne soient pas soumises à la tyrannie de la «partisanerie», et qui soient dirigées par des personnes qui ont le charisme, l’autorité et qui sont capables de transcender les lignes partisanes. C’est en renforçant les systèmes de justice, les systèmes électoraux, la participation citoyenne, que l’on va poser les vrais jalons pour bâtir une véritable démocratie.
 - Et pour ce qui est de la lutte contre la violence faite aux femmes?
- Cela fait partie de la donne de la démocratie. La lutte des femmes pour l’égalité doit être inscrite dans le cadre plus général de la lutte pour la démocratie. Quand on travaille pour l’avancement pour les droits des femmes, on travaille pour l’avancement de toute la société. D’abord, parce que les femmes représentent 50% de la société. Elles éduquent les enfants et donc elles ont un rôle important à jouer au niveau de la transmission des valeurs et du reste. Il n’y a aucune société qui peut avancer en soumettant les femmes à un système des valeurs du moyen âge, aujourd’hui. C’est terminé. Les femmes doivent avancer en même temps que les hommes en complémentarité avec eux pour bâtir des sociétés fortes.
 - Comment contrecarrer l’idéologie islamiste?
- Il faut se mobiliser pour l’éducation et les cursus scolaires et y intégrer la citoyenneté, et la démocratie, notamment les valeurs de l’égalité entre les hommes et les femmes. Lorsque les enfants comprendront qu’il n’y a pas une éducation spéciale pour les garçons et une autre pour les filles, mais que les deux doivent être éduqués de façon complémentaire, nous aurons réussi notre mission de l’enseignement de la démocratie. D’autres mesures préventives et réactives restent de mise, soit au niveau familial ou au niveau social ou du marché du travail…

Carte de visite

Politologue, consultante internationale et conférencière, Fatima Houda Pepin a décroché son doctorat en politique internationale à l’Université de Montréal et détient une Maîtrise en Relations internationales de l’Université d’Ottawa et une Maîtrise en science de l’information de l’Université Mc Gill. De 1980 à 1994, elle a enseigné à l’Université de Montréal et à l’Université du Québec à Montréal en science politique parallèlement à son travail de Consultante en matière d’immigration, d’intégration et de gestion de la diversité auprès du gouvernement fédéral, du gouvernement du Québec et de la Ville de Montréal ainsi qu’auprès des ordres professionnels et de l’entreprise privée. Fatima Houda Pepin a cumulé une vingtaine d’années d’expertise parlementaire à titre de députée à l’Assemblée nationale du Québec (1994-2014) dont elle a assumé la fonction de première vice-présidente de 2007 à 2012. Elle est la première femme musulmane à avoir été élue dans un parlement canadien.

Propos recueillis par
Youness SAAD ALAMI
 

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